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CHAPITRE V

MUSÉES ET COLLECTIONS : LE MUSEE DE SOUTH KEXSIXGTON. LA COLLECTION WALLACE

Pour apprécier équitablement le musée Victoria et Albert, plus connu sous le nom de musée de South Kensington, il faut se rappeler que dans l'intention des fondateurs, c'était avant tout un musée technique destiné à fournir des modèles dans tous les genres d'art appliqué ou décoratif. L'origine en remonte à la grande exposition de 1851 et au vote par le Parlement d'une somme de 125.000 francs pour l'achat d'objets à cette exposition, « pour l'excellence de leur travail artistique ». Ce qui l'a transformé en un vaste musée d'art décoratif de tous les temps et de tous les pays, c'est la volonté de réunir dans tous les départements de l'industrie humaine les spécimens les plus caractéristiques, en mettant au besoin la reproduction à la place de l'original quand on ne pouvait se le procurer. Des acquisitions constantes et des legs importants ont fait du musée ce qu'il est aujourd'hui, le plus vaste

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musée des arts industriels qui existe, et de plus uue très intéressante collection de peinture et sculpture.

Un des points les plus importants dans un musée de cette espèce est la classification. Au musée d'art industriel de Berlin, au musée de Munich et dans notre musée des Arts décoratifs de Paris on a préféré créer des collections de stA'le. réunissant tous les objets d'une même époque. Le musée de South Kensington s'est proposé de classer les objets d'art en départements suivant la matière et l'utilisation, de manière à constituer l'histoire artistique des industries et à s'adresser aux techniciens plutôt qu'aux artistes. Chaque système a ses avantages. Celui du South Kensington, dans les anciens bâtiments, avait l'inconvénient d'être inextricable, et de donner lieu aux transitions, aux passages les plus inattendus d'un ordre d'objets à l'autre. Les anciens halls de fer et de verre renfermaient un chaos d'objets de toute provenance, entassés de telle manière qu'il était presque impossible de visiter avec fruit le musée.

Les nouveaux bâtiments qui ont englobé toutes les constructions anciennes dans un ensemble immense, sont dus à Sir Austin Webb. La grande façade sur Cromwell Road est discutable, l'arrangement intérieur, par réaction sans doute contre l'obscurité et l'entassement de l'ancien musée, a été conçu sur des proportions telles que les œuvres d'art les plus importantes y sont un peu perdues dans des salles gigantesques. Le marbre blanc, les peintures blanches ont été prodiguées et maintenant le musée est presque trop crûment éclairé. Ces critiques n'enlèvent rien au mérite d'une œuvre qui représente de la part de la nation anglaise un sacrifice immense au développement de l'art décoratif. Le musée comprend aussi une riche bibliothèque et une école d'art bien connue en Angleterre, avec les maîtres les plus réputés.

Les objets d'art exposés sont classés en huit départements :

Architecture et sculpture ;

Céramique, verrerie et émaux :

Gravure, illustration et dessins ;

Imprimerie et librairie ;

Travail du métal :

Peinture ;

Arts du tissu :

Travail du bois, mobilier et travail du cuir.

Les legs successifs acceptés par la direction du musée sont venus naturellement apporter un certain désordre dans ces classifications, car certains donateurs ont légitimement désiré ne pas voir disperser leurs collections. Citons parmi ces legs :

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