‹ L’Orchi-Epididymite typhoïdeChapitre 15 sur 37 · OBSERVATION I · texte numérisé non relu

OBSERVATION I

Due. à l’obligeance de M. le Docteur Raynaud

Orchi-Epididymite ayant marqué le début d’une fièvre typhoïde. — Résolution. — Légère atrophie consécutive.

P.., 24 ans, entre à l'hôpital de Mustapha, le 22 août

1911, salle Trousseau, pour orchi-épididymite aiguë.

Le 10 août, dans l'après-midi, alors qu'il était en exce:lente santé, il a été pris brusquement d'une douleur assez vive au niveau de d'anus, douleur contrictive avec irradiations vers le rectum et vers l'extrémité de la verge.

Cette douleur augmente rapidement d'intensité, devient intolérable, arrachant des cris au malade. Nuit très agitée. Un lavement Jaudanisé ne produit aucun effet sédatif. A son réveil, il constate une augmentation de volume assez considérable du scrotum du côté droit avec testicule très douloureux à la palpation. |

Le 11 acût, les douleurs perSistent, surtout au niveau du testicule et du cordon. Suspensoir ouaté : application de pommade bellad:nnée, à la suite de laquelle les douleurs disparaissent presque complètement.

Mais dans la nuit apparaît un accès de fièvre violent, précédé de frissons et suivi de sueurs abondantes ; la douieur testiculaire réapparaît, devient excessivement vive, avec douleur spontanée sur le trajet du cordon. Le malade vient alors à l’hôpital.

Antécédents héréditaires et colatéraux. — Mère. décédée de:suites de couches, un mois après la naissance du ma-

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mures

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Jade. Père mort en 1905, d’ulcère gastrique. Frères et sœurs tous bien portants.

Antécédents personnels: — Rougeole à 5 ans. Ictère catarrhal à 18 ans. Varicelle à 20 ans. Jamais de bronchites. Jamais la moindre affection pulmonaire. À 19 ans, à la suite d'un coït suspect, écoulement urétral peu abondant, s'étant tari spontanément sans aucun soin au bout de 6 à 7 jours. Jamais la moindre douleur à ja miction ; pas d’érections douloureuses. Cet écoulement n’a jamais reparu. Actuellement, n’a pas eu de rapports sexuels depuis 6 mois.

Examen du malade. — Malade non prostré, non abattu, souffrant uniquement du testicule droit. Le scrotum paraît rouge. tendu, légèrement œdématié et présente un aspect phlégmoneux. Le testicule est très augmenté de volume et très douloureux, même spontanément. L'épididyme est difficile à délimiter en raison d'un léger épanchement dans la vaginale ; il paraît gonflé et très sensiblé à la ‘palpation. Le canal déférent est augmenté de volume et douloureux jusque dans la fosse iliaque. Les urines sont claires, sans filaments, la pression méthodique de lPurètre ne fait pas sourdre le moindre écoulement. Rien à la prostate ni aux vésicules séminales. L'examen des différents organes est négatif. En particulier, on ne note rien du côté de l’appareil pulmonaire. Les bruits du cœur sont réguliers. Le pouls, bien frappé, bat à 82 pulsations par minute. La température est de 38°2. L'état général est peu touché. La langue est légèrement saburrale. Constipation. Foie.et rate de dimensions normales et non douloureux. Rien du côté

du système nerveux. En résumé, tout se borne à une orchiépididymite aiguë survenue spontanément chez un sujel jusque Jà en bon étal de santé.

Dans la nuit du 14 au 15 août, violent accès de fièvre à 41° avec frisson, délire ; accès semblable à celui du 11 août. On recueille sur lames du sang qu'on examine. On ne note pas d'hématozoaires.

Sérodiagnostic Eberth : très légère agglutination à 1/30

— Para A : négatif — Para B : négatif D 3 M. Melitensis : négatif.

Les jours suivants, la température baisse progressivement, sans descendre cependant à la normale, L'état loca: reste stationnaire ; les douleurs spontanées persistent, empêchant le sommeil. Le testicule et l'épididyme sont toujours très augmentés de volume et très douloureux.

Mais, à partir du 20 août, la température s'élève de nouveau par oscillations régulièremnt ascendantes ; l’état général' s'allère. Abattement ; anorexie ; insomnie, causée surtout par les violentes douleurs testiculaires. On prescrit des lavements laudanisés, de l’urotropine et des applications de glace sur le scrotum.

Le 23 août, les sérodiagnostics sont de nouveau pratiqués el donnent Jes résultats suivants :

Eberth : positif à 1/100.

Para A : négatif.

Para B : négatif.

Melitensis : négatif.

Une hémoculture, pratiquée le même jour, donne un bacille mobile ayant tous les caractères du baë@ille typhique, aggelutiné par le sérum du malade.

Le diagnosiie de fièvre typhoïde ne fait donc:pas de doutes. Les taches rosées lenticulaires apparaissent le 26. Langue saburrale ; constipation ; abdomen souple et un peu douloureux dans la fôsse iliaque droite ; rate perceptible. Le testicule et l'épididyme sont toujours gros et douloureux. À ;

La maladie suit son cours normal. La température, malgré des prise régulières de pyramidon, oscille autour de 39°,

TR

Le pouls est dicrote, autour de 84, en dissociation avec la température, Les urines restent claires et abondantes.

Dans les premiers jours de septembre, la température décroit progressivement, l'état général s'améliore, la langue devient humide, le taux des urines s'élève ; le malade entre en convalescence. -

Cependant, les douleurs testiculaires persistent. L'épididyme très douloureux donne la sensation de fluctuation et fait penser à un abcès siégeant au niveau de la tête. Une incision est faite par le D' Ferrari; mais ni cette incision, ni plusieurs ponctions faites dans l'organe, ne ramènent la moindre goutte de pus. Pas de liquide dans la vaginale. On trouve seulement un testicule et un épididyme très congestionnés.

A partir de ce moment, les douleurs spontanées disparaissent, inais la pression reste encore douleureuse. Le serolum reprend peu à peu son aspect normal. Le testicule el l'épididyme . diminuent progressivement de volume -eb à partir du 7 septembre, la convalescence s’accuse nettemnt. [’apyrexie est complète, et le malade quitte lhôpital le 18 septembre, À ce moment, le testicule a repris son volume normal, mais l’épididyme présente au niveau de Ja tête et de la queue deux gros noyaux indurés, peu douloureux à la pression.

Nous avons pû revoir ce malade 2 ans après sa fièvre typhoïde et nous avons constaté une atrophie nette de son testicule droit. Le volume de ce testicule est diminué d’un tiers environ, et sa consistante est plus molle que celle du testicule gauche. Cette atrophie s'est manifestée peu de temps après la guérison du malade.

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