DISGUACE DES BEAUX-FRÈRES
odieuses couleurs les sages mesures prises par le prince de Galles pendant sa régence en Angleterre, ainsi que les prudents avis de ses conseillers ^ Ces manœuvres firent une telle im-
1. La lettre suivante, écrite de Hanovre, en français, par lo roi à son fils pendant sa régence, prouve à rpiel point ces intrigues avaient réussi sur l'esprit déjà trop prévenu de George I®’’. Nous la trouvons dans le Journal de lady Cowper.
« La première lettre que je reçois de votre part, mou fils, est sur des sujets aussi peu dignes de vous que de moy. A l’égard du duc d’Argyle, j’ai eu de bonnes raisons pour faire ce que j’ay fait sur son sujet; mais je ne sçay ce qui vous est moins désavantageux, d’avoir été induit par luy ou d’autres à faire le pas que vous venez de faire, ou bien de l’avoir fait par votre propre mouvement. Vous aurez de la peine à redresser cette démarche dans le public. Quand on en fait de pareilles, l’on n’est pas en droit d’accuser mes ministres de me faire des rapports désavantageux, et c’est le monde renversé quand le fils veut prescrire au père quel pouvoir il doit luy donner; ce n’est pas non plus un motif de mettre le destin de mes ministres et autres serviteurs à la merci de votre modération. Il no paroit pas aussi, à la conduite que vous avez tenue pendant les séances du parlement, que vous avez si peu de friandise, comme vous le dites, pour le gouvernement, vous mêlant de choses qui ne vous regardoient pas et ne vous empêchoient pas de pouvoir être tranquille. Je voudrois sçavoir quel droit vous aviez de faire des messages à la chambre contre mon intention. Est-ce à vous de faire des clauses aux dons que je fais au public? Vous dites à cette occasion que vous avez voulu soutenir l’autorité royale, mais qui vous en a donné le soin? Vous conviendrez que quand on n’est pas responsable ni chargé d’une chose, on ne doit pas s’en mêler. 11 s’agit présentement du duc d’Argyle, lequel, malgré ce que j’ay été obligé de faire à son