‹ Londres, Hampton Court et WindsorChapitre 32 sur 44 · LKCOLI-: ANGLAISE DE PEINTURE DANS LES MUSÉES · texte numérisé non relu

LKCOLI-: ANGLAISE DE PEINTURE DANS LES MUSÉES

même galerie, a cette sentimentalité un peu factice qui plaît tant au public anglais.

A partir de 1870, Millais peignit des portraits dont plusieurs admirables Gladstone (trois portraits, dont un à la National Galler\') John Bright, Nevvman, Tennyson. Ces portraits sont plus parfaits comme peinture, peut-être moins pénétrants que ceux de Watts. Dans les portraits de femmes il semble aussi y avoir des réminiscences des maîtres de l'école anglaise, au moins dans la composition.

Il était très éclectique dans ses admirations et cela nuit un peu à sa personnalité artistique.

On trouvera enfin à la Tate Galler}' des spécimens de la peinture de presque tous les artistes anglais qui ont marqué à la fin du xix*? siècle.

On doit y compter deux étrangers, Hubert Herkomer, Allemand, et Sir Lawrence Aima Tadema, Hollandais ; Whistler, Américain francisé, ne saurait être considéré comme peintre anglais, quoiqu'il ait beaucoup vécu à Londres, peint et gravé des pa3-sages de Londres. Sa pratique comme ses théories (si l'on peut dire qu'il avait des théories) étaient tout à l'opposé de l'école anglaise de son temps. Ses singularités mêmes étaient peut-être calculées pour faire opposition à la tendance trop marquée de l'art anglais vers l'intellectuahsme. Intituler

un portrait Symphonie en blanc, un paysage Xoctiirne en bleu et argent c'était indiquer à sa manière que l'art n'a rien à dire que par les formes et les couleurs, vérités trop souvent oubliées. On vit bien l'opposition entre Whistler qui représentait les idées continentales et surtout françaises, et Ruskin. dans le fameux procès, si amusant, mais où la question eîi débat n'était rien moins

Photo Mansell.

Burne Jones. Le roi Cophetua et la mendiante Tate Gallerv' .

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au fond que celle de la liberté de l'artiste. Ruskin, qui l'accordait à Turner, la refusait à Whistler, sans voir la parenté des deux peintures, ou du moins qu'elles ont en commun l'impressionnisme, ou si l'on aime mieux, l'expression d'un tempérament visuel.

Quand l'influence de Ruskin eut cessé de s'exercer, on peut dire qu'aucune direction ne s'indiqua plus dans la peinture anglaise. Il y a actuellement, en Angleterre comme en France, des peintres de talent, on ne peut pas dire qu'il y ait une école de peinture. Les Salons annuels de la Royal Academ}^ présentent la même anarchie que les nôtres, tout au plus peut-on dire qu'il y règne une certaine atmosphère de correction et de sérieux qui exclut certaines tentatives extravagantes, mais laisse voir aussi, même chez les meilleurs peintres, moins d'originalité que chez nous.

Si l'on visite la Ro3"al Academ^^ on est assuré d'3' voir trois chefs-d'œuvre, non pas au Salon, mais dans une petite galerie qui fait partie du même édifice et qui appartient à l'Académie, connue sous le nom de Diploma GallerA'. Elle renferme un admirable carton de Léonard de Vinci pour la Vierge, sainte Anne et l'Enfant Jésus du Louvre, un bas- relief de Michel-Ange et un chefd'œuvre de Constable, Dedham Look. Il y a aussi un beau tableau de l'école vénitienne, la Tempérance, attribuée à Giorgione, et d'admirables esquisses de Constable sont placées dans l'escalier. Qu'on nous excuse de revenir ainsi sur nos pas pour signaler quelques chefs-d'œuvre d'art ancien dans le temple de la peinture moderne.

l'Ih.lo M^ins.-ll.

Watteau. La Leçon de musique (Collection Wallace).

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