‹ Lord ByronChapitre 19 sur 116 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

PORTRAIT DE LORD BYRON; DE QUELLE MAIflKRE IL

FIT COirirAISSANCE AVEC HISS MILBAVK, QUI FUT

DEPUIS LADY BTIIOir; SOW MABIAGE; TROUBLES

DOMESTIQUES. SÉPABATION. l'aDIEU. VERS

IVÉDITS n£ LADT BTROlf A SA FILLS ET A UNE DE SES AMIES. ESQUISSE d'uNE VIE PRIVEE.

Le génie de lord Byron , Tindépendance de son caractère, son dédain pour les honneurs qui éveillent Tambition des autres hommes , tout concourait à le rendre l'objet de la curiosité publique. Les personnes qui blâmaient le plus ses ouvrages n'étaient pas les moins empressées à le connaître. Les extravagances d'une femme qui se prit d'une folle passion pour lui, achevèrent de le mettre à la mode. Tout le monde voulut le voir; et c'était une épreuve à laquelle il ne pouvait que gagner; car ses manières étaient séduisantes, et ses traits parfaitement beaux. Il avait le front haut et un peu découvert ; les cheveux noirs , les yeux d'un bleu foncé; son regard, habituellement doux et pénétrant, était quelquefois vif et impérieux. Sa

54 LOUD ii\no.>.

bouche exprimait tour-à-tour le dédain et la ten-

ilrcbse. i\Iais le caractère le plus ordinaire de sa • physionomie, c'était une grande noblesse, de la bonté, et quelque chose de pensif. Quand un ridicule le frappait , sou sourire devenait ironique. Lorsqu'il était fortement ému , ou indigné, ses sensations les plus profondes se peignaient aussitôt sur son visage, dont l'expression était extraordinaii enient mobile et nuancée. Un poète, son rival , disait de lui : Cest uii beau vase d'cUbâtre, uni en dehors ^ sculpté en dedans; allumez une fUunme dans V intérieur , vous verrez aussitôt le vase resplendir y et toutes les figures y toutes les formes que le ciseiiu de rartiste a modelées dans son sein vous apparaitront brillantes (*). 11 avait le son de la voix doux et vibrant. Il lisait avec beaucoup de chaleur et d enthousiasme. J'ai entendu assurer à un littérateur anglais très distingué, qui a vécu iong'temps dans l'intinnlé de lord Byron, que personne ne possédait à un plus haut degré les qualités qui font le charme de la vie intérieure. Cependant , il était irritable comme tous les hommes (]ui sentent vivement; mais c*était plutôt de 1 impatience que de la colère. 11 prenait les gens eu aversion , dès qu il croyait avoir découvert en eux de la bassesse et des penchans ignobles: mais

(*} Je ne MÛ pat c1e(|uirst mtc Ix llc image, jViiipriinte ccltr citation à lin r\cfllriit arliclt- ili- M. Cliaslrs, sur 1rs poèlraaagliii», qui parut dan» la Reyu4 Enryciopcdique , en 1S21 ; Tolame viii , pge 2a8 cl 4 i6.

Page 1