DÉSESPOIR DU ROI
profonde douleur. Le duc de Morteinart, premier gentilhomme de la chambre en service, fut le seul qui osât se présenter devant lui, pour savoir s’il avait des ordres à lui donner; mais Louis XV ne lui ayant pas répondu, le duc se hasarda à lui dire : « Sire, M. de Fréjus est parti pour la campagne^ tant pis pour Votre Majesté et pour VÈtat. » Le roi garda le silence ; mais s’étant levé pour rentrer dans son cabinet, il dit au duc deMortemart : a Allez incessamment chez M. le Duc et dites~lui que je lui ordonne d’écrire surle-champ à M. de Fréjus que je F attends demain à mon lever. — L’ordonnez-vous, Sire, répondit le duc. — Oui, dit le roi,/e /’orcfonne * . » M. de Mortemart ayant transmis les ordres de Sa Majesté à M. le Duc, il envoya le soir môme un exprès au prélat, qui se trouva le lendemain au lever du roi. On assure que le chagrin qu’il avait ressenti de l’absence de son précepteur ne peut se comparer qu’à la joie et au bonheur qu’il a témoignés en le voyant reparaître le lendemain.