AFFAIRE DU DUCHÉ DE LA VRILLIÉRE
tendit ensuite sur les obstacles qu’y apportait l’opposition de la noblesse française * : il représenta la famille Phélippeaux de la Vrillière comme ne pouvant élever aucune prétention fondée à un pareil honneur; il ne voyait dan& tout cela qu’une intrigue de Schaub, qui, fort épris de madame de la Vrillière^, avait trompé le roi d’Angleterre par de faux rapports. Il était résolu , poursuivit-il , différer la re-
1. Le bruit se répandit alors que le duc d’Orléans voulait faire des ducs et donner cet honneur au marquis de la Vrillière, afin que sou fils épousât une bâtarde du roi d’Angrleterre; sur cela, je dis au duc d'Orléans : «Vos bons sen-ileurs ne peuvent s’empêcher de vous représenter que votre gloire est intéressée à ne pas laisser dire que le roi d’Angleterre, n’osant pas donner sa bâtarde à un milord, dont il y a plus de deux cents, vous oblige, pour la marier, à faire un duc en France. » Le régent m’avoua qu’on lui en avait parlé, et que je lui faisais un plaisir très-sensible de lui faire voir et sentir les conséquences qu’aurait cette démarche. (Villars, Mémoires, t. 3, p. 92.)
2. Pour s’amuser ou autrement, Schaub s’avisa de tourner autour de madame de la Vrillière. 11 la voyait encore coquette au dernier point, et n’ignorait pas qu’elle n’avait jamais été cruelle. La dame s’en aperçut bientôt; elle ne s’en offensa pas, et fit si bien qu’elle le rendit amoureux tout de bon, car elle était •ncore jolie. Alors elle le jugea un instrument propre à la servir et son mari, et ils lui firent confidence de leurs v'ues et de leur besoin de la protection du roi d’Angleterre. ( Saint-Simon, Mémoires, t. XXXVllI, p. 156.)