CHAPITRE QUATRljr.]II£. 5l
ne l'eussent souillée. Plein d'orgueil et de vengeance, il dédaigne le genre humain, et n'y voit que des hypocrites. Cependant, Famour de la gloire le tourmente : il ne peut plus le placer dans la vertu , il le met dans ses con([uètes; niais il n'a pas l'insouciance qui permet d'en jouir. Le type de ce personnage, si souvent reprotluit par lordfijron, semble être Tarchange déchu. Ses héros ont h même grandeur, la même ambition ; ils se débattent comme lui sous le poids d'une malédictian terrible.
Le poème du Corsaire abonde en faits et en sombres images. L'assaut du palais, la nuit de la prison, l'apparition de la sultane et sa terrible rencontre avec le corsaire après l'assassinat, tout bit tableau et se dessine à l'œil. La versîtication est solennelle. C'est la mesure de l'ancien vei s héroïque des Anglais; il a dix syllabes, tandis que celui du Giaour n*en a que huit. Malgré l'admiration qu'excita cet ouvrage, ce n'est point celui que je préfère. J'y trouve plus de romanesque que de sentiment, et une sorte de gène et d'affectation qui tient peut-être au nouveau rythme que lord Byron avait adopté. Dans sa lettre à Moore , il annonçait l'intention de se reposer pendant quelques années. Ce fut sans doute cette espèce d'engagement pris avec le public qui le décida à faire paraître Lara sans son nom. C'est encore le Corsaire
plus vieux de quelques années. Cet être à part des