RETOUR DE FLEURY A VERSAILLES
« Tels sont, Mylord, les détails les plus véridiques que je puisse vous donner sur cet étrange incident, qui a absorbé l’attention et les pensées de tout le monde, français et étrangers. La cour et la ville ont pris parti pour M. de Fréjus, à l’exception de ses amis particuliers, qui ont trouvé ce départ beaucoup trop précipité, puisqu’il n’avait pas môme pris le temps d’apprécier la conduite du roi et qu’il avait couru le risque de donner à ses adversaires un grand avantage sur lui. M. le Duc a cru devoir montrer une surprise extrême de la retraite de M. de Fréjus, qui, disait-il, n’avait eu aucun motif, même le plus léger, et sa lettre, écrite d’après l’ordre du roi, commençait par exprimer au prélat tout l’étonnement que lui avait causé ce départ.
« J’ai eu samedi une audience de Son Altesse, pour lui parler de l’accession du roi de Sardaigne au traité de Hanovre, et, trouvant ce prince bien disposé, j’en ai profité pour lui dire, en m’en allant, que j’espérais bien que tous les bruits de discordes et de divisions à la cour étaient tombés; je m’excusais en même temps