RÉORGANISATION DU CONSEIL D’ÉTAT. 23S
laient entrer en scène. L’ambassadeur y répondit par une dépêche confidentielle , datée de Fontainebleau , 28 septembre 1726, en faisant le portrait exact des différents membres du conseil e,t en expliquant les motifs qui avaient déterminé le cardinal à y faire entrer les deux maréchaux :
« Le duc d’Orléans, dit-il, est un modèle accompli de vertu et de moralité, mais il n’est pas né pour les affaires ; son intelligence, lente et peu développée par une éducation étroite, l’a empêché de faire, en politique, les progrès qu’on aurait pu attendre de son âge et de son expérience. Il ne peut donc être d’une grande utilité au conseil, et môme, si sa loyauté n’était au-dessus de tout soupçon, il pourrait y sembler dangereux, puisque, par les confidences qu’il fait sans doute fort innocemment à sa femme, il permet à la famille de Lorraine de tenir l’Empereur au courant de tout ce qui s’y passe. Cette faiblesse et sa qualité de prince du sang ont failli, d’après les principes de Louis XIV, le faire exclure du conseil au moment de la réorganisation ; mais le