‹ Lord Walpole à la cour de FranceChapitre 215 sur 271 · D’APRÈS LE CONSEIL DU CARDINAL · texte numérisé non relu

D’APRÈS LE CONSEIL DU CARDINAL

A Versailles, ce 26 juin 1727.

« Après avoir réfléchi, depuis votre départ, Monsieur, sur tous les partis qu’il y a à prendre dans la perte que nous venons de faire, je suis persuadé que Votre Excellence ne peut mieux faire que d’aller incessamment à Londres, recevoir les ordres de Sa Majesté britannique, et la mettre au fait de toutes les affaires présentes, dont elle ne peut pas être encore parfaitement instruite ; Votre Excellence en fera plus en un ou deux jours de conversation qu’elle ne le pourrait en des volumes de lettres, et vous pourrez régler avec Sa Majesté britannique tout ce qui peut regarder les intérêts communs des alliés de Hanovre. Je ne doute pas que de la manière dont Votre Excellence m’a parlé de votre nouveau roi, il ne suive les mômes principes et le même système du roi son père. Pour nous. Votre Excellence peut assurer Sa Majesté britannique que nous ne nous en départirons pas et que no-

Sm SPENCER COMPTON.

tre sûreté réciproque consiste à dèraeurer bien unis. Il ne me reste qu’à vous assurer, Monsieur, de to»te la part que je prends à votre douleur et que je vous honorerai toute ma vie plus parfaitement qu’homme du monde *.

« Le card. de Fleury. »

Walpole s’empressa de mettre à profit ce conseil aussi amical que prudent, et il partit aussitôt pour l’Angleterre. En arrivant à Londres, il trouva ses amis dans un grand embarras et la position de lord Townshendet de sir Robert singulièrement compromise, le nouveau roi ayant annoncé son intention de remplacer à la Trésorerie Walpole par sir Spencer Compton : l’opposition se flattait même déjà de voir entrer au ministère quelques tories. Sir Robert eut besoin, dans cette circonstance critique, de toute son adresse, appuyée par l’intervention de la reine*.

1. L’origiual de celle lettre, écrite de la propre main du cardinal, est coiLservé dans les archives de la famille Walpole.

2. Caroline- Wilhelmine, fille de Jean Frédéric, margrave d’Auspach, née en 1683, morte en 1737. Elle avait épousé, à l’âge de vingt-deux ans. George, alors prince héréditaire de Hanovre : « Un noble cœur et une grande intelligence, telle est

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