‹ Lord ByronChapitre 20 sur 116 · CHAPITRE aNQUI^.BfE · texte numérisé non relu

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il excusait les torts de ses amis, et les servait de tout son pouvoir.

Il habitait î^ondres, en i8i4, etse rendait tous les jours à midi chez sou éditeur, M. Murray , où il trouvait plusieurs hommes de lettres avec lesquels il était lié. il y passnit environ trois heures occupé à parcourir les krociiures nouvelles, les journaux , et h s'entretenir de littérature ou de politique. Il était fort exclusif dans le choix de son cercle intime, et désignait à M. Murray ceux qu'il voulait exclure ou admettre daus le salon (|u on lui réservait.

A IVpoque ou il était le plus recherché de la premiere société de rAiiglelei re, et où il occupait toutes les têtes, il entendit parler un jour des vers qu'une jeune personne avait fails contre lui < t contre ses ouvrages : c'était mi&s J. Mdbank, iille unique de sir Ralph Milbank, baronnet. Lord Byrou ne la connaissait pas; mais ou la lui avait dépeinte comme une personne très accomplie et de beaucoup de talens. Dans sa critique, elle avait attaqué Fauteur plus encore que ses poésies. Elle y disait qu'il était Êicile de le reconnaître dans le portrait qu'il faisait de ChiUle Harold; que sa conduite était parÊiitement d accord avec ses principes, etc.. Ses amies ajoutaient qu'elle avait pour lord liyrou une horreur invincible, et qu elle le regardait comme un monstre. Cette espèce dedéli donna réveil à ki vanité de ce dernier. 11 lut les

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vers, les trouva fort piquons, et ne pensa plus qu'à se faire présenter à la personne qui le traitait si mal. La curiosité de miss Milbank l'emporta saos doute sur sa haine, puisqu'elle consentit à se trouver à une soirée avec lord Byron. Us se virent alors pour la première fois. Sans être belle, elle était agréable; et son esprit acheva sa conquête. Lord liyron n'épargna aucun soin pour la faire revenir de ses préventions. 11 mît une sorte de coquetterie à lui plaire, et il y parvint, est à craindre que, d'un coté, l'orgueil de vaincre une antipathie déclarée ; et de l'autre , celui d'attacher et de fixer un homme de génie dont le nom était déjà dans toutes les bouches, ne fut l'origine et la cause de cet attachement mutuel. Quoi qu'il en soit, il devint si vif de part et d'autre, qu'au commencement du mois de décembre 1814» lord B^'ron demanda la main de miss J. Milbank. Il l'épousa, le a janvier 1 8 1 5, à Seham, dans le comté de Durham.

Ce mariage étonna généralement. On ne comprenait pas que lord Byron, qui avait à peine vingt-sept ans, eût renoncé si jeune à son indépendance. La sévérité des principes de miss Milbank, et de ceux de so!i père qui poussait la dévotion jusqu'au puritanisme, rendait la chose encore plus singulière: Non ))as que lord Byron eût mené mie conduite plus dissipée que la foule des jeunes gens riches du même âge; mais son ta-

lent ayant excité Tenyie , il avait été 1 objet des calomnies les plus busses et les plus odieuses. Avant son mariage, lady Byron s'informa, dit-on, avec soin, de toutes les circonstances de la vie passée de son mari, et probablement qu'elle n'y découvrit rien que de pardonnable , puisqu'elle consentit à devenir sa fenune. Peut-être Tespoir d'une réforme , et la gloire d'y avoir coopéré lurent-ils pour quelque chose dans sa décision. Avec du charme dans Tesprit , et du dévouement à ceux qu'elle aimait, elle passait pour avoir im caractère hautain et jaloux.

Après leur mariîige, les deux époux revinrent à Loncbes. Lord Byron publia des mélodies Hébraïques , et quelques pièces de vers,entr'autres, X Adieu à Napoléon^ VOde sur l*etoile de la Légion d*honneur y VOde sur fVaterioo^^X, VOde sur la France, (*) 11 allait rarement dans le inoiide, et ne s'y montrait guère qu'avec sa femme. Peu dé gens connaissaient leur intérieur. Latlv Bvron avait auprès d'elle son ancienne gouvernante , qu'elle regardait comme une amie, et qu'elle traitait avec beaucoup d'égards. Soit que lord Byron fût fatigué de la présence continuelle d'un tiers, soit qu il vit avec chagrin l'influence qu'une étrangère exerçait dans. sa maison, il parait qu'il offensa grièvement l'orgueil de cette femme. C'est du moins le seul

(*) La deniicrc n'« iaméii para induiia an ûraDçaii.

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motif auquel on puisse attribuer la haine profonde et in£3itigable qu'elle lui montra depuis. Connaissant mieux que personne le caractère de ladjr Byron, elle sut iaire agir à propos tous les ressorts pour exciter sa jalousie, et empoisonner son bonheur domestique. Elle attisait ses moindres ressentimens contre lord Byron. £lle le noircissait par de (aux rapports , et aggravait les torts qu'il pouvait avoir. L'irritabilité de ce dernier ne lui permettait pas de répondre avec calme à des reproches injustes : Tamour sincère qu'il avait pour sa femme redoublait sa fureur contre la mégère dont l'ascendant était si funeste à son re]K>s. Il s'en plaignit : elle le sut, et jura de s'en venger. Une occasion s'offrit bientôt

Lord liyrun fut nonniié membre du comité de Drury-I^ne. Ces fonctions l'obligeaient à entretenir des relations continuelles avec les acteurs et les actrices de ce théâtre. Lady Byron, livrée à sa perfide confidente, jugea que c'était un prétexte spécieux pour caclier qiu lque intrigue : elle ne parla point de ses soupçons à sou mari, mais elle le traita avec hauteur et dédain.

A la fm de i8i5, lady liyron accoucha d'une, fille. Lord Byron en ressentit une extreme joie ; il aimait natun llouH Ht les enfans, et il passait souvent des heures entières assis auprès du berceau de sa petite Ada. A peu près vers le même temps, la belle Mistress Mardyn , qui faisait alors

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