‹ Lord ByronChapitre 116 sur 116 · ACTES · texte numérisé non relu

ACTES

Note 33 , page 256.

Et Ferrare, la patrie du Tasse.

On conserve » dans la bibliothèque de Feirare f les manm* rrits originaux de la Gerusalemme du Tasse, du Pastor Fieio

t\e Giiai iiii , ilt s kltros du Tasse , et une lettre de Titien à l'Arioste. On Yoit au5&i à Ferrare l'écritoire» la chaise, la tombe et la maison de ce dernier; mais, comme Tinfortnne intéresse bien plus la postérité, et très peu les contemporains, la loge où le Tasse fut enfermé dans l*h6pital de Saint-Aline atliro rattcntion plutôt que la demeure et le monument de i'Ano&te. Ce fut , du moins , Icffet que cette loge produisit sur mot H y a deux inscriptions , dont l'une est sur la porte extérieure » et l'autre sur la cellule même. Elles sont inutiles pour exciter la surprise et l'indignation du voyageur. ( Noie de lord Bj ron,)

Note S4,pagea65.

Il discutait toujours avec douceur et simplicité.

Lord Byron était un bomme trop extraordinaire ; il rassemblait des contrastes trop divers et trop bizarres , pour n'être

pas l'objet des jugemens les plus opposés. Ses impressions, qni se succédaient avec une grande rapidité , le montraient sous vingt points de vue difTérens : peut-être aussi l'opinion qu'on pouvait se former de lui dépendait-elle beaucoup de l'aspect sous lequel on l'envisageait , des préventions fiivorables on contraires qu'on apportait dans cet examen, enfin du caractère et du sentiment de l'observateur. La lettre que je joins ici renferme un aperçu très piquant du poète et de Hiomme, réunis dans lord Byron. Je me permettrai seulement de ne pas adopter toutes les conclusions de l'auteur, et je ferai suivre les détails qu'il a bien voulu m'adresser, du récit des impressions qu'ils ont produites sur moi.

€ Je semis heureux^ madame) de poiiTinr tous donner « quelques renseignemens pour l'ouvrage que vous préparez « sur lord Byron. 11 est vrai que j'ai passé plusieurs mois dans

• b fodété de ce grand poète, maii, en Tériléy parler de loi

• n'est pas dioee fiuâle. Je n'ai va lord Byron dans aucun de « ces momens déeisifii ^pii vérèlent tovt m canclèfeî ce i|iie •I je sais sur cet homme singulier, n'est que le souvenir de ce « que j'ai senti en sa présence. Comment rendre compte d'on « sowenir ana parler de soi, et comment oser parler de soi « après aToir nommé lord Bjron?

« Ce fat pendant l'antomne de 1816, que je le teneon-

• trai au théâtre de la Scala, à Milan, dans la loge de » « BL Louis de Brème. Je fus frappé des yeux de lord Byron

m an moment où il écoutait un sestetto d*nn opéra de Mayer « intitalé Slena, Je n'ai m de ma m, rien deplns bean ni de m plus expressif. Encore aigoardlndy si je Tiens à penser à « l'expression qu'un grand peintre démit donner an génie ,

• cette tète sublime reparaît tout-à-coup devant moi. J'eus « un instant d'enthousiasme , et oubliant la juste répugnance « qne tont liomme nn pea fier doit aToir à se fiûre présenter « à on pair d'Angleterre, je priai M. de Brème de mlntro- « dnire è lord Byron. Je me troaTai le lendemain à dîner « chez M. de Brème , avec lui , et le célèbre Monti , l'im- « mortel anteur de la BasvigUana. On parla poésie y on en « Tint à demander qoela étaioit les dome plos beaux Tcrt « &its depuis on siècle» en Fkançais, en Italien, en Anglaia,

• Lca Italiens présens s'accor d èr ent à désigner les douze pre- « miers vers de la Mascheroniana (*) de Monti, comme ce « que l'on avait fait de plus beau dans leur langue , depuis cent « ans. Moud Toolat bien nous les réciter. Je regardai lord « Byron , il fat rarL La nnanoe de baulenr, on plutôt Tair « d'un bomma ^ te tnmeamtiràrqiOÊUttr wmimporUaMf

(*) PoioM 4s Woali sar Bomparte , composé en 1801 , k roeession delà ssort da cflibre gë o m ètro Iiorciiso Ifatcberont.

.^54 WOTES.

« qnî àéfÊnit un pea m belle figure» dispunt Imit-à-covp « pour faire place à l'etprenion da bonheur. Le pteimer clmt

« de la MascJœffmiana , que Monti récita presque en cntior , « vaincu pur les acclamations des auditeurs , causa la plus vive « sensation à l'auteur de Childe Harold. Je n oublierai jamais « l'expression diVine de ses tnits^ c'était l'air serein de la n puissance et dn génie, et snrrant moi, lord Byron n'aTmit t « en ce moment , ancone affectation à se rrprotSier.

« On compara les systèmes ti agl(jiies d'Alfieri et de Schiller. « Le poète Anglais dit qu'il était fort ridicule que dans le « Phi^ppe JJ d'Alfieri, don Carlos se tiowAt sans difficulté, <t et dès la première scène, en tète à tète ayec réponse du n soupçonneux Philippe. Monti, si henreox dans la pratique de « la poésie, présenta des argumens tellement singuliei's sur la a théorie, que lord By ron se penchant vers son Toi&in,diteii n parlant de Honti ; He knos^s not how he it a poet, (*)

« Jepas8aipresquetonteslessoîrées,à partir deoejoor,aTec n lord Byron. Tontes les fois que cet homme singnlierétait mon- « té et parlait d'enthousiasme, ses sentimens étaient nobles , • grands, généreux, en un mot au nivcan de son génie, filais n dans les momens prosaïques de la râ, les sentimens dn poète « me semblaient anasi fort ordinaires. H y avait beanooop de «I petite vanité , une crainte contimielle et puérile de paraître « ridicule, et quelquefoLs si je 1 ose due, de cette hypocrisie « que les Anglais appellent cant* 11 meseniblaitipielord Bjron « était toiijonrs prêt à entrer en compromis srree un préjugé, « pour en obtenir une louange.

« Une chose qui frappait surtout les Italiens, c'est qu'il était « facile de \oir que ce grand poète s'estimait beaucoup plus k comme un descendant de ces Byrons de Nonnandie,qui siiiH* n rent Guillaume, lorsde la conquête de l'Angletenne, que conuBe « Tauteur de Pomma et de Zom. J'eus le bonheur d'exdter

(*) (t U ne tait pa« conimcnl il f»t po^lc. n

NofTEs. 355

« «a curiosité , m lai donnant des détails personnels snr Naît j)olc'on vl r»ur la irtraite de Mostoti qui, en i8i^, n ctaiont « pas encore un lion rommun. (.c ^cnrc do mérite me valut m phitieiurs promenades téte-à-téte , (bns l'immense et solitaire « foyer de la Seaia, Le grand bomme apparaissait nne demie ■ benre chaque soir , et alors c'était la pins belle conversation

• que j'.'iie renrontrvo <lr ma vie; un volcan (ri(lt ( > iiruvrs et « de sentimens généreux , tellement mêlés ensemble qu'on « croyait goûter ces sentimens pour la première fois. Le reste

• delà soirée, le grand bomme était tellement jingiais et « êorrif que je ne pus jamais me résoudre à accepter Tinvita- « lion d'aller dînor avor lui, qu'il rcnouvrl.iil (jurhjucfoiN. Jl « composait alors Childc Harold; tous les matins il écrivait « cent Ters cpi'il réduisait le soir à vingt ou trente. £ntre m n deux travanx il avait besoin de repos, et il trouvait cette n dbtraetion nécessaire en bavardant après dtné les coudes sur

la table, et disait-on, avec le naturel le plus aimable.

*» Je remarquai que dans ses inomeiis de f;< nio , lt)rd Bv- « ron admirait Napoléon, comme Napoléon lui-même adroi- « mit Corneille. Dans les momens ordinaires où lord Byron se « croyait un grand seigneur, il chercbait à donner des ridi- « eules i Texilé de Sainte-Hélène. H t •▼ait de IVnvfe chez lord •« Byron pour la partie brillante du raractère de Napoleon ; ft SCS mots sublimes le vexaient; nous lui donnions de l'hu- •« menr en rappelant la lamense proclamation à Tarmée d'Ê- « gypte : Soldais , softgez que du haut de ces pyramides qun- N rame siMes wms eontempieni. Lord Byron eAt pardonné n plus facilement à Napoléon, s'il eût eu l'apparence un peu M plate de Washington. Ce qu'il y avait de plaisant, c'est que a oe n'était point du tout la partie despotique et odieuse du <« ear de Napoléon qui heurtait le pair AngUis.

« Un soir comme lord Bynm me faisait llionnetir de !«e pro- M mener aver «ihm , (l.in> l'immense f»»yer de l.i Sr/ihi, nu \iiir M raverlir que l'officier autrichien de (;ardc au théiUre, \c-

« nait de UArt anéter aoii Mcrétairey M. PoUdori , inédecÎB ,

« qni était auprès de lui. La figure de lord Byron prit sur- le- «t chflmp une ressemblance frapjiante avec celle de Napoléon « lorsqu'il était en colère. Sept ou huit personnes l'accompa- « gnèrent an coipa-de-garde } il y fat magnifique dlndignatiott m coïkleniie et d'énergie, pendant une benre que dora la oo- « 1ère vulgaire de l'officter de garde. An refoor dans la loge de « M. (le Brt^mc , on se mil à faire l'éloge ties ]>rincipe$ aristo- « cratiquescpii d'ordinaire étaient fort du goût demylord Byroa. « Il fut sensible à la plaisanterie, el sortit de la loge furieux» « mais sans s'être jamais écarté du ton d'une poUtesie paiftite. « Le lendemain , le teerélaire fiit obligé de quitter Milan.

« M. de Brème m'engagea peu après, à conduire Içrd By- « ron au musée de Brrra ; j*admirai la profondeur de senti- « ment , avec laquelle ce grand poéto comprrnail les peintres « les plus opposés : Raphael , le Guerchin , Luiiii y le Ti- « tien, etc. VJgar renvoyée par Abraham , du Guerchin, Té- « lectrisa ; de ce moment l'admiration nous rendit tous mneis; « il improvisa une beure, et mienzy suiniitmoii que madame « deStaèl.

« Ce qui me fmppait le plus dwi cet bonme tingoliert

« surtout quand il disait du mal de Napoléon , c'est qu'il n'a< « vait , selon moi du moins, aucune véritable expérience des « hommes : son orgueil , son rang, sa ^oire l'avaient f p^Hf « de traiter jamais d'égal à égal avec eux. Sa bantenret sa mè- « fiance les avaient toujours tenus à une trop grande distance , « pour qu'il pÀt les observer; il était trop accoutumé à ne pas « entreprendre ce qu'il ne pouvait pas emporter de haute lutte. « £n rey a nche on admirait une foule d'idées fines et justes si l'on « venait à parler des femmes qu'il connaissait, parce qu'il avait n eu besoin de leur plaire et de les tromper. Il plaignait let « femmes anglabes , celles de Genève, de Neufchatel, etc. U u manquait au géuic de lord Byron de s'être trouve dans la

I^OTJiS.

« nécessité de négocier -«t de dimler avec des égaux. Je tais « conTsincD , qu'à son retour de Grèce , ses talens eussent paru

« toiil-a-coup praiulis tic iiioilic. Eu cherchant à mcllrc hi ]>ai\ « entre Mavrocorilalo et Colocotroni^ il eût acquis des con- « naisMUoes positives sur le cœur Immatn. Peut-être alors « lord Bjron eûl-il pu s'élerer i la hauteur de la Traie tra* « gédie.

'« Jl aurait eu moins de inoincns de niis;inlhropic; il n'eût « pas cru toujours, que tout ce qui renviroimait s'occupait de « hii, et s'en occupait pour Cuire de l'envie, ou chercher à le « tromper. Le fond de misanthropie de ce grand homme avait « été aigri par la société anglaise. Ses amis observaient que « plus il vivait avec des Italiens, plus il devenait heureux et « bon. Si Ton met l'humeur noire à la place des accès de co- « 1ère puérile, l'on trouvera que le caractère de lord Byron « avait les rapports les plus frappans avec celui de Voltaire.

« Mats je m'arrête pour ne ]his lâire une dissertation. Je « vous demande panlon , madanu-, de ces considérations j^'é- « né raies 9 j'aurais bien voulu pouvoir les remplacer par des « foits; sept OU huit années d'intervalle les ont bannis de ma « mémoire y et je n'y trouve sur lord Byron, que les conclum sions que dans le temps , je tirai des faits mêmes. Je m'esti- « nierai fort heureux , madame, si vous voulez, bien accueillir m avec bonté, cette espèce de portrait moral, et voir dans ces « pages écrites à la hâte , une preuve 4u respect profond avec « lequel j'ai l'honneur d'être, etc. ». H. Bbtlb.

Lord Byron en parlant de la morale, affectait souvent une gnindc austérité de principes, et conmie sa conduite n'était p.is toujours d accord avec ses doctrines , il était assez naturel de ne voir dans ce langage qu'un mélange d'hypocrisie et d'affectation , mais il est probable qu'on se trompait. Comme tontes les Ames nobles et élevées , il aimait et sentait le bien : il en parlait avec clialeur; peut-être nu-iac que ses é^mcmens, dont il connaissait parfaitement les suites et le dan-

358 yoTFs,

ger, naunaient son amour pour la vertu; el alors il eatimait jwsqa» aux préjugé qu'il regardait comme des garanliet de Tordre social et du bonheur individuel.

Quanl a rdi^uoil du lanj; et dv la naii>i».ince , peut - être n'avait - il pu s'alïranchir des idées «l'aristocratie que tout noble anglais nourrit dès l'enfance. 11 y avait, d'ailieun* dans les souvenirs de ses aïeux et de leur destinée aventureuse ,un attrait poéticpie et pittoresque tout paissant sur son imagination. Mais s'il avait des petitesses comme homme , il s'en dépouillait dès qu'il redevenait poète. Lorsqu'il planait au-dessus de la terre , les petites distinctions de la vanité, les monumens de l'oiguelly tout s'effiiçait à ses yeux; ou s'il distinguait de loin les grandeurs humaines qui pèsent sur le monde, c'était pour en fiiîre le but de ses trails foudroyans ; et alors loin d'èlro trop aristocrate, il était trop nivcleur.

U me semble naturel que lord Byron enviât à Bonaparte , non pas l'éclat de son règne » mais les chances qu'il avait eues. Lord Byron sentait que son génie était égala celui du con- (juerant de l'Europe, et peut-être avait-il une âme plus digne de la j)uissancc. En écoutant parler dos exploits et de la gloire de Napoléon, il se disait : « ht moi aussi Je suis grand homme ! >» A la place de Bonaparte » je crois qu'il eût mieux ùàl que lui : j'en donnerai pour preuve son admirable conduite en Grèce , qu'on trouvera développée dans le second volume de cet ouvrage , et le jugement qu'il a porté de Napoléon en i8aa. (*J

Noie 35 9 page a^S.

li sembla preudre le plaisir pour idole.

Les torts de lord Byron , à cette époque de sa vie, sont de nature à ne pas trouver place dans cet ouvrage. J*ai reçu , an

{*) Ce jugemciil <|ttt u*a jamaitiflé traduit en fiançait, pai attra dan* le second valuine.

MOTES. o:>9

sajet d^ine liaison qu'il a eue en Italie, beaucoup de notes, de rcnscignemens et de détails fort curieux comme mœurs ; mais je m'alMtiendrai d'en faire usage , d'alM)^ parce qu'ils compraoMttnîent des penomics vi^antes » ensuite parce que je desire éviter toute espèce de scandale. Je ne prétends point nier les torts de lord Byron: il en eut sans doute beaucoup ; mais il est assez pénible et assez triste d'être obligé d'en convenir, sans qu'il Êiille encore s'appesantir sur -des circonstances qui ne peuvent qu'affliger ceux qui honorent le génie. C'est l'Ame, l'imagination» le cmur du grand bomme que j'ai eher* ché à peindre tels que je les ai compris , et en écartant les nuages tpii ont pu quelquefois ternir l'éclat de ses brillantes facultés.

Note 36, page So6.

Cependant on ne saturait nier le rapport qui existe

entre certains passages du j)oènie et certaines circonstances de la vie de lord Byron.

Parmi les torts nombreux qu'on lui a reprocbés , il en uTOuah un , c'était de s'être yvwti -nt emporté une fob contre sa femme. Lord Byron se promeiiait de long en large dans

son salon avec humeur. Sa femme le voyant triste et chagrin, & 'approcha de lui et lui dit : » jBjron, am I in jour way? » Ce qui signifie y i-peu-près : Suis-je un inconvénient dans TOtre Tie» Byron ? Cédant à un emportement déjà ezdté par les tracasseries et les reproches de quelques-unes des personnes qui entouraient lady Byron , il répondit : « DamnMjr! * I>amnablement !

11 parait que ce fut environ un mois après les couches de lady Byron que la mésintelligence éclata entre les deux époux, cl cqiendantysi l'on en croit des' témoins oculaires, ils étaient ertcore à cette époque très attachés l'un à l'autre. Le docteur J.^ivman, médecin et aua tic la maison, trouva un jour lady

36o JfOTES.

Byron occupée à visiter on petit coffre qui renfemait des

lettres et (livei*s écrits de son mari, qTi'elle lui dit ^Ire ce qu'elle avait de plus cher au inonde. Lord Ilvroa eut aussi un entretien avec le docteoTy après tout l'édat de Ja séparation, et lui témoigna son regret de ce que les choses aTaient été poussées si loin. Les amis et les parens de sa femme l'accu* salent d'avoir introduit dans sa maison pendant les couches de ladv Bvron, Mistriss Mardvn, actrice de Drurv-Lane : on ajoutait qu'il avait vécu d'une manière dissipée et fait plusieurs parties de plaisir pendant la maladie de lady Byron, oe que le docteur Layman aflirme être de toute fimsseté. Pendant un mois entier lord Byron ne sortit que deux fois : l'une pour aller diner chez P.in v, propriétaire du Moming-Chronicle, et l'autre , pour assister à une séance du comité de Drury- Lane dont il était membre.

Lorsque le procès était d^à entamé , et l'affidre remise aux hommes de loi de Doctorr-Commtms, quch^ues amis pensèrent que toute réconciliation n'était pas encore im])ossib!e. Le docteur Layman eut alors une entrevue avec le père de lady Byron, sir J. Noël Milbank , et lui représenta que les esprits n'étaient pas assez aigris pour qu'on ne pût espérer de Cuve renaître la paix. H insista sur l'attachement mutuel des deux époux , sur l'impétuosité du caractère de lord Byron , sur les regrets qu'il avait témoignés du parti qu'avait pris sa femme. Sir J. Moël Milbanà reçut cette ouverture avec plaisir, et se montra disposé à tout ùm pour amener une heureuse réconciliation. Malheureusement , au milieu de cet entretien survint la gouvernante de lady Byron, Mistress Clermont, que depuis lord Byron a si énergiquement dénoncée à l'indignation publique dans son Estasse d'une ^ie privée. (Voyez page 75.) Elle exerçait, à ce qull semble, un empire dc^wtique sur tonte la fiuniUe de lord Bvron , et dans ce dernier ces son influence suffit pour changer toutes les dispositions btenvetllantes de sir J. Milbauk. 11 s*eropressa de l'instruire du sujet

NOTES. 36 f

de I4I conversation , et des espcrances qu'il avail conçues : loin de U partager y elle s'écria, qiCil ne fitUait pas penier à un rapprochenient ; qa*U était trop tard ; ifoe Talbire déjà portée aux Docta/V'Commttm était trop avancée pour <|Q*i] y eèt

moyen de reculer. Bref, sir J. Milb.mk renonç.i à son -premier projet, et la démarche du docteur Layman n'eut aucun résolut.

n paialt que tout l'ensemble de la fiunille de lady Byron ne eonvenait pas du font an caractère et amc liabîtndes de son

cpoiix. Aussi lord Byron fiit-il d'abord refusé lorsqu'il demanda miss Milbank en mariage. Mais c'était une conquête flatteuse 9 et Ton consentit à receroir ses soins, et même, si l'on en croit le noble poète, à correspondre avec lui. Il employa tout son art et font son esprit à tirer parti de cet arantage, et parvint à se faire agréer. Cinq ou six ans après, il disait au capitaine Medwin , en lui parlant de sa première entrerue avec lady Byron et des circonstances de son mariage. « Miss Milbank avait un air simple, modeste, un peu affecté, mais qui me sédnisit. Je fus d'abord rdnsé, pms elle m'offint d'avoir avec moi une correspondance d'amitié.

n Je n'ai jamais été au&si gauche que le jour de mon mariage; je balbutiais, je disais non pour oui, et après la cérémonie j'ap« pelai encore lady Byron miss Milbank, (*) H y eut une singulière histoire an snjet de la bagne de mariage. Le jour même où notre union fut arrêtée, le jardinier de Newstead- Abbey trouva , en creusant la terre, une bague de ma mère, depuis long-temps perdue. Je crus qu'elle m'était euToyée pour la cérémonie ; mais le mariage de ma mère Savait pas été beuveux, et cette bagne était destinée à être le sceau d'unie alliance plus malheureuse encore, etc. •«

Lord Byron se plaignait d'avoir eu à souffrir mille petites

(*) Voyez page a8a la manière poétique dont tord Byron a rendu cette aensation dans le Révt •

362 KOX£&.

tyFumies et mille vexations. Mau il Tirait au milien de pcr> sonnes d'nne reIij*ion austère, soumises à toutes les convenances du monde qu'il dédaignait, et dont il aimait à s*afliancfair. 11 avait dans sa propre maison ime ennemie pcnoonelle qni possédait tonte la confiance de sa fomne. C'était plus d'élémens de malheur qu'il n'en ÊilUit pour toonnenter un homme irritable. Du reste, la cause de la mésintelligence de lord et de lady Byron est, je crois, toute entière dans leur caractère. £levés tous deux en enfans gâtés, ik ne savaient ni commander à leurs passions, ni supporter la moindre contrariété, n j avait en aussi, de part et d'autre, plus de vanité que d'amour dauf leur union , et cela seul suffisait pour Tempoisonner.

Il est difficile au reste d'asseoir un jugement sur ces querelles intérieures. Il est probable que les torts étaient souvent réciproques.

Note 37 , page 3 1 o.

11 S était dëjàélevë avec fureur œntre i éditeur de Pope, dans les Bardes anglais et les critiques écossais.

Lord Byron avait tourné M. Bowles en ridicnle comme poète

et comme éditeur: il l'avait abîmé d'invecliv»\s dnns son poème. Lorsque rot ouvrage parut , M. Bowles n'en témoigna aucun ressentiment, et , quelques années après , ayant rencontré lord Byron chez M. Rogers (*) , et la conversation étant tombée snr ses oavragesyil se borna à relever une erreur littéraire que lord Byron avait hâte en le critiquant. Dn reste , à cettr époque- là , lord Byron avait arrêté l'impression de sa satire des Bardes anglais et des critiques écossais : il regretta plus d'une fois de ravoir publiée, et je crob qu'en la supprimant, |1 obéit autant à son propre désir qu'à celui de M. Rogers , qui passa pour

(*) Auteur des Pimidn de tm Mémmr;

AToir obtenn de loi ce ncrifioe. Son dernier soin en q[aittuit Londres pow toiqoony lors de sa séparation d*aTec lady 3yron , Ait de signer une procnration à M. Bfmv

ray, éditeur de ses œuvres , pour l'autoriser à prévenir ou arrêter toute réimpression de ce poème en Angleterre y en Ecosse et en Irlande. U arait d^à voulu le retirer de la drciilation après la première édition , nuds, le bruit s'étant répandu qu'il ayait cédé à la crainte de se fidre des ennemis puissans, il le fît aussitôt reparaître avec son nom qu'il n'y arait pas mis d'abord. Il a souvent rétracté , dans plusieurs de ses ouTrages , quelques-unes des opinions qu'il avail aprimées dans ce Tirulent écrit.

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