ENTREVUE DE WALPOLE
celle de Townshend et de Walpole, en les dénonçant comme les ennemis jurés de l’union avec la France. Il fallait déjouer ces manœuvres, et fl. Walpole obtint, dans ce but, une audience particulière du duc d’Orléans; il lui affirma que le roi d’Angleterre était déterminé à prendre toutes les mesures nécessaires pour conserver ses bons rapports et son amitié avec Son Altesse Royale, et il constata en môme temps le dévouement absolu de ses frères à la môme pensée. Il lui marqua la distinction réelle qui existait entre les Wbigs et les Tories, dont les premiers étaient aussi amis de l’alliance française que les autres lui étaient hostiles. Ces explications firent une profonde impression sur le duc d’Orléans, et renversèrent en un instant tout l’échafaudage d’intrigues de sir Luke Schaub. Cependantces divergences d’opinions et une jalousie réciproque, qui s’envenimait tous les jours davantage, leurdonnaient l’attitude de deux ministres représentant des nations rivales, plutôt que celle de deux envoyés du môme gouvernement. Une situation si fausse aux yeux de
ET DU DUC D’ORLÉANS. ü3
la cour de France donnait lieu, dans la correspondance de Schaub avec Carteret et dans celle de Walpole avec ses frères, à des récriminations réciproques et même à des invectives qu’il serait fastidieux de rapporter ici.
Au milieu de ces complications, Walpole, qui ne négligeait rien , s’insinuait adroitement dans les bonnes grâces du comte de Noce, et ce fut par son entremise qu’il reçut du duc d’Orléans une marque toute particulière d’estime et de confiance. Ce prince chargea Noce de l’inviter à venir dans son cabinet, pour avoir avec lui une entrevue toute confidentielle au sujet de la question du ducbé de la Vrillière ; Walpole, qui avait dîné chez le comte de Morville, se rendait à l’audience lorsqu’il trouva Nocé, qui, après l’avoir introduit dans un appartement sombre et bas du château de Versailles, se retira dès que le duc d’Orléans parut. Le prince ouvrit la conférence en protestant de sa ferme volonté de faire tous les sacrifices et de courir toutes les chances, pour se conformer au désir du roi sur la question du duché ; mais il s’é-