M. LEBLANC REMPLACE M. DE BRETEUIL
que même il lui serait bien difficile de se passer de lui, surtout en cas de guerre, parce que M. Leblanc, au dire de tous, était le seul homme capable d’en supporter la charge. Je lui ai insinué que ce ministre était considéré comme peu ami de l’Angleterre , que je connaissais pertinemment son amitié jpour madame de Mé- 2Îères, et la correspbndanoe qu’il avait entretenue sous la régence avec les Jacobites et surtout avec milord Orrery pendant la dernière conspiration : « Feu M. le duc d’Orléans , me « répondit M. de Fréjus, était un grand génie, « mais il avait autant de ruse que d’incons- « tance ; en jouant trop souvent double jeu, il « embarrassait fort ses meilleurs amis. M. Le- « blanc ne sera pas ministre, mais seulement « secrétaire d’État à la place de M. de Breteuil ; « je veillerai d’ailleurs avec soin à ce que rien « ne puisse donner la moindre jalousie, ni le « moindre ombrage au roi votre maître. » Je n’ai pas insisté davantage contre l’emploi de M. Leblanc, lorsque M. de Fleury m’eut fait comprendre qu’il avait déjà été appelé à la