DE M-"» DE PRIE ET DE DUVERNEY
paraissait inopinément à la cour; Duvemey, de son côté, se remit à fréquenter le conseil des finances, avec ses airs habituels de hauteur et d’insolence. Il sentaient pourtant que le sol de la cour continuerait à trembler sous leurs pas , tant qu’ils ne seraient pas délivrés de M. de Fréjus *; il fallait donc, cette fois, l’écarter à tout prix, et la reine,^ malgré l’humiliation de son premier insuccès, ne dédaigna pas de s’entremettre de nouveau pour servir les plans de ses amis; mais elle avait toujours trop présumé de son pouvoir sur l’esprit du roi, et toutes ses tentatives n’aboutirent qu’à rendre encore plus visible son indifférence pour elle
1. Madame de Prie, qui le jugea plus à craindre (M- de Fréjus), voulut avoir une conversation avec lui : quoi qu’elle pût faire, elle ne put jamais l’obteuir. Outrée de ce refus, elle ne garda plus de mesure et persuada M. le Duc (contre tous ses intérêts) de travailler à perdre M» de Fréjus. Les tentatives qu’il lit pour y réussir sont connues de tout le monde : ce projet insensé eut le succès qu’il devait avoir, et M. le Duc, au lieu de M. de Fréjus, se trouva noyé dans l’esprit du roi. (Marquis de Lassay, Recueil de différentes choses, t. IV, p. 120.)
2. La froideur persistante du roi et les premiers démêlés de Marie Leczinska avec Fleury ne paraissent pas avoir laissé la moindre trace d’amertume dans le cœur de cette princesse, aussi