M. DE CANILLAC ET M. LEBLANC
Majesté est si complètement entourée à toute heure par les amis du duc d’Orléans, que toute tentative de ce genre ne peut manquer d’avorter et de tourner même contre son auteur.
« Canillac bien que son Altesse royale le regarde comme un de ses amis les plus sûrs, a été reconnu, pendant la régence, incapable d’entrer dans les affaires, et il n’est pas assez important pour compter en bien ou en mal.
« M. Leblanc * avait fait d’énergiques efforts
1. Le marquis de Canillac avait été l’un des rouén du Régent.
« C'était, dit Saint-Simon, un grand liomme bien fait, maigre, châtain, d’une physionomie assez agréable, qui promettait beaucoup d’esprit, et qui n’était pas trompeuse. L’esprit était orné; le délnt éloquent, naturel, choisi, facile. Paresseux, voluptueux en tous genres; méchant et un des plus malhonnêtes hommes du monde, et grand frondeur. » ■
2. M. Leblanc, d’abord maître des requêtes, avait été nommé secrétaire d’État sous la Régence, aussitôt après la suppression des conseils; il n’était pas, assurément, sans talents et sans adresse pour sa conduite personnelle, et il avait de grandes connaissances des travaux du bureau de la guerre. Mais les détails de finances et d’administration militaires devinrent très-délicats au milieu des embarras qu’avaient occasionnés le système do Law et ensuite le visa. En 1723, M. Leblanc fut déplacé et mis à la Bastille : on lui fit même son procès. On lui substitua M. de Breteuil; mais aussitôt que M. le duc eut été exilé à Chantilly, M. Leblanc rentra en place. 11 mourut en 1728. (D’Argenson, Mémoire!^.)