Amêdée l^ichol
entte le chien Boatôwaîn , cet autî*e ami , et le vieux serviteur Murray , atteùdant le sigflal résuitècteur de la trompette.
Lady Lftmb tomba évanouie et fut rapportée mourante au château, sans que personne ait jamais su si ce fut le hasard ou sa volonté qui la firent se trouver, à point, spectatrice du funèbre spectacle. Le savait-elle? L'avait-elle deviné? Conduite par la haine ou Tamour, venait-elle braver, avec préméditation, un spectacle vengeur^ ou nourrir l'incurable regret des larmes du dernier adiëuî N'y eût-il là qu'une fatale coïncidence, une attraction irrésistible ou un tragique défi? Quoiqu'il en soit, lady Caroline Lamb ne se releva jamais de ce coup. Le 25 janvier 1828, elle achevait de traîner au tombeau une existence mélancolique et languissante.
Pour lady Byron, la date de sa mort paisible et honorée nous est inconnue , le nom qui faisait l'éclat de sa vie étant, comme un flambeau éteint, rentré dans l'obscurité. Si elle n'a que trop le droit d'être inscrite dans l'histoire de l'homme dont elle fit si honnêtement le malheur et si vertueusement le désespoir, elle n'a aucun droit sur cette tombe, où dans un coin, sous l'herbe, comme une fleur funèbre, nous avons placé le souvenir de la malheureuse et passionnée Caroline Lamb.
Pour l'Angleterre, un moment atterrée comme une mère qui a tué son enfant, elle a cherché à diminuer le crime de sa persécution en diminuant cette gloire qui proteste contre elle. Elle feint d'avoir oublié Byron. Elle affecte de lui préférer Southey son ennemi, Shelley son imitateur, Tennyson son disciple. Mais cette conspiration du goût tombe chaque jour devant le goût lui-
même. Il suffit d'entendre un chant de Childe-Harold, ou de DonJuan, pour refuser la bière pâle qu'on ose préférer à ce vin généreux. Il suffit d'une apparition de cet astre poétique du siècle, voilé par des nuages qui n'ont rien de littéraire, pour tuer l'éclat usurpé de ces étoiles rivales du soleil, et pour faire rentrer dans la brume ces talents brillants Seulement de l'absence du génies
1. Nous ne résistons pas, en unissant, au désir de rendre à M. Taine, le jeune maître qui a écrit sur Byron, son caractère et son génie, les cent meilleures pages qui existent dans notre littérature, l'hommage qui lui est dû.