‹ Londres, Hampton Court et WindsorChapitre 36 sur 44 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

La Tamise a fait Londres et c'est encore sur les bords de la Tamise que nous rencontrons les palais royaux de Hampton Court et de Windsor, dont la visite est le complément indispensable d'un vo^'age artistique à Londres.

Une excursion à Richmond, Kew et Hampton Court, qui peut se faire en une après-midi, nous montrera ce qu'il y a de plus charmant comme nature aux environs de Londres, et une résidence royale très intéressante par ses souvenirs historiques et ses collections. Nous avons déjà parlé du magnifique jardin botanique de Kew, mais Richmond mérite aussi une visite, quand ce ne serait que pour la vue qu'on a du haut de sa terrasse, vue célèbre qui est connue comme une des plus caractéristiques du pays anglais qu'on puisse citer. Richmond était, sous le nom de Sheen, une résidence royale dès le temps de Chaucer, et les maisons de l'aristocratie abondent des deux côtés de la Tamise. Syon House, dans un grand parc, est au ducde Northumberland, et le palais de Chiswick, bâti par Palladio, est au duc de Devonshire. A Strawberry Hill

était la résidence gothique qu'Horace Walpole se fit bâtir au xviii^ siècle, Twickenham fut la demeure de Pope, et Louis-Philippe habita longtemps Orléans House. dans la même paroisse.

Kingston fut le lieu de couronnement des anciens rois saxons de 902 à 971 et l'on V montre encore la Pierre du sacre, sur la place du Marché. De là nous arrivons à Hampton Court.

Hampton Court fut construit par le cardinal W'olsey, le grand ministre de Henr\- VIII, comme Whitehall à Londres, et comme son palais de Londres, ce palais de Hampton Court passa entre les mains du roi à la chute de son mi-

Le palais de Hampton Court, vu des jardins.

nistre. On connaît la magnificence du cardinal, égale à celle d'un Richelieu ou d'un Mazarin. On dit qu'il y avait à Hampton Court 280 lits garnis de soie pour les hôtes, ce qui paraît avoir frappé l'imagination des contemporains autant que la vaisselle d'or et d'argent, les tapisseries et les œuvres d'art amassées par le prélat au temps de sa faveur.

Aujourd'hui il ne reste plus que des épaves de cette grandeur, mais le palais, considérablement augmenté par William III et la reine Mar>' sur les plans de Wren, contient encore des collections qui n'ont d'autre défaut que d'être trop nombreuses. Il y a près de mille tableaux à Hampton Court, mais il faut comprendre dans ce nombre une foule d'œuvres de second ordre ou de copies qu'on n'a pas voulu mettre ailleurs. Avant les tableaux, il faut voir le grand Hall encore intact et renfermant la série de huit grandes tapisseries

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achetées pour Henry VIII et figurant déjà dans un inventaire de 1548. Après l'exécution de Charles 1^^ qui les avait laissées à Hampton Court, elles furent réser\'ées pour l'usage de Cromwell et échappèrent ainsi à la vente. Ce sont des tapisseries de Bruxelles d'après Bernard Van Orley, représentant l'histoire d'Abraham, qui, si elles ne sont pas, comme on Ta écrit en Angleterre, les plus belles d'Europe, forment cependant une admirable série bien conservée et d'une belle époque, quelque inférieures qu'elles soient d'ailleurs à des

lo Valenliui.'.

Entrée du château de Windsor.

tapisseries gothiques comme celles du duc de Devonshire au musée de South Kensington, pour prendre un exemple en Angleterre.

Il y a, à Hampton Court même, des tapisseries plus anciennes provenant du cardinal Wolsey, entre autres trois d'une série des Triomphes de Pétrarque (dans la grande salle des Gardes) et trois d'une série des Sept Péchés capitaux. Cinq d'une série un peu plus moderne, des Aventures d'Enée et Didon, qui sont dans la salle des Bois de Cerf (Horn Room), sont mal conser\'ées. L'ensemble est le plus important qu'onpuisse voir en Angleterre et a l'intérêt d'être resté dans le palais depuis trois cent cinquante ans au moins.

Les célèbres cartons de Raphaël, que nous avons vus au musée de South Kensington, avaient été achetés sans doute par le roi Charles I^"" pour ser\-ir de modèles à la manufacture de tapisseries qu'il avait fait établir près de Richmond, à Mortlake.

Le souvenir en est conservé aujourd'hui dans la salle qu'ils occupaient (Cartoon Galler}-), construite exprès pour eux par Christopher Wren sous Guillaume III, en 1693-1694, par une suite de tapisseries de Bruxelles exécutées d'après ces cartons au xvii^ siècle, et offertes à la Couronne par le baron d'Erlanger en 1905. Cette suite, dont quelques pièces sont d'une couleur criarde, présente un problème assez curieux, car elle n'est évidemment pas antérieure à l'achat des cartons par Charles I^'- (1632), il serait donc possible

Le château de Windsor, vu du parc.

qu'elle ait été exécutée sur commande pour l'Angleterre sans qu'on les ait copiées sur les cartons originaux. Elle provient de la collection du duc d'Albe et Berwick.

Le palais contient encore une série de tapisseries de Bruxelles d'après les cartons de Charles Le Brun, représentant les Batailles d'Alexandre, composée de sept pièces, qui se trouvent dans la galerie de la Reine.

Parmi les peintures de si inégale valeur que renferme le palais, notons les portraits des Beautés de la Cour de Charles II par Lely et les Beautés de la Cour de WiUiam et Mary, par Kneller. Les premières furent peintes pour la duchesse d'York et comprennent toutes les principales héroïnes des Mémoires de Grammont, Mrs Stuart, duchesse de Richmond, Anne Hyde, duchesse d'York, Mrs. IMiddleton, Lady Denham, la Duchesse de Cleveland, Miss Hamilton, qui devint comtesse de Grammont, enfin toutes les belles dames

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dont les aventures plutôt scabreuses ont amusé tant de lecteurs depuis que les Mémoires de Grammont furent publiés en 17 13. Tous ces portraits se ressemblent dans leurs magnifiques draperies, si froidement peintes, avec leur air languissant. Celui de la comtesse de Grammont est peut-être le meilleur. Grammont nous dit que le peintre y avait mis tous ses soins, et il fit sensation à la Cour d'Angleterre, si bien que le Chevalier crut devoir emmener l'original en France pour le soustraire à ses admirateurs.

l'iioto ValentiiKv

Château de ^\'indsor. vu Je la Tamise.

Les portraits de Kneller qui furent peints à l'imitation de ceux de Lely leur sont encore bien inférieurs. Du reste la cour de Guillaume d'Orange et de Man,- n'avait pas le brillant de celle de Charles II, les modèles sont moins célèbres et n'ont pas autour d'eux l'atmosphère de scandale qui fait regarder avec curiosité ceux de Lely.

Parmi les portraits plus anciens, il faut remarquer ceux du peintre Mytens qui fut à la mode sous James I^'^ et sous Charles I*"'" avant Van Dyck. Son portrait par lui-même est du nombre de ceux qui se trouvent à Hampton Court. De Holbein il ne reste plus que le portrait de l'éditeur Froben, l'ami d'Erasme, avec un fond repeint, et celui d'un certain Reskemeer, gentilhomme de Cornouailles, identifié par un dessin de \\'indsor. Mais le portrait de Henn,- VIII par un anonyme hollandais, peint vers 1536, le portrait de François I^'' et de sa seconde femme, Eléonore de Portugal, peint vers 1531, sont de

précieuses peintures historiques, comme aussi le Camp du Drap d'Or, qui a dû être peint vers 1520. Le portrait d'Anne de Danemark par Van Somer, peint en 1617, et celui de James I^^" par le môme artiste sont d'intéressants spécimens de la peinture de portrait en Hollande au commencement du xyii^ siècle. Le premier représente la reine chasseresse, comme l'appelait Ben Jonson, avec ses lévriers, et le second nous montre par une fenêtre ouverte derrière le roi une vue de son palais deWhitehall, dont la partie qui subsiste était finie en 1622.

Chapelle de Saint-Georges à Windsor.

Le portrait de Henry VIII avec sa famille n'est qu'une copie, mais qui nous conserve le sujet d'un original de Holbein.

On voit qu'il reste beaucoup à glaner dans cette énorme collection et nous n'avons fait qu'indiquer, d'après les découvertes de Mr Ernest Law, l'excellent historien de Hampton Court, les portraits les plus intéressants.

Quant aux tableaux anciens nous nous bornerons à indiquer ceux qui étaient déjà dans la collection de Charles I^^" ou qui ont été reconnus authentiques par la critique moderne.

Les meilleurs tableaux de Hampton Court viennent du cabinet du duc de Mantoue, acheté par Charles I^^" en 1627-28, et c'est probablement à cette provenance qu'est due la prédominance dans la collection des peintres des écoles du nord de l'Italie et en particulier de Venise. L'abondance de médiocres tableaux attribués à Schiavone et à la tribu des Bassano ne doit pas nous faire

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négliger des tableaux comme le Berger avec une flûte, attribué à Giorgioiie par MM. Frizzoni et Berenson et qui a bien pu être un chef-d'œuvre de ce maître si rare, avant d'avoir été repeint. Les deux portraits de Lorenzo Lotto (n^* 112 et 152 du Catal.) surtout celui d'Andréa Odoni de Venise, un collectionneur représenté au milieu des objets de sa passion, méritent une étude spéciale. Les

riioto ilaul3tai-u::l.

\'an Dyck. Saint-Martin ^Windsor).

deux petits Corrège, Sainte Catherine lisant et la Sainte Famille (n"' 430 et 431) sont charmants. Les deux Tintoret, EstJier devant Assuérus et les Neuf Muses (NO' /^ et 177) sont importants, et viennent tous deux de Mantoue.

Mais la plus célèbre acquisition de Charles I^'" qui soit restée à Hampton Court, c'est le Triomphe de C^'s^;- de INIantegna, la plus grande œuvre de ce maître en dehors de l'Italie, qu'on ne peut voir malheureusement avec un reculement suffisant dans l'étroite galerie où est exposée cette série de neuf peintures à la détrempe, exécutées de 1485 à 1492 pour Louis de Gonzague, duc de

HAMPÏON COURT HT W'IXIJ^OR

^lantoue et destinées à orner son palais. Elles furent achetées par Charles I^'"" pour 10.500 livres sterling. On ne sait si la suite de gravures par le maître qui a le même sujet a été exécutée avant ou après les peintures, inspirées par cette passion de l'antiquité qu'avait donnée à Mantegna son maître Squarcione. Quelques-unes des figures de cette procession triomphale sont à placer à côté des fresques de Padoue qui restent le chef-d'œuvre du maître. Les pein-

Portcs Je fer forgé à Hampton Court.

tures de Mantegna, comme les Cartons de Raphaël, furent, dit-on, sauvées des puritains, qui voulaient les détruire, par Cromwell.

Nous ne pouvons nous arrêter plus longtemps à Hampton Court, malgré tout ce qu'il y aurait encore d'intéressant à y signaler. Si nous faisons un tour de promenade dans les charmants jardins à la française avec leurs ifs séculaires, parmi les ornements qui attirent le plus l'attention, nous remarquons les magnifiques grilles en fer forgé, qui ont été replacées du côté de la Tamise, grâce à Mr Ernest Law, après avoir été divisées entre plusieurs musées. Ce sont des œuvres en partie françaises, car si elles ont été exécutées en Angleterre, c'est sur les dessins du Français Jean Tijou, qui en publia les modèles

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en 1693. C'est le plus bel ouvrage de ferronnerie de style Louis XIV que nous connaissions, et exécuté comme il a été dessiné, par un maître ouvrier dont le nom mérite d'être conservé, Huntingdon Shaw, de Xottingliam. C'est le même Tijou, comme nous l'apprend encore Mr E.Law, qui a dessiné les grilles du chœur de la cathédrale de Saint-Paul.

De Hampton Court nous pouvons revenir à Londres par la station de

Teddington, qu'on gagnera par les magnifiques allées de marronniers de Bnshey Park.

Le château de Windsor est la plus ancienne résidence royale d'Angleterre existante, puisque Guillaume le Conquérant avait déjà un château sur cet emplacement. Le château actuel date du règne d'Henr\-II, 1154-1189, du moins la grande cour, le donjon et les deux tours à l'ouest, mais la construction du xii*^ siècle a été tellement augmentée et restaurée qu'on peut dire qu'elle porte des traces de tous les règnes qui se sont succédé depuis.

L"ne foule de souvenirs historiques se rattache à Windsor, et la Grande Charte, le document initial de la Constitution anglaise, fut signée dans la prairie de Runnymede. entre Windsor et Staines. en 1215.

La porte par où on entre actuellement au château est du temps de Henr\- \'III, mais la porte du château de Henr>- II existe encore, la crypte de la tour du Couvre-feu (Cio/cic Tower) sur voûte d'arêtes sans piliers, est du xiii»^ siècle, et le grand bâtiment date d'Edward 1\' .

Edward III naquit à Windsor en 1312 et en fit son séjour favori, il y fonda l'ordre de la Jarretière, en souvenir de la Table Ronde. Windsor vit

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Hans Holbein. Portrait de Deri.;h Born ^Windsor).

encore le mariage du Prince Noir en 1361, et c'est à Windsor que fut enfermé onze ans James d'Ecosse, qui y composa le Kings Quair en 1423, et y rencontra celle qui devait devenir sa femme, Lady Joan Beaufort.

Au xv^ siècle fut bâtie la chapelle de Saint George sous la direction de Richard Beauchamp, évoque de Sa lisbur}'. C'est une belle nef de style perpendiculaire anglais analogue à la chapelle de King's Collège à Cambridge, et à la chapelle de Henr^^VII à Westminster. Dans la grande baie à l'ouest on a réuni des vitraux du temps. Charles I*"^ fut enterré dans cette chapelle. Il avait beaucoup vécu à Windsor que sa femme Henriette -]\Iarie aimait aussi, il y revint comme prisonnier du Parlement en 1648 après sa détention à Carisbrooke, dans l'ile de Wight, et Cromwell y résida parfois après la mort du roi.

Charles II ne se plaisait pas au château qui lui rappelait de si tristes souvenirs, et il vécut surtout à Londres. Il fit cependant refaire les appartements royaux dans le style de son temps, avec des plafonds par Verrio et des sculptures par Grinling Gibbons. C'est lui qui fit planter le Long Walk, la magnifique avenue qui mène du château au parc.

George III y rassembla les livres de sa magnifique bibliothèque, aujourd'hui au British Muséum, et les tableaux de la collection du consul Smith à Venise. De 1824 à nos jours, on a dépensé plus de vingt-cinq millions à Windsor en transformations de toutes sortes.

Mais l'intérêt du lieu reste pour nous avant tout dans sa situation magnifique et dans ses collections d'art qui représentent mieux encore que Hampton Court, le fonds historique des collections royales d'Angleterre.

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Hans Holbein. Le roi Edouard VI (Windsor).

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La vue du donjon est si étendue qu'elle paraît destinée par la nature à la demeure d'un souverain qui voudrait embrasser le plus possible de ses domaines par la vue. Vue charmante d'ailleurs, avec la vieille petite ville qui descend jusqu'à la Tamise, au bord de laquelle se trouve Eton Collège.

Les tableaux et objets d'art du château de Windsor qui sont accessibles

^'an Dvck. Portraits de KiUigrew et Carew AX'indsor^

au public sont ceux qui se trouvent dans les appartements de gala {State apartments) , qu'on fait visiter trop vite malheureusement pour les amateurs d'art, et ceux des appartements privés en l'absence des souverains.

La Chambre des Rubens contient avec une Sainte Famille, un Philippe I^^ et plusieurs autres portraits du maître, l'admirable Sai}it Martin qu'on attribue maintenant à Van Dyck, mais qui rappelle beaucoup la manière de Rubens, et peut passer pour le plus beau tableau religieux du maître.

l^eKing's Closct contient de beaux Canaletto, des Teniers et d'autres Hollandais, le Queen's Closct, des Claude Lorrain et des peintures de l'école de Holbein, mais les chefs-d'œuvre de Holbein, qui suffiraient à rendre fameuse

IIAMPTOX COURT l'.T WINDSOR 157

la galerie de Windsor, sont dans la pièce (|ui lui est spécialement appropriée {Picture Gallery).

Ce sont les portraitsde Sir Henry Guildford.d'un certain Johann d'Anvers, de Thomas, duc de Norfolk, et d'un marchand allemand de Londres, Derick Boni, tous quatre sans doute peints pour l'Angleterre lors du séjour de Hol-

l'Iioto llaiir>t.i.-iii;l.

Van D\-ck. George et Francis Villiers (Windsor).

bein, et qui, comme l'admirable collection de dessins de Holbein à la bibliothèque, sont là depuis près de quatre siècles. Dans la même salle on verra des Rembrandt, un déhcieux petit tableau de Melozzo da Forli, le Duc d'Urbiiio écoutant une conférence, un admirable portrait de Titien avec un atni, encore des Claude et des Canaletto.

La salle suivante est celle des \'an Dyck, tous peints pour Charles I^'" ou achetés par lui à son peintre favori. Les plus beaux sont Charles I^'^" avec sa femme et leurs enfants, Charles (plus tard Charles II) et James (plus tard

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James II). Il y a trois portraits séparés de Charles I*"^, dont celui bien connu qui le représente sous trois points de vue différents, peint pour un buste du Bernin qui a disparu dans l'incendie de Wliitehall, et quatre portraits de Henriette-]Marie de France, dont les beaux portraits en pied, en robe de satin

blanc, qui ont tant influencé la peinture anglaise du xviii^ siècle. Les portraits plus familiers que nous reproduisons sont peut-être les plus beaux, Killcgrcw et Carew, deux gentilhommes de la cour de Charles I^r le second poète connu (mais l'identification est douteuse), et George, second duc de Buckingham , avec son frère Francis Villiers. Un autre portrait célèbre est celui des enfants de Charles I^^^". L'artiste est représenté lui-même dans cette illustre assemblée, où s'est glissée aussi, on ne sait pourquoi , une aventurière célèbre, Béatrix de Cusance, princesse de Cantecroix. La collection comprend encore les portraits de Sir Kenelm Digb}', le célèbre curieux et de sa femme Venetia. On peut dire que les chefs-d'œuvre de la manière anglaise de Van Dj'ck sont là, et il faut ajouter par la pensée notre beau Charles I^"" du Louvre.

Dans la chambre d'audience de la reine, on remarquera les belles tapisseries des Gobelins (histoire d'Esther, sur les cartons de DeTroy) et le portrait d'Henriette-Marie d'Angleterre avec ses deux filles, par ]\Iignard.

La Salle des Gardes contient une foule d'armures, dont le bouclier damasquiné oft'ert par François I^''" à Henry \'III au camp du Drap d'Or.

Saint George' s Hall renferme les portraits de tous les rois et reines d'Angle-

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Van Dyck. Henriette-Marie de France Windsor

HAMPTOX COL'RÏ K T WINDSOR

terre depuis Charles I'^'", par \'an Dyck, Leh', Kneller, Gainsborough et Lawrence. Le plus beau est le Charles I^"" en grand manteau royal par Van Dyck.

La grande chambre de réception, de style Louis XI\', contient le plus beau mobilier du château. Aux murs sont des tapisseries des Gobelins (histoire de Jason et Médée, en six pièces).

Quentin Matsvs. Les avares .Windsor .

La salle de Waterloo, ou grande salle à manger, est du style de la reine Elizabeth, et remplie des portraits des hommes illustres du temps de l'Empire et de la Restauration, la plupart sont des œuvres de Lawrence et comptent parmi les meilleures (portraits de Pie \'II, de Wellington, de Bliicher, etc.).

L'admirable bibliothèque, qui contient une collection de royal hooks ou livres ayant appartenu à des souverains, une série de dessins de Holbein et de Léonard de \'inci, n'est pas ouverte au public.

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Nous trouvons à Windsor, comme un résumé de ce que nous avons vu à Londres, un ensemble auquel le temps seul a donné l'unité, sans dessin et sans plan, mais fait d'additions et de réparations successives et qu'on a comparé à la Constitution anglaise. Irrégularité qui a son charme surtout quand l'héritage des siècles, à Windsor comme à Londres, a accumulé des trésors d'art. Le château de Guillaume le Conquérant, habité par les souverains anglais depuis plus de neuf siècles, est bien l'endroit qui convient pour méditer sur la continuité de l'histoire d'Angleterre, quoiqu'il ne contienne plus rien du château de Guillaume le Conquérant.

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Gainsborough. La princesse Élisabetli de Hesse (Windsor).

Photo Niiirl.in.

Le Sphinx sur la Tamise.

BIBLIOGRAPHIE

La bibliographie de Londres, même au seul pijint de vue artistique, est si abondante que nous croyons rendre service en donnant ici un choix d'ouvrages, hi plupart récents,' que l'on pourra consulter avec fruit.

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