‹ Lombricose à forme typhöideChapitre 6 sur 16 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Peu de chapitres de médecine ont donné naissance à des théories si nombreuses et si contradictoires que celui du parasitisme. On a d’abord cherché à expliquer la présence des vers dans le corps humain. Hippocrate les fit naître de l’altération des humeurs, et jusqu’en plein dix-septième siècle c’est cette doctrine qui prévalut. En 1650, Ridi essaya de démontrer que « la génération de ces animaux S'opère suivant les lois ordinaires » : mais après lui encore, et jusqu'en 1850, la théorie de la génération spontanée s’empara de la question et lui fit faire un grand pas en arrière. Il faut arriver à Pasteur pour voir la question définitivement résolue. « La génération des infiniments petits n'est pas régie par des lois spéciales ».

Et pour le mode d’action des parasites sur l’économie que de théories originales ! Au dix-septième siècle, on leur attribua la plupart des maladies graves ; il suffit de se rappeler les noms de fièvre vermineuse, de maladie putride vermineuse pour voir

comme les auteurs anciens ont exagéré la fréquence des vers et leur importance, voyant des preuves de leur existence dans presque toutes les variétés de troubles intestinaux, attribuant à leur présence un grand nombre de troubles sérieux du système nerveux.

Puis, comme il arrive souvent, une théorie nouvelle et absolument opposée naquit de cet abus ét on considéra les parasites comme inoffensifs, sinon comme utiles et nécessaires au bon fonctionnement de nos organes |!

Pour Abilgaard et Gœæze, les poux ne devinrentils pas de précieux «émonctoires naturels» destinés à éliminer les secreta viciés de la peau?

Bracy Clark admit que les Oestres, si fréquents dans l'estomac du cheval, favorisaient la digestion. Aujourd’hui encore les Abyssins ne croient jouir d’une bonne santé que lorsqu'ils hébergent un, deux ou trois tænias. Quel est le médecin enfin, qui de nos jours même, n’a pas été frappé de la quantité de parasites trouvés sur le cuir chevelu ou sur la peau de quelques malades et n’a pas eu à lutter contre les théories exposées par certains d'entre eux qui considèrent cette vermine comme un signe précieux et enviable de bonne santé? Ces théories sont bien connues de tous ceux qui exercent à la campagne.

Les théories médicales nouvelles considèrent, à juste titre, les parasites comme nuisibles à l’organisme. Les uns, comme l'ankylostome duodénal,

comme la trichine compromettent l'existence. Mais

le tœnia, bien que parfois inoftensif, peut devenir l'agent de désordres graves. L’ascaride, pourtant si souvent ignoré, peut devenir la cause de symptômes graves : la maladie que nous décrivons en fait foi.

Elle n’est pas neuve d'hier la Zombricose à forme typhoïde. Si nous regardons en arrière, nous voyons que longtemps avaat nous les auteurs avaient observé des formes graves de lombricose. Hæœn, Murgraeve, Butter, Davainne regardaient alors le lombric, seulement comme une complication de ce qu'ils appelaient fièvre putride. Mais, si dans cer-

tains cas ces auteurs avaient raison, il en est d’au-

tres où nous n’hésiterions plus à regarder l’ascaride comme la cause de tout le mal.

C’est ainsi que la description d’une épidémie de fièvre putride vermineuse qui a régné à Seclin en 1756 (Nord) nous fait penser à une épidémie réelle de typho-lombricose. Ecoutons J. Franck : « La face est blème, les yeux sont entourés d’un cercle livide, les joues sont alternativement rouges et pâles. Il se fait des hémorrhagies par le nez. Souvent les vers sortent par la bouche et par les narines. Le ventre est tendu et douloureux totalement. IL y a tantôt de la constipation, tantôt du relâchement, maïs le plus souvent, il y a une diarrhée muqueuse mêlée de sang avec des lombrics vivants ou morts » (Journal de médecine, 1756).

Ii en est de même d’une autre épidémie de la même maladie, rapportée par Lepecq de la Clôture,

RENE MRNL où sur 47 observations les accidents disparurent grâce au traitement anthelmintique qui 39 fois amena l'expulsion des lombrics. 1

Et sans remonter si loin, considérant le mode de développement de l’ascaride, sa propagation par l'eau, et le faible développement des précautions hygiéniques dans certaines localités, il ne serait peut-être pas téméraire de penser qu'il puisse se produire, chez un ensemble d'individus groupés, une série de symptômes faisant croire à une épidémie de fièvre typhoïde. Dans quelques cas où l’on n’a pas pu trouver dans l’eau le bacille d’'Eberth, et où l'étiologie de l'affection n’a pas été trouvée, peut-être s’agissait-il de lombricose à forme typhoïde.

Une eau souillée, mal captée, remplie d’impuretés venues des campagnes où les ascarides sontfréquents, peut nous donner le pourquoi de la recrudescence des épidémies de fièvre typhoïde à Vienne et à Berlin, par exemple, alors qu’on ne trouve pas de bacille dans l’eau du Danube ou de la Sprée incriminée. (Grancher : Rapport au comité consultatif d'hygiène, 1884).

Enfin, au moment de mettre sous presse, nous trouvons dans le Journal des connaissances médicales un cas d’helminthiase à forme dysentérique intéressant. [1 est rapporté par Sabrazès et Cabannes de Bordeaux. Il s'agit d’un enfant de 6 ans qui pendant plusieurs années présenta des troubles intestinaux graves avec coliques violentes, épreintes, diar-

int esti-

urent après l'administration M. sar

ss amena Vexpulsion de lombrics

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