HEUREUX DÉBUTS DE FLEURY
SOUS un ministre de mœurs simples, douces et conciliantes; et le jeune roi, si peu démonstratif d’ordinaire, ne dissimulait pas sa joie de pouvoir désormais travailler aux affaires de l’Étal, sous la tutelle immédiate de son maître bienaimé. L’abbé Gualtieri venait d’apporter de Rome la barette au nouveau cardinal, et lorsqu’après l’avoir reçue des mains du roi, Fleury lui en fit ses remerciements, ce prince l’embrassa avec effusion devant toute la cour*.
A peine installé dans ses fonctions, le ministre tout-puissant s’occupa de réorganiser le conseil d’État, qui, depuis la disgrâce de M. le Duc , n’était plus composé que du duc d’Orléans, du maréchal de Villars et de M. de Morville; il désigna pour le compléter les maréchaux d’Huxelles et de Tallard. Le cabinet britannique s’émut de ces nouveaux choix et le duc de Newcastle écrivit à Walpole pour connaître son opinion sur les deux personnages qui al-
pable de rétablir le commerce presque anéanti dans le royaume. (Journal historique de Louis AT, p. 76.)