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Genre PARANDRA TIatreille

PARANDRA Latreille, Hist. natur. des Insectes, III, 1802, p. 160. — Lacordaire, Genera des Coléopt., VIII, 1869, p. 22. — Lameere, Ann. Soc. Ent. Belg., 1902, p. 60.

Ce sont des Insectes luisants, allongés et un peu bombés, à côtés du corps parallèles, à livrée uniforme, à pattes courtes; la femelle diffère du mâle, non seulement par Îles caractères énumérés ci-dessus, mais encore par l'allongement du dernier sternite abdominal.

On trouve en général les Parandra sous les écorces des troncs où ont vécu leurs larves.

J'en connais trente espèces, répandues dans toutes les régions tropicales et subtropicales, mais particulièrement en Amérique.

On peut les répartir en deux branches, qui chacune sont représentées dans l'Afrique tropicale,

PREMIÈRE BRANCHE

Elle est constituée par les Parandra primitives qui ont encore les cavités cotyloïdes antérieures fermées en arrière; la saillie prosternale, à bords parallèles, est largement dilatée en trapèze postérieurement, de manière à rejoindre de part et d'autre l'épimère ; les antennes sont restées également primitives, c’est-à-dire qu'elles offrent deux fossettes porifères internes, séparées par une carène, sur les troisième à onzième articles.

Les Parandra de cette première branche forment deux rameaux : le premier, comprenant l'espèce la plus archaïque du genre, P. caspia Ménétr., des bords méridionaux de la Mer Caspienne, et tout un groupe d'espèces néotropicales, est caractérisé par la visibilité du paronychium tarsal qui offre deux soies ; le second rameau, à paronychium tarsal presque invisible et dépourvu de soies, ne comprenait jusqu'ici qu'un seul groupe, formé lui-même d’une seule espèce, P. brunnea Fab., de l'Amérique du Nord. Une seconde espèce de ce rameau, offrant une grande somme de caractères communs avec P. brunnea, vient de m'être montrée au Musée de Berlin par M. le professeur Kolbe; elle provient de l'Afrique centrale.

1, — Parandra Kolbei nova species.

Hab. : Pays des Niam-Niam, Semio (Bohndorff), un mâle du Musée de Berlin.

Long de 17 millimètres, dun brun marron, assez étroit, fortement et assez densément ponctué, les points, principalement en dessous et sur les pattes, donnant chacun naissance à un poil très court; ayant, comme P. brunnea, le bord externe des tibias légèrement sillonné, le menton et la languette nus, le sous-menton dépourvu de sillon transversal au bord antérieur, les processus jugulaires non carénés, les antennes à peu près glabres, à carène interne des troisième à onzième articles très peu saillante, le dernier article offrant au bord externe, près de l'extrémité, une fossette porifère arrondie non divisée par une carène, la saillie prosternale sans convexité en arrière et ne dépassant que très peu le niveau du bord postérieur des épimères ; différant de P. brunnea par les antennes plus longues, par les mandibules d'une forme tout à fait spéciale, rappelant beaucoup celle des mandibules de Torneutes pallidipennis, (c'est-à-dire nullement falciformes, courtes, triangulaires, allongées, aiguës au bout, sinueuses extérieurement, convexes en dessus, pluridentées au côté interne, non contiguës à leur base), par le labre formant une faible saillie triangulaire, par les yeux également faiblement échancrés et assez saillants, mais plus petits, bien plus étroits, presque linéaires, par le front dépourvu de sillon longitudinal, par la prothorax plus long que large, très faiblement rétréci en arrière, avec les angles postérieurs marqués, mais les angles antérieurs très abaïissés et invisibles d’en haut, par les tarses à premier article moins long, le troisième nullement élargi ni bilobé, moins échancré en dessous et échancré davantage en dessus, (les brosses des trois premiers petites, larsement séparées sur la ligne médiane et à poils courts, ne dépassant pas les articles, comme chez P. brunnea), le dernier épaissi, plus robuste et plus courbé, ces tarses ressemblant beaucoup à ceux de Thaumasus g1gas.

Ces caractères différentiels, en grande partie cœnogénétiques, nous permettent de considérer l'espèce comme formant un groupe distinct du groupe néarctique constitué par P. brunnea. |

SECONDE BRANCHE

Elle est formée par les Parandra qui ont les cavités cotyloïdes antérieures ouvertes en arrière, la saillie prosternale et l’épimère prothoracique ne se rejoignant pas; toutes les espèces ont le paronychium tarsal bien visible, mais n'offrant qu'une seule soie.

Cette seconde branche comprend, comme la première, deux rameaux. Le premier rameau est formé d'une seule espèce, P. puncticeps Sharp, des îles Sandwich, qui a conservé la saillie prosternale largement dilatée en trapèze postérieurement; le second, dont toutes les espèces ont la saillie prosternale peu ou point dilatée en trapèze en arrière, est formé de cinq groupes dout deux ont des représentants en Afrique.

L'un de ces groupes renferme P. Thunbergi Thoms., espèce de l'Afrique australe, dont la faune est étrangère à cet ouvrage ; l’autre était constitué jusqu'ici d'une espèce malaise, inférieure, P. Janus Bates, et d’une espèce supérieure, P. gabonica Thoms., de l'Afrique tropicale, mais j'ai trouvé dans les collections du British Museum et du Musée de

Berlin une remarquable espèce nouvelle du Brésil qui appartient au même groupe et qui rattache les deux espèces paléotropicales à la souche de la seconde branche.

Le groupe qui renferme P. gabonica est caractérisé par les antennes poilues, les articles basilaires étant peu renflés, la fossette porifère externe de l'extrémité du dernier article petite mais très bien délimitée; l'œil est assez fortement échancré, et il a la forme d'une ellipse étroite et allongée, le pli juxtaoculaire est très saillant, le labre avancé en saillie trapézoïdale qui est plus étroite chez la femelle ; le front offre entre les yeux deux éminences arrondies séparées par un sillon; le prothorax a les angles antérieurs et postérieurs marqués ; il est notablement élargi en avant chez le mâle, rétréci chez la femelle; les mandibules de la femelle offrent une concavité s'étendant jusqu'à la dent postérieure de la bifurcation terminale, et elles présentent deux dents internes vers le milieu; les mandibules du mâle sont courtes et robustes : elles offrent une carène très élevée qui s'étend jusqu à la dent postérieure de Ia bifurcation terminale, et elles présentent deux dents internes rapprochées ct situées vers le milieu ; le menton et la languette sont glabres, sauf chez le mâle qui a la languette poilue; le troisième article des. tarses est peu élargi et non échancré en dessous; les brosses tarsales sont assez primitives, peu arrondies, à poils longs et dépassant fortement les articles en arrière.

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