‹ Lord Walpole à la cour de FranceChapitre 260 sur 271 · QUESTION DE DUNKERQUE · texte numérisé non relu

QUESTION DE DUNKERQUE

a profité d’une occasion favorable, pour parler

encore au cardinal de l’affaire de Dunkerque : Son Éminence a semblé plus disposée qu’à l’ordinaire à nous donner satisfaction sur ce point et elle lui a dit : « Je suis presque convaincu. » M. Walpole lui a montré alors la partie de la lettre de son frère, disant que lord Bolingbroke prétendait que le cardinal n’avait plus ses coudées franches et qu’il était contraint désormais de soumettre toutes les affaires au conseil. M. de Fleury a nié complètement qu’il y fût obligé ; il a ajouté cependant que la question dont il s’agissait serait présentée quatre ou cinq jours après au conseil et qu’il était certain que sa conduite aurait toujours l’approbation de ceux qui en faisaient partie. »

Les espérances que cette réponse, un peu ambiguë, avait pu laisser à Walpole ne se réalisèrent pas. Le gouvernement français ne pouvait se résoudre à subir une pareille humiliation et la destruction du port de Dunkerque resta indéfiniment ajournée. Où l’influence et l’adresse de Walpole avaient échoué, aucun de

RECOMMANDATIONS A LORD WALDEGRAVE 349

ses successeurs ne pouvait avoir de chances pour réussir.

Les recommandations que Walpole avait envoyées à lord Waldegrave, son futur successeur, pendant son dernier voyage à Londres, indiquent les moyens dont il avait usé pour ménager le cardinal et conserver sa confiance : « Je crois que Votre Seigneurie a eu profondément raison de cultiver autant que possible l’amitié de M. de Chauvelin, à cause de son ascendant sur l’esprit du cardinal, mais comme cette amitié me semble assez superficielle Qiîori journalière ^ je vous engage à agir de temps à autre directement sur le cardinal et à lui faire sentir en confidence que vous le mettez à part et au-dessus de tous les autres ministres, pour sa probité et ses bonnes intentions. Je sais qu’il aime ce genre de distinction et si on s’adresse poliment à lui, en faisant appel à sa loyauté, il se montre toujours sensible à cette flatterie : en lui parlant donc sur le pied d’une confiance entière et sans réserve, vous pouvez aller très-loin avec lui, en ce qui regarde ses propres sentiments, aussi

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