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l’on note quelquefois l'invasion de cette espèce d’orchite aiguë ».
En 1860, Hardy, dans sa thèse sur « Les Inflammations du testicule », montre que l’on peut voir les testicules devenir volumineux et s’enflammer en dehors de toute lésion des organes génito-urinaires au cours des maladies infectieuses entraînant une altération profonde de l’organisme, telles que la fièvre tvphoïde et la variole.
En 1864, est publiée, par Chedevergne, la première observation d’orchite typhoïdique, observation d’ailleurs très résumée.
Bouchut en publie une seconde en 1867, aussi peu détaillée.
La première observation complète est celle que Hanot publie en 1873, dans le Bulletin de la Société anatomique de Paris, orchite survenue 13 jours après la défervescence, et terminée par suppuration et élimination de substance testiculaire. L'attention est dès lors attirée sur cette complication de la fièvre typhoïde et les cas vont se multiplier.
L'année suivante, en 1874, Cervelle présente: une thèse sur des « Considérations sur une variété d’orchite aiguë compliquant certaines fièvres graves », dans laquelle nous trouvons deux observations d’orchite ayant apparu au cours de la convalescence de fièvre typhoïde. He
En 1877, Widal présente à la Société Clinique de Paris, une étude sur les « Fièvres typhoïdes compliquées d’orchite », avec trois nouveaux cas. A la suite de cette communication, s'engage une discussion à laquelle prennent part plusieurs membres de cette Société, et en particulier Lereboullet et Dieulafoy, qui ont eu, eux aussi, l'occasion d'observer cette complication.
Dieulafoy rapporte un cas d’orchite suppurée et Lereboullet deux cas sans suppuration.
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L'année suivante, les Archives de Médecine publient une revue générale de Hanot sur l « Orchite dans la fièvre typhoïde », avec trois nouvelles obser- : vations. ,
Les observations se font d'ailleurs de plus en plus fréquentes : Sabourin, Huchard, Laveran, Manley, publient de nouveaux cas.
En 1883 paraissent la thèse de Sadrain et un mémoire d'Ollivier, dans lequel cet auteur discute les 24 cas qu'il a pu rassembler et fait une étude complète de la question.
L’orchite typhoïdique fait encore l’objet de revues d'ensemble de Monod et Terrillon, dans leur Traité des maladies du testicule, et de Molière et Augagneur dans le Dictionnaire des sciences médicales.
Quelques observations sont publiées par Tavel, en
1887, Thiroloix en 1891, Girode en 1892, Messerer et
Gasser en 1895, Salles et-Barjon en 1896, Audard en 1899, Launois et Lœper en 1900,
Puis viennent les thèses de Dô et de Chalon en 1900, celle de Cholet en 1901 et ceile de Blumenfeld en 1905, Depuis, quelques communications ont été faites : par Bergasse, à la Société médico-Chirurgicale de la Drôme en 1902, par Bergounious, à la Société Médicale des Hôpitaux de Paris en 1903, par Clément, à la Société de Médecine de Lyon, en 1907, et par Cordillot, dans les Archives de Médecine et de Pharmacie militaires, en 1907. Nous trouvons encore les revues de Beardsléy et de Picke en 1909 et en 1911. |
Signalons enfin que la question de l'orchite typhoïdique est étudiée avec plus ou moins de dévelop-
- pement dans tous les traités de médecine et de chi-
rurgie, et en particulier dans le traité de chirurgie de Le Dentu et Delbet, (Sébilleau) et dans le traité de médecine de Brouardel et Gilbert (Brouardel-Thoînot-Le Für).
ÉTIOLOGIE
Les complications testiculaires sont loin d'être rares au cours des diverses infections.
C’est ainsi, en particulier, que le testicule est très souvent atteint au cours de la variole (9 fois sur 10, de façon très inégale d’ailleurs, chez les ‘ndividus morts de cette affection, d'après les recherches d’Esmonet), et au cours des oreillons, la fréquence de l’orchite ourlienne étant, en effet, bien connue. IT est moins souvent touché au cours de la fièvre typhoïde, : et nous nous ferons une idée de cette rareté relative en nous en rapportant à quelques statistiques.
Sur 200 malades.atteints de dothienenterie, Liebermeister n’a-observé que deux cas d'orchite; Brand, sur 8.141 cas, n’en a-jamais signalé: Sorel en a observé 3 cas sur 871.
Cholet rapporte, dans sa thèse, une statistique portant sur 862 typhoïdiques, chez lesquels Porchite s’est déclarée 8 fois. Enfin, Cordillot la signale 2 fois sur 196 cas.
Il nous semble pourtant que l’on peut admettre que cette complication soit un peu plus fréquente que ne lindiquent les statistiques que nous venons de passer en revue. Il faut, en effet, tenir compte de ce que, à côté des orchites aiguës, à début brusque, ou des formes graves qui se terminent par la suppuration et l'élimination de tout ou partie du tissu glandulaire, il existe aussi des cas à allure beaucoup moins bruyante; ces cas peuvent, d’ailleurs, survenir en pleine convalescence, alors que le malade a déjà
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quitté l'hôpital, et échapper par conséquent à l’attention du médecin.
Quoi qu'il en soit, l’orchite est une complication assez rare de la fièvre typhoïde. Blumenfeld, dans sa thèse, en rapporte 69 observations. Nous avous pu en réunir 78.
Les conditions dans lesquelles se développe cette localisation testiculaire sont difficiles à préciser. Parmi les facteurs susceptibles d’avoir une certaine influence sur son apparition, nous devons, en première ligne, faire intervenir l’âge.
Dans nos 78 observations, 17 ne mentionnent pas l’âge du malade; mais, parmi les autres, la grande majorité se rapporte à des malades ayant entre 18 et
. 32 ans. Nous relevons en effet 45 cas entre ces deux limites; 8 cas au-dessous de 18 ans (un à #4 ans, un à 10, deux à'11, un à 14, un à 15, deux à 17) et 8 audessus de 32 ans (sept de 33 à 40, un à 47). Enfin un cas aurait été observé par Hutinel à 58 ans, mais l'observation n’en a pas été publiée.
Cette particularité n'a d’ailleurs rien qui puisse nous surprendre, et cela pour deux raisons : cet âge est en effet celui où la fièvre typhoïde elle-même présente sa plus grande fréquence, et c'est aussi celui qui correspond au maximum d'activité fonctionnelle de la glande.
Nous n'’insisterons pas sur les conditions climatériques ou saisonnières qui, si elles ont une influence certaine sur l’étiologie de- la fièvre {yphoïde, n’en ont aucune sur les complications qui nous oceupent.
Les mauvaises conditions hygiéniques antérieures favoriseraient, d’après certains auteurs, lapparition de ces complications : Un certain nombre de cas ont été observés chez des individus surmenés, chez des militaires épuisés par les fatigues d’une campagne, chez des prisonniers, chez des sujets à tempérament lymphatique.