L£ RÉV
« Notre vie est double ; le sommeil a aussi son monde, qui forme la limite de ce qu'on a nonmië à tort la Mort et TExisteiice. Le sommeil a son monde , et c'est un vaste royaume peuplé de tristes et hizarres réalités.
ÏU£ DAËAM.
Our life is two-fold ; Sleep hath its own world, A boundary between the things misnamed Death and existence : Sleep hath its own wovU^ And a wide realm of wild lealitj,
27a t^llD BTRON.
Les revcsydans leurs développemeas^ont de la vie: ils commandent à nos larmes , à nos tourmens , quelquefois à nos joies. Ils laissciil un poids sur notre âme après le réveil, ou ils allègent nos pénibles travaux pendant le jour : ils divisent notre être ; ils font partie de nous et de notre temps; ils nous apparaissent comme les hérauts de rétemité ; ils passent comme des esprits du passé ; ils annoncent lavenir comme les sibylles des anciens ; ils ont tout pouvoir; ils dispensent , à leur gré, le plaisir ou la peine ; ils nous font ce que nous ne sommes pas ; ils font de nous ce c[u'ils veulent, et nous tremblons de la vision qui n'est déjà plus : des ombres évanouies nous épouvantenL Sont-ce bien des ombres ? Le passé est-il autre chose qu'une ombre? Que sont doue ces fantômes? des
And dreams in their developenicnt bave brcatk.
And tears, and tortures, and tlie toack of joj;
They leave a weigbt upon our waking thoughts.
They take a weight from ofTour waking toils.
They do divide our being ; they become
A portion of ourselves as of our time.
And look like heralds of eternity;
They pass like spirits of the past , — ^they speak
Like sibyls of the future; tluy have power—
The tyranny of pleasure aud of jiaiu ;
They make us what we were not — ^what they will.
And shake us with the vision that's gone by.
The dread of vanish'd shadows — Are they so?
Is uot the past all shadow? VV hat arc iLey?
CUAP1TR£ ONZIÈME.
créations de lame. L arne peut doiiner un corps aux images , créer des mondes et les peupler d^étres plus briUans que ceux qui ont jamais existe : elle peut animer de sou souffle des formes qui survivront à tout ce qui est mortel. Je voudrais me retracer une vision que j eus , peut-etn? dans mon sommeil ; car une pensée , une seule pensée peut , en rêve, embrasser des années, et concentrer une longue vie en une heure.
«Je vis deux êtres, dans toute la fraîcheur de la jeunesse , debout sur le sommet d une verte colline dont la pente était douce , et qui semblait être le cap d'une longue chaine de montagnes. Mais il ny avait point de mer pour baigner sa base : au lieu de flots
Créations of the mind?— The mind can make
Substance , and people pbnets of its own W ith beings brighter than have been, and give A breath to forma which can outlive all flesh. I wouhl recall a vision which I dream'd Perchance in sleep — for in itself a tliought , ■ A shjinliering ihoiighl, is capable of jeaj'S, And curdles a long life into one hour,
I saw two beings in the hues of youth ^LiFuling upon a hill, a gentle hill, Grccu and of mild declivity , the last As *twere the cape of a long ridge of such , Save that there was no sea to lave its base,
2^4 LOKU liVllOX.
sVtcndaîent h ses pieds un paysage mobile, des bois et
des blés oiidojaiis. La s domeureî» des homiiict» etaienl cparses et là, et la fumée s^élevait en tournoyant au-dessus dvs loîls rustiques, colline était couronnée d'un diadème d arbres disposés eu cercle, non par le caprice de la nature , mais par celui de rhoninic. î.îi, élaieut une vierge et uu jeuue liomine. La jeune fille contemplait tout ce qui se déployait de* vaut elle, aussi pur, aussi beau qu'elle-même; mais le jetme homme ne regardait qu elle; et tous deux étaient brillans de jeunesse y et Tun d'eux était d'une rare beauté.
Tous deux élaieut jeuucs, et cepeudaul leur âge n'était pas le même. Comme la Itme argentée, qui s'élève et s'agrandit au bord de Thorizou , la jeune fille touchait à la moitié de sou printemps. Ijc jeune
Bat a most living landscape , and the wave
Of woods and cornfields , and the abodes of men
Scattered at intervals, and wreadiing smoke Arising from such rustic roofs ; — I he hill Was crovi'u'd with a peculiar diadem Of trees, in circular array, so fix'd, Not by the sport of nature, but of man :
Thi.M'two , a inaidcu and a youth, were there (lay-ing — ihc one on all thai was beiioalh Fair as herself-— but tlus boy gaxed ou her; And both were young, and one was beautiful:
And both were youu^^ — yet not alike in youth. As the sweet moon on llic horizon * verge , The maid was on the eve o£ womanhood;