‹ Lord Walpole à la cour de FranceChapitre 183 sur 271 · DES NOUVEAUX MEMBRES DU CONSEIL · texte numérisé non relu

DES NOUVEAUX MEMBRES DU CONSEIL

pour l’éviter, et, avec la disposition habituelle de la cour impériale, elles ont parfois l’inconvénient de la rendre encore plus difficile à manier. Cependant, en somme, c’est un excellent homme d’affaires, détestant cordialement le cabinet de Vienne et surtout le comte de Sinzindorff, qui le lui rend bien, à ce que M. d’Huxelles m’a dit lui-même.

« Le maréchal de Tallard * adore les affaires ; il parle beaucoup, et il aime à donner son avis

1. Camille d’Hostun, comte, puis duc de Tallard, né, comme son collègue, en 1652. Il avait servi avec distinction sous Gondé et sous Turenne, qui lui confia le commandement du centre de son armée à la bj‘‘'‘lle de Mulhausen. Créé maréchal en 1703, il battit les Impériaux à Spire, mais il perdit, en 1704, la bataille d’Hochstett, contre Marlborough, et fute mmené prisonnier à Londres. Il eut part, dit-on, par ses intrigues près de la reine Anne, au rappel de Marlborough. Plus tard il fut nommé membre du conseil de régence, et enfui secrétaire d’Etat sous le cardinal de Fleury.

« C’était un homme de médiocre taille, avec des yeux un peu jaloux, pleins de feu et d'esprit, mais qui ne voyaient goutte, maigre, hâve, qui représentait l’ambition, l’envie et l’avarice; beaucoup d’esprit, mais sans cesse battu du diable par son ambition, ses vues, ses menées et ses détours, et qui ne pensait et ne respirait autre chose; un homme enfin en la compagnie duquel tout le monde se plaisait et à qui personne ne se fiait. » (Saint- Simon, t. VII, p. 14.)

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