EMBARRAS DE LA COUR DE VIENNE. Î
minaires tel qu’il lui avait été envoyé, il se décida à faire remettre au cabinet de Versailles un contre-projet, appuyé, il est vrai, par le duc de Richelieu, ambassadeur de France h Vienne , mais dont le but principal était de gagner du temps. Le cardinal se trouva alors dans une situation de plus en plus critique ; il était vivement pressé, d’une part, par Walpole , qui , au nom de l’Angleterre , réclamait le maintien absolu des premières propositions faites à l’Empereur, en môme temps qu’une déclaration de guerre immédiate à l’Espagne, et de l’autre, par l’opinion publique, qui se prononçait d’autant plus fortement en France contre cette dernière mesure, que le commerce n’ignorait pas qu’on allait tenter de faire rompre le blocus aux galions d’Amérique, dans lesquels il avait des intérêts considérables qui, en cas de guerre, pourraient rester à la merci du roi d’Espagne. Ce prince, du reste, ne paraissait disposé à faire aucune concession, et, malgré tous les efforts du cardinal, la guerre pouvait éclater d’un moment à l’autre. Le maréchal de Berwick, qui la