SIR ROBERT WALPOLE A L’ÉVÈQUE DE FRÉJUS
A Londre?, cc 19 juin 1726.
Monsieur,
Je ne doute pas que la justice que Sa Majesté Très-Chrétienne vient de rendre à Votre Excellence en se reposant sur elle du soin de ses affaires, ne soit applaudie de tous ceux qui sont zélez pour le bien public et pour la gloire de la France, et je vous supplie de croire que c’est avec un plaisir extrême, que je prends cette première occasion pour vous en faire mes compliments trèssincères.
Mais l’estime particulière que j’ay pour votre personne et la haute idée que j’ai conçue de votre mérite ne tirent pas leur origine d’un événement de si fraîche date : il y a longtemps, Monsieur, que je sçay avec combien de zèle et d’ap-
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plication vous travaillez pour la tranquillilé de l’Europe et pour la gloire et l’union des deux couronnes, qui, dans cette conjoncture délicate, en est le plus ferme et solide soutien; et la grande marque de confiance dont Sa Majesté Très-Chrétienne vient de vous honorer, m’assure que la réussite en sera glorieuse et que le succès de vos soins répondra à leur assiduité.
J’ose vous assurer. Monsieur, que le Roy mon maître prend beaucoup de part à votre avancement, et Sa Majesté se promet d’un ministre aussi droit et éclairé que Votre Excellence la continuation et même l’accroissement, s’il est possible, de cette bonne intelligence qui règne si heureusement entre les deux couronnes, laquelle seule, peut-être, pourra tenir en respect des puissances, qui veillent avec une attention très-vive pour profiter de notre désunion. J’ose promettre que rien ne manquera de la part de Sa Majesté pour resserer les nœuds de celte amitié encore plus étroitement. Voilà des sentiments. Monsieur, que je croy avoir en commun avec toute l’Europe sur cette occasion, mais l’amitié et la bienveillance dont vous honorez mon frère me mettent en droit de m’intéresser encore plus particulièrement et plus sensiblement en tout ce qui vous regarde, et je prie Votre Excellence
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d’être persuadée, que nous tâcherons, l’un et l’autre de nous en rendre dignes par une affection pleine de reconnaissance et d’un attachement très-sincère.
{Correspondance of sir Robert Walpole.\
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(Pape 279.)