‹ Lord Walpole à la cour de FranceChapitre 253 sur 271 · SE RETIRE DU MINISTÈRE · texte numérisé non relu

SE RETIRE DU MINISTÈRE

démission de secrétaire d’État ^ Cet événement, bien que prévu depuis longtemps, ne laissa pas d’affecter profondément H. Walpole, tant à cause de son attachement et de ses obligations personnelles envers lord Townshend, que parce qu’on le soupçonna bien injustement d’avoir fomenté lui-même ces querelles intestines, avec l’espoir de succéder à son beaufrère dans sa place de secrétaire d’État. Il avait, il est vrai, désapprouvé la violence des projets de Townshend contre l’empire, en soutenant le

1. La diverifence d’o|jinions sur la politique étrangère pourrait bien n’avoir été que le prétexte de cette riqiture.

Le véritable motif en aurait été l'extrôme ambition des deux ministres ; Townshend avait fait la fortune de Walpole, et il espérait trouver dans son beau-frère un collègue soumis à ses moindres volontés. D’un caractère haut et emporté, Townshend se plaignait à tout le monde de l’op[)osition et de la résistance qu’il trouvait souvent eu sir Robert Walpole. Celui-ci, plus adroit et plus conciliant, mais ambitieux par-des us tout, poussé à bout par les récriminations de son beau-frère, avait résolu de l’éloigner à tout prix.

Ces divisions, d’ailleurs, étaient entretenues avec soin par la reine Caroline, qui croyait d’une bonne politique de fomenter la discorde entre les ministres. De là des scènes d’une violence extrême qui nuisaient aux affaires et devaient produire forcément la chute «le l’un des deux. L’avantage resta au plus habile, et Walpole gouverna sans j)artage.

340 LOYAUTÉ DE WALPÜLE.

parti de la modération que défendait son frère, mais en môme temps il avait déclaré franchement à leur ami commun M. Poyntz, que si un accès de mécontentement poussait lord Townshend à quitter son poste au ministère, il n’y aurait ni considérations, ni personne au monde, qui pussent le forcer à prendre sa place, dans le cas où on la lui proposerait. Il tint parole, car au moment de la retraite de son beau-frère, le duc de Newcastle ayant recommandé pour l’emploi de secrétaire d’État M. Stanhope, le plénipotentiaire de Soissons, Walpole appuya ce choix de tout son pouvoir ^

Ces événements ne s’étaient pas encore accomplis, lorsque la reine Marie Leczinska mit au monde, le 4 septembre 1729, un prince*, dont la naissance fut saluée par une allégresse universelle. En assurant l’avenir de la maison

Page 1