MORT DU DUC D’ORLÉANS
grave, qui devait changer d’une manière inattendue toute la face de la cour de France,
Le duc d’Orléans avait eu depuis quelque temps plusieurs indispositions; mais, en dépit des avis réitérés de ses médecins, il n’avait rien voulu retrancher de ses plaisirs ni de ses affaires. Son chirurgien, frappé de l’inflammation de ses yeux et de l’enflure de son visage , lui prédisait une attaque d’apoplexie, à moins qu’il ne consentît à se laisser soigner et purger. Le prince répondait en souriant que toutes ces vaines appréhensions ne l’empêcheraient pas de jouir de la vie, et qu’après tout, une mort subite était encore celle qu’il préférait à toute autre. 11 continua donc son train de vie ordinaire, sans se relâcher en rien de son extrême application au gouvernement*.
1. D’Arpenson raconte qu'il s’étail entretenu avec lui assez longtemps la veille de sa mort : « Il me semble le voir encore, dit-il, arrivant de l’Etoile, maison que madame la duchesse d’Orléans s’était accommodée dans le grand parc de Versailles, au milieu des bois. Il faisait un froid rigoureux, 11 avait un gros surtout rouge et toussait beaucoup ; le cou court, les yeux chargés, le visage bouffi. L’activité de l’esprit semblait se ressentir de l’embarras de ses organes corporels; il cherchait ce qu’il vou-