XXXVIII PRÉFACE
ment exposés bien des ouvrages rédigés en langue étrangère, surtout en allemand, .j. celle de toutes les langues européennes |la moins accessible et la moins sympathique aux peuples de race latine.
C'est en Allemagne que la polémique ouvrit son feu, et notamment à Tubingen, par l'entremise de M. Sigwart, professeur de philosophie. Après la manière dont les objections de M. Sigicart ont été réfutées, il est permis de croire que c'est la dernière tentative désespérée des philosophes pour conserver à Bacon la place quils lui avaient si arbitrairement accordée dans le domaine des sciences d'observation , tout en l'expulsant presque unanimement du domaine de la philosophie. Or, un fait assez remarquable et qui explique la durée prolongée de l'usurpation de Bacon, c'est que sa réputation de physicien et de naturaliste n'a point été faite par les savants
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ses contemporains qui l'ont au contraire complètement ignoré comme un des leurs , mais que cette réputation est due exclusivement aux philosophes et aux gens du monde ; à peu près comme si Newton ou Linné n'avaient été connus et patronnés que par les peintres et les poètes, et avaient été repoussés par les mathématiciens et les naturalistes o Le procédé des philosophes à l'égard de Bacon a été celui de ces juges égoïstes et peu scrupuleux, qui ne veulent se brouiller avec personne, et qui, après avoir éconduit de leur propre maison un hôte incommode, tiennent cl le iOger dans la maison du voisin.
M. de Liebig a le mérite d'avoir été le premier à s'apercevoir de cette indigne supercherie, et à la signaler de telle manière qu'elle n'a plus désormais aucune chance de se reproduire. C'est aussi que, avant M. de Liebig, la majorité de nos