‹ Lord Walpole à la cour de FranceChapitre 38 sur 271 · TOUTE-PUISSANCE DU DUC D’ORLÉANS · texte numérisé non relu

TOUTE-PUISSANCE DU DUC D’ORLÉANS

ensuite son autorité est si bien établie et son habileté dans les affaires si incontestablement supérieure à celle de tous les autres hommes d’État, qu’elles ne laissent de chances ni aux rivalités de pouvoir ni aux intrigues de parti.

« Torcy et ses amis ne paraissent plus avoir aucune influence : Morville, Maurepas, Breteuil et les autres ministres ne sont que des commis destinés à préparer l’ouvrage dans leurs départements respectifs, pour le soumettre ensuite à la décision du prince, et ils n’ont ni assez de crédit ni assez d’expérience pour élever d’autres prétentions. En outre, le duc d’Orléans a depuis quelque temps retranché de ses plaisirs pour se consacrer aux affaires, dont il ne paraît nullement fatigué, et il a le travail assez facile pour se trouver maintenant plus à l’aise que quand il avait remis tout son pouvoir aux mains du cardinal.

« Par tout ce qui précède, Votre Seigneurie doit être suffisamment édifiée sur l’objet principal des instructions contenues dans sa lettre, qui était de savoir au juste le degré de con-

M. DE MORVILF.E.

fiance que le duc d’Orléans accorde à MM. de Morville et de Nocé, ainsi que les sentiments de chacun d’eux sur le roi notre maître, sur l’alliance entre les deux royaumes et sur la personne même de sir Luke Schaub, et quels sont les rapports de ces différents personnages entre eux. Morville a la physionomie d’un, honnête homme qui remplit les devoirs de sa place à la satisfaction de son maître, sans autre ambition et sans viser au pouvoir; Nocé, qui n’a aucune prétention aux affaires, jouit au plus haut degré de la confiance et de l’affection du duc d’Orléans. Morville est cordialement partisan de l’alliance anglaise; Nocé avant son exil partageait les mêmes sentiments à sa manière, et j’ai lieu d’espérer qu’il persévère encore dans cette voie. Ces deux hommes n’ont l’un pour l’autre ni amitié particulière ni aversion. La différence de leur position et de leur manière de vivre n’admet guère l’un ou l’autre de ces sentiments. Quant à sir Luke Schaub, M. de Morville est, dit-on, assez poli pour lui dans les devoirs de sa charge, mais il ne s’en soucie pas

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