DU TRADUCTEUR. XLI
les plus péremptoires contre Bacon, paraissent n'avoir pas été connus de M. de Himboldt, ainsi que je le signalerai dans les notes ajoutées à ma traduction. Le fait est que, tout en déclarant que dans ce qui se rapporte aux mathématiques, à l'astronomie et à la physique, Bacon était très - inférieur à son siècle {Kosmos, t. III , p. ^0)^ qu'il s'est montré injuste envers Gilbert et Kopermk {Ihid., t. I, note 70, à la page 572), que la méthode expérimentale avait été révélée déjà un siècle avant Bacon, par Leonardo da Vinci {Ibid., t. III, p. ^0), M. de Hiimboldt a néanmoins l'air de considérer François Bacon ^ sinon comme réformateur des sciences , du moins comme un homme qui a exercé une
1. Le Kosmos est cité ici d'après l'édition originale allemande publiée à Stuttgardt et Tubingen.
XLIi PRÉFACE
certaine action sur leur développement.
D'ailleurs, M. de Humboldt ne fait nulle part remarquer la distance prodigieuse qui , sous ce rapport , sépare François Bacon de ses devanciers, Albert le Grand et Roger Bacon, et cependant il est impossible de mieux les apprécier que ne Ta fait M. de Humboldt, non-seulement dans le Kosmos (et entre autres t. Il, p. 51, 280, 285, 286), mais encore dans son Examen critique de riiistoire de la géographie (t. 11^ p. 295-297), où il démontre que , dans le domaine des découvertes géographiques , Roger Bacon avait préparé l'époque de Colomb et de Vasco de Gama, Or, quand on considère les études approfondies auxquelles M. de Humboldt a soumis les ouvrages d'Albert le Grand et de Roger Bacon, on est étonné de ne pas le voir tracer un parallèle entre ces deux derniers et François Bacon