‹ Lord Byron, histoire d'un hommeChapitre 94 sur 104 · Presse dn 6 février 1859. -— 2. Lady Blessington · texte numérisé non relu

Presse dn 6 février 1859. -— 2. Lady Blessington

faite la gardienne de sa mémoire, et noblement fidèle à de glorieux souvenirs, noblement fidèle àelle-même, porte sans blesser d'autres devoirs et d'autres droits, l'honneur d'un culte que ni l'opinion, ni la fortune, ni le temps, ni la mort n'ont découragé.

L'expédition de Grèce, qui ne nous apprend plus rien sur Byron comme poète, puisque la lyre a cédé à l'épée, ne nous apprend non plus rien sur l'homme, que nous savions, bien avant, intrépide et généreux.

Notre histoire va donc finir comme sa vie, subitement arrêtée par la mort. La vraie statue de Byron, celle qui lui ressemble le plus, est justement celle qui, à peu près achevée du corps, ébauchée seulement de la tête, semble le symbole de sa destinée interrompue, et dont le visage demeure mystérieux sous le laurier funèbre, tandis que le marbre impoli du tombeau sur lequel elle est couchée, rappelle la surprise d'une inhumation prématurée.

Il ne nous reste plus qu'à dire ce dernier épisode, pathétique comme un dénoûment, salutaire comme une moralité, qui clôt si tristement et si dignement un livre consacré à Byron. La mort de cet homme devait être extraordinaire comme sa vie, et sa puissance fatale devait encore lui survivre quelque temps, et faire du retour de son cercueil eil Angleterre le signal d'autres et dramatiques funérailles. Caroline Lamb devait mourir du contre-coup de cette mort, qui trouva lady Byron indifférente, jouissant tranquillement d'une réputation usurpée, heureuse de ce bonheur égoïste, plus apparent que réel, troublé sous des formes sereines, qui doit être un châtiment, puisqu'il semble réservé aux méchants. Tandis que l'épouse honnête et hypo-

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crile trkMnpbâit arec cette modestie qui etteomme la coquetterie du remords , Tépoiue eoôpable mais sincère attendait arec une impatience fArile le jonr de Tarrirée» am enrirons de son domaine, du cerœoil de celui qu'elle arait aimé jusqu'à la haine.

Elle habitait y comme on sait, la belle terre de Brocket'Hall> soumise à ce régime pacificateur de la re* traite et du recueillement, et son dernier liTre, Ada Reis, témoignait par l'obsertationy des progrès de cette cure morale, que surveillait avec sollicitude un mari attentif, sage, dévoué, < sans vains reproches, sans faux pardons, l'aidant à porter la vie et la traitant comme une malade ^ > A la première nouveUe de la mort de Byron, William Lamb accourut, et, gardien vigilant, s'empressa d'écarter tout journal indiscret, toute relation capable de réveiller les anciennes blessures et de détruire en une heure l'œuvre Salutaire des années. Yains efforts ! lady Caroline Lamb, accompagnée de son mari qui lui faisait une lecture, se trouvait à la grillé du parc, au jour, à l'heure, à la minute, où passait uti char flmèbre à larges armoiries, suivi, au milieu des hêi^ultset des pages, d'un chien fative hurlant et pleurant son maître.

Ce convoi, c'était celui de Byron revenant de Missolonghi à Newstead, cohfotmément au désir qui avait fait préférer à l'illustre et glaciale nécropole de Westminster le caveau doihéstiqiie et féodal héréditaire. Cô chien hurlant, c'était le doux Lyons, le dertiier de sa race dont Byron, qui l'avait acheté en Grèce, ait caressé la tête.

n dort aujourd'hui aux pieds de son maître, enterré

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