‹ Lord ByronChapitre 115 sur 116 · ROTES · texte numérisé non relu

ROTES

La Tue de la Suûm et de ms fîtes pittoreaqnes exerça une tnfloenoe înmiense sur l'imagination de lord Bjron , et oontri» bna beanoonp à calmer ses chains récens. Il habita Clarens

pendant deux mois. Un de ses principaux amusemens était de côtoyer, dans un bateau à loi , les rives du lac de Genève : il vivait fort retiré. M. Pictet et M. fionstetten étaient presque les seals Gènevois qnll reçût: encore assnre-t-on qu'on joor OÂ il les avait invités à diner, il alla par eao à Chilien , laissant à un compagnon de voyage , qui demeurait avec lui , le soin de rezcaser et de faire les honneurs de la table. Une autre fois» il se rendit dans une maison , pour y passer la soirée; mais, ayant trouvé le salon rempli d'étrangers , il sortit et retourna chez lui à pied, en suivant 1rs bords du lac. Il se fit présenter à madame de Staël , et, quoique son humeur , alors très mélancolique , Tempéchàt de jouir souvent de la société d'une femme dont le génie , presque l'égal du sien , embrassait , avec la même chaleur, la grande cause de la liberté , et des principes propres k la feîre renaître , il sut apprécier et juger l'auteur de Corinne. Il dis;iit que, ( omrnc femme , elle était le premier écrivain de sou siècle , et peut-être de tous les siècles. 11 rendit aussi hommage à ses vertus privées y dans une note de Childe Harold f qu'il écrivit an moment de la mort de madame de Staël. {*)

(*) Quelc|u'une des personnes que les charmes d'un esprit sans afrcdation et {l'inie aiinal)lc; lios|)italitc attiraient ^lans les eercles de Coppct , devrait sanver de l'oiihll les vertus privc es de Corinne; il faudrait , non pas célébrer, mais dépeindre Taimable mattresse d'une maison toujours ouverte , Tàme d'une société toujours variée et toujours heureuse , et dont le créateur , dépouillé de l'aoïhition et de l'artifioe des rivalités publiques , semblait ne briller que pour renouveler sans cesse la vie de ceux qm l'entouraient» Mère diéne de sesenfimsi et lesainsant avec tendresse, amie capable d'une générosité sans bornes , mais toujours raisonnée ; patronna charitable

i^*ndant son séjour en Suisse » il recueillait , dans un journal, toutes AM imprcftsions. Ce sont let croquis d'un gnnd peintre , en hce des merreiiles de la nature : tout ce qu'il ▼oyait saiaiswit son âme. Les contrastes et les ejqpressions poétiques s'ofiratent à lui avec une étonnante richesse ; les mots, qui se succèdent au hasard et presque s;ins suite , sont pleins d'originalité et de poésie. On y trouve aussi cette ardeur, cette émotion , qu'éprouvait lord Byron devant de sublimes aspects. Voici quelques fragmens de ce journal , publiés en Angleterre , en i8aa , dans des Mémoires sur lord Byron, qui ne renfeiTuenl du reste rien autre chose d'intéressant

[il SF.PTF.MBRF. 181G.) (*) «Laissé Tliun dans un l).itrau qui nous tit traverser le lac dans toute sa longueur en trois heures — Lac petit — Rives belles. — Rocher» descendant jusqu'aux bords de l'eau. — Débarqué à Newbouse. — Passé k Interlacben. — Parcouru une suite de sites au-dessus de toute descriptioUi et de tout ce qu'on a pu imaguier. — Passé prcs

de tous les malheureux , elle vivra toujours dans le corar de eemt qu'elle a chéris, nourris ou protégés. Sa perte sera surtout sentie dans les lieux où elle était le plus connue. Qu'il soit permis à un étranger de mêler un regret sincère et déûntéressé ^ à l'affliction de Mt nombreux amis, et de ceux plut nombreux encore qui étirent part à ses bienfaits. Au milieu des scènes toblimes que m'offrait le Léman » mon plnsgrandbonhenr lot de pouvoir admirer et oonnaitre les belles qualités de l'incomparable Gorimie.

(*) Je joins ici le texte anglais, parce qu'une traduction ne rend qu'iniparf.iitenieril sa hrit'> été , et qu'il sera sans doiitr intéressant pour le lecteur de trouver ici ces notes telles qu'elles sont sorties» de la plume de lord Byron.

(sEPTF.MHFR îi, i8r'). ^ Left Thun in a boat , whicli carried u<» the len^^th ol ilie lake in three hours. — The lake small , hut the banks line. — Rocks down to the water's edge. — Landed at >»t:wrfaonse. — Passed loterlacbeo. — Entered upon a range of scenes

d'un rocher, portant nne inscription. — Deux Avères L'un ;issassiiia J'autre. — Juste le lieu pour ce meurtre. — Après beaucoup de détours , arrivé à une roche énorme , au pied de la montagne (k Jungfiran). — Gkcien — Torrent ^L'nn de ceox-ci a nenf cents pieds de chute visible. — Logé chcx le Goré. — Parti pour voir la vallée — Entendn nne avalandie tomber comme la foudre ! — Glaeiei*s énormes. — Survenn un orage — Du tonnerre, des (''clairs et de la grêle! — Tout cela en perfection et admirable. — Le torrent décrivant une courbe au^esnis du rocher, ressemble , par sa forme , à la queue d'un Aeval blanc , que le vent fidt flotter. — Comme on pourrait concevoir celle du cheval pâle , que monte la mort dans l'Apocalypse. — Ce n'est ni de l'eau ni du brouillard, mais quelque chose qui participe des deux. — Son immense hauteur le disait onduler, ou décrire nne courbe : ici il s'étendait en nappe , là il se condensait. — Effet merveilleux — impossible à décrire.

«(23 SEPTEMBRE. ) Monté sur le Wingren. — D'un côté la Déni d' Argent ^ brillant, comme la vérité ; de l'autre , les nuages

beyond all deicrqition or prerions conception. — Pasted a rock bearing an inscription: — Two brothers — One mnrdered the other — Jnst the place for it. — After a variety of windings come to an enormous rock — Arrived at the foot of the mountain (the Jungfrau ). — Glaciers — Torrents — One of these nine hundred leet visible descent. — liodge at the curate's. — Set out lo see the ▼alley — Heard an Avalanche fall like thunder ! — Glaciers enor* mous — Storm came on — Thunder and lightning and hail 1 — All in perfection and beautiful. — The torrent is in shape, corring over the rock, like the tail of the white horae streaming in the wind — Just as it might he conceived would be that of the #Pa1c Hone,* on which Death is mounted in the Apocalypse. — It b neither mist nor water, bat a something between both. Its immense beigbt gives it a ware , a cmve , a spreading here , a condensation there;— Wonderful — indescrihahle.

35o MOTES.

s'âeraiait de U vallée oppoiée » te déimilaiit en piécipîoes

perpendiculaires, comme YéatmedeFùeiandes enfers pendaM une haute marée! ! ! — C'était blanc, sulfureux , et en apparence d'une profondeur impénétrable. — Le côté par lequel nouamontioiu n'était pas , à beanooiip pfèsy aussi escarpé; mais y en aimant an sommet» nous décon^rtmes» de l'anlie c6léy audessous denons, nne mer bonillonnante de vapeurs et de nuages , qui venaient se briser (outre le roc sur lequel nous étions.

t Arrivé au Grindelwald ; monté à pied et à cheval jusqu'au plus haut glacier. -^Crépuscule — mais distinct — Très beau. — Glacier semblable à un ouragan glacé an milieu de sa Inreur. — Clarté des étoiles, fort belle. — Toute la journée, le temps a été aussi beau que le jour où le ï*aradis fut créé. — Traversé de» bois entiers de sapins flétris — Tout flétris — Troncs dépouillés et sans vie — L'oeuTre d'un seul bi^er. > ^

Les élémens du génie de lord Byron sont là : on y Toit ces impressions vives et profondes , qui , plus tard , doivent s'exhaler en beaux vers. On sent aussi (luc son âme a besoin de répandre au-debors les émotions qui ropprcs&enL A travers diaque mot , on entrevoit une foule d'images et de pensécs.£e

( sKin FMiiFK a3. ) Ascent <»n tlu' Wingren. — TheDrwr tf Argent , shilling , like Truth , on the one side ; on the other, the doiid* ro'X from the opposite valley, curling in perpendicular precipices, like the foam of the Ocean of hell during a spring-tide ! 1 — It was white and sulphury, and immeatorahly deep in qipearance. The side we ascended was of oourae not of so predpitons a nature ; but on arrhring at the summit, we looked down on the other side, upon a boiling sea of dood, dashing against the crag on which we stood.

• Arrived at the Grindelwald ; mounted and rode to the highn glader — Twilight — But distinct — Very fine. — Glacier like a frozen hurricane. — Star-light , beautiful. — The v^ hole of the day was fine in point of weather, as the day in which Paradise was made ^Passed whole woods of withered pines — All withered — Tranks dripped and lifeless — Done by a single winter ! •

NOTES. 35 f

qa'il dit de la diiite du torrent est le gorme d'une admirable

description dam le second acte de Manfred.

Note 3o, page Sparte a plusieurs Hls plus vertueux que lui.

Réponse de la mère de Brasidas à des étrangers qui kmaîenl

son fils.

^ote il »page 261.

Puissante Némésis!

La Némésis des Romains était sacrée et auguste : on lui avait dédié y sur le Mont Palatin un temple 9 où on Tadorait sons le nom de Rhamnnsia. Les anciens ayaient tant de pen> chant à se confier dans les rérolntions des ëyënemens, et à croire à la divinité de la fortune , que , sur ce mt'nie mont Palatin, ils aTaîent consacré un autre temple à la fortune du jour. Cette «nperstition est celle qui a conservé le plus de puissance sur le cœor horoain : comme elle ooncentre sur un seul objet la crédulité si naturelle à l'homme , on la voit toujours agir avec hoiiucoiip de force sur des esprits qui ne sçntpas emhai rassés par d autres articles de foi. Quelques antiquairea ont cm que Bhamnnria était la même déesse que la fortune, on la destinée ; mais c'était comme déesse de la vengeance, qu'on l'adonât sons le nom de Némésis. ( Note de lord Byron.)

Note 3a, page 9160.

Ln poids qui écrase tût ou tard.

Blarie périt sur Tédiafiind; Elisabedi monmt de donlenr; Charles V mourut ermite , Louis XIY, banquetontier d'argent

et de gloire \ Cromwell mourut d'inquiétude; et {^the fp-catcst is bvhmd ) Napoléon vit prisonnier On pourrait ajouter, à cette lisie de souverains , une longue liste d'autres noms également illustres et malhenrens. (iVble de lord Byron,) (•) Efi 1817.

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