DE PRIE ET LA DUCHESSE DE BOURBON
« Pour ce qui est de la conduite même du duc de Bourbon, je ne doute pas, écrivait Walpole à son frère, d’après tout ce que je vois, qu’il ne soit décidé à suivre dans les affaires étrangères la ligne politique du duc d’Orléans, et à em» ployer les mêmes hommes ; mais quant au gouvernement intérieur, c’est à qui prendra sur lui le plus d’ascendant et de pouvoir. 11 n’y a que cabales et intrigues en tous sens ; la plus considérable est celle qui se débat entre- madame de Prie, maîtresse en titre de M. le Duc, et la duchesse de Bourbon *, sa mère. Leurs vues à toutes deux tendent directement au même but, qui est leur profit particulier, et M. le Duc se trouve pris entre ces deux femmes, qui se détestent cordialement, tout en conservant quelques dehors d’amitié. C’est à qui des deux l’emportera sur l’autre, dans le cas d’une rupture ouverte entre elles, et leur principale occupation consiste à suggérer au prince, par leurs créatures, tout ce qui peut flatter ses goûts ou ses inté-
1 . Louiie-Françoise, légitimée de France, fille de Louis XIV et de madame de Montespan.