‹ Lord ByronChapitre 12 sur 116 · A FRAGMENT · texte numérisé non relu

A FRAGMENT

When, to tlieir airy hall, my Fathers* voice Shall call my spirit^ joyful in their choice; When, pois'd npoa the gak, my fonn ihall ndc. Or, dark in mist, descend Ae moantain'e tide; Ob! may my shade behold no sculptured urns, To mark the spot where earth to earth returns : No lengtken'd seiolly no praiie-encumWd stone; My epitaph shaUhemy name aioM:

If that with honour fail to crown my clay, Oh! may no other fame my deeds repay; TW^ooly ihat, shall tingle out the spot.

By diat remember'dy or with that forgot.

3a LOAD BYAOJir.

hes Heures d'oisà'eté furent criticjuées avec amertume dans la Revue d'Edimbourg, qui était alors l^oracle de FAngleterre. Elle tourna en ridicule Fauteur et son ouvrage. Peut-être ce premier désappointement ezerça-t-il une grande influence sur la vie de lord Byron. 11 en fut profondément blessé. Son âme, encore jeune et confiante, desirait l'e.^itime des hommes, et il se voyait traité par eux avec une sorte de mépris. On attaquait son entliousiasme parce qu'il dépassait quelquefois le but. On lui ôtait ses plus chères illusions. Ce qui eiit découragé tout autre , lui redonna une nouvelle énergie. 11 répondit à l'article de la Revue d'Édimbourg par l'amère satire des «Bardes anglais et des Critiques écossais Q. » C'était l'œuvre d'un grand maître. Jamais on ne déploya plus de verve et plus dapreté. Personne n'y fut épargné, ni grands, ni petits : il les nivela tous sous son fouet vengeur. Il se montra indépendant des hommes d'une manière effrayante potir eux. On eut dit qu'il avait pris pour devise : « Puisque je n'ai pu leur plaire, je veux du moins les iaire trembler. » Le génie que dévoilait sa vengeance en agrandit la cause. On eut peur de ce gigantesque amour-propre qu'on ne pouvait offenser impunément.

Pendant son séjour à Newstead-Abbey, il revit miss Cbawortb. Tous ses souvenirs se liaient à

(*) English Baréê mti ttùtch reviei^tn»

CHàPITRE TROISlj^R. 33

cette amie de son enfance. 11 souhaitait ardemment TaToir pour compagne , mais elle ne l'avait aimé que comme un frère ; son cœur était tout entier à un autre. Malgré la perte de ses espérances , il consenra toujours pour elle une profonde tendresse. Les pièces de vers qu'il lui adressa ont un sentiment- de pureté et une douce mélancolie. Long-temps après, il écrivit le Bcve, l'une de ses plus admirables productions et Thistoire fidèle de ce premier amour (*). Il est impossible de méconnaître lord Byron dans le jeune homme a à Tàme ardente », et la douce Marie dans la belle jeune fille , M seul et dernier rejeton d'une race honorée depuis des siècles (**). » U s'est plu à retracer jusqu'aux lieux qu'ils habitaient ensemble : la colline « couronnée par un diadème d'arbres , » l'antique oratoire, ne sont pas des créations du poète ; ils existent à Newstead-Abbey,

Peut-être fut-ce à la suite de ce refus que lord Byron chercha des distractions dans les plaisirs. 11 se rendit à Londres et y mena une vie très dissipée; puis, il revint s'enfermer dans son antique château. 11 y vivait presque toujours seul , n'ayant pour compagnon qu'un chien de Terre-Neuve, qu'il aimait beaucoup, et auquel il fit élever un monument avec cette inscription :

{*) Le mie «t b tnduerîon tont i la Sd du Tolume. (**) M iM Chavorth ëlaii cSeetivcment le dcniicr deicen^nt ^uoc naiioa Uliitire.

« Quand un orgueilleux fib de Thomme , inconnu

a la gloire , niais élevé par sa naissance , retourne en poussière , l'art du sculpteur épuise la pompe de la douleur, et des unies fastueuses annoncent que là repose un grand. On inscrit ensuite sur sa tombe , au lieu de ce qu'il fut, ce qu'il aurait dû être. Mais un pauvre chien, le plus fidèle des amis tant qu'il existe , le premier à fêter notre retour, le plus prompt à nous défendre ; dont le cœur appartient tout entier à son maître, qui travaille, combat, vit, respire pour lui seul , expire sans honneur. Son mérite est méconnu : on lui refuse au Ciel 1 ame qu'il avait sur la terre; tandis que l'homme , orgueilleux insecte , espère obtenir son pardon , et réclame les cieux pour lui seul. O homme ! faible vassal d'une heure , avili par Tcs-

When some proud son of man returns to eartk, Unknown to gbry, but upheld by birth.

The sculptor's art exhausts the pomp of woe.

And storied urns record who rests below; "When all is dune, upon the lomb is seen, Ifot what he was, but what he should have been : But the poor dog, in life the firmest friend. The first to welcome, foremost to defend, Whose honest heart is still his master's own , Who labours, fights, lives, breatlies for him alone, Unhonoured falls, unuoticcd all bis worth, Denied in heaTen the soul he held on earth :

While man , Tain insect ! hopes to be forgiven , And claims himself a sole exclusive heavcu.

CHAHTIIE TROISIÈME. 35

davage ou corrompu par le pouvoir, quiconque te connaît bien doit te quitter avec dëgoât. Amas dégradé d une vivante poussière ! ton amour n'est que la licence, ton amitié qu'un fiiux 8einblant;te8 sourires de niypocrisie ; tes paroles un continuel mensonge. Vil par ta nature , noble seulement par ton nom , duque animal que tu méprises pourrait te fcire rou^ gîr de honte. Vous, qui , par hasard, contemplez cette urne modeste , passez..... £lle n'honore personne que tous veuilliez pleurer. Ces pierres furent élevées sur les restes d un ami. Je n'en connus jamais qu'un, et c'est ici qu'il dort. »

Ces vers sont peu remarquables, si ce n'est par le sentiment de misanthropie qui semble les avoir dictes. A peu près à la même époque, il fit faire une coupe d'un crâne trouvé dans le cime-

man ! Tbon leebJe tensiit of an Iioiir, Bebsied hj ûtytij, or corrapt hj power, Wfco knows diee well must quit iliee with disgust. Degraded mass of animated dust !

Thy love is liut, thy fnendihip all « cheat , Thy imilei hypocrisy, thy words deceit!

By natore Tile, ennobled hut by name.

Each kindred brute might bid thee blush for shame. Ye ! who perchance hehohl this simple lam^ Pass on— <ît hoDOttrs none yon wish to monm : To mark a iricnd's remains these stones arise, I nerer knew hot one, and here he lies.

NeumUad Ahbty, October So, 1808.

36 IXIR]> BTROir.

tière de Tabbaye de Newstead, et il y fit graver cette inscription y mélange bizarre d'ironie et d'insouciance.

Lignes inscfites sur une cotipe^/brmêe dun crâne,

a Ne tressaille point ne crois pas que Tesprit

qui m^animait soit enfui. Vois en moi le seul crâne, bien différent en cela d'une letc vivante, doù découle toujours une source qui jamais ne fatigue , et qui jamais n'ennuie.

«Je vécus, j'aimai , je bus à longs traits comme toi ; je mourus. Que la terre te cède mes ossemens. Remplis jusqiu s aux bords Tu ne peux pas me souiller:

le ver est plus impur que toi.

« Mieux vaut contenir le jus pétillant du raisin que de nourrir cette race hideuse ; et , arrondi en coupe , renfermer le breuvage des dieux, plutôt que la nourriture des reptiles.

Start not— nor decn mj spirit ied :

In me behold the only skull , From which , unlike a living head.

Whatever flowi it never dull.

I lived, I loved, I quaW like tliee ; I died; lei earth my bones resign :

Fill up — ^thou canst not injure me; The worm hath fooler lips than thine.

Better to hold the sparkling grape.

Than nurse the earth-worm's slimy hrood;

And eirde in the goblet's shape

The drink of gods» than reptile's food.

CUAPiTAf. TROlSliCME. 3^

c( Qu'ici où peat-étre jadis moo «prit a brillë, j^aide à ranimer la verve de& autres , hélas l quand tous les fibres déliés de la pensée sont anéantis , quel plus noble remplaçant que le vin !

c Bois, tandis que tu le peux encore... Lorsque toi et les tiens auront passé comme moi , une autre géné* ration t'arrachera peutrétre aussi à la terre, et, au sein des festins et des chants, se réjouira avec les morts.

a Pourquoi non ? puisque à travers le jour si court , si fugitif de notre vie, nos têtes produisent de si tristes effets; sauvées des vers et de la poussière destructive, la plus belle chance qui leur reste est encore d'être utile, »

On jugea comme des fiiutes graves ces bizarreries qui n étaient que les caprices d uu cœur malade et

Wliere once my wit, perckanc^», hath shone, In aid of others' let me shioe;

And when, alas ! our brains are gone , W bat nobler substitute than wine !

QuafT while Aon canst— another race.

When thoo and thine like me are sped ,

May rescue thee from earth's embrace, And rhyme and revel with the dead.

Why not ? since through life's Hide day

Our heads such sad effects produce ; Redeemed Irum worms and wasting clay.

This chance is theirs, to he of ose.

JiewsUad Abbey i 1808.

is LORD SYKOH.

d'une imagination exaltée. Lord Byron passait continuellement d'un excès à un autre excès. Tantôt il fuyait les hommes, tantôt il recherchait les plaisirs avec ardeur. Cependant, malgré l'activité de ses ennemis à lui découvrir des torts, on ne l'accusa jamais d'avoir cherché à séduire une jeune fille innocente, OU d'avoir troublé le repos d'un ménage. 11 est vrai qu'une femme mariée afficha pour lui une passion scandaleuse, et qu'irritée duméprisdont, au hout de quelque temps, il paya ses avances, elle écrivit un roman , où elle le dépeint sous de hideuses couleurs. Mais le public, malgré ses préventions, fit justice de Fauteur et du livre Q.

(*) Glctiarron.

CUAPITAE QUAIRIKME.

Page 1