‹ Lord Walpole à la cour de FranceChapitre 82 sur 271 · Henri Saint-John, vicomte de Boliugbroke, homme d'État · texte numérisé non relu

Henri Saint-John, vicomte de Boliugbroke, homme d'État

110 IL EMIm^CHE son retour.

hissant encore une fois les Jacobites, s’efforçait de gagner ses bonnes grâces, afin qu’il s’entremît pour lui faire obtenir la restitution de ses biens confisqués et l’autorisation de rentrer en Angleterre. L’ambassadeur protesta donc hautement contre le choix que voulait faire M. le Duc, et il n’abandonna la lutte que lorsqu’il eut obtenu

ministre et pamphlétaire, était lié à Battersea en 1672. Après une jeunesse orageuse, il entra à la Chambre des communes en 1700, se déclara pour les tories et devint secrétaire d’État en 1704. Renversé en 1708, il fut appelé deux ans après par la reine Anne au ministère des affaires étrangères : ce fut lui qui conclut la paix d'L'trecht en 1713; mais il perdit tout son crédit à la mort de la reine. Proscrit par le Parlement et dépouillé de tous ses biens, U se réfugia en France et offrit ses services au prétendant Jacques III; mais il quitta bientôt son parti pour solliciter de George I®'' son retour en Angleterre : il ne l’obtint qu’en 1723, sans qu’on lui rendit son siège à la Chambre hante. Il se retira d’abord à la campagne avec sa seconde femme, mademoiselle de Marcilly, veuve du marquis de Villette et nièce de madame de Maintenon; mais il reparut bientôt sur la scène politique, et pendant dix ans il fut, par ses écrits, le plus redoutable adversaire du ministère Walpole. Fatigué de l’insuccès de ses efforts, il revint de nouveau en France en 1735; mais trois ans après il retourna en Angleterre, où il mourut en 1751, après s’être rendu suspect à tous les partis et sans avoir jamais pu ressaisir le pouvoir. Il était lié avec les plus grands écrivains de son temps, et il a laissé plusieurs ouvrages d’un style aussi pur qu’élégant. Il y préconise le déisme en attaquant la révélation, ce qui l’a fait considérer comme le précurseur de Voltaire, qui le cite souvent.

INTRIGUES AMBITIEUSES i PHILIPPE V, 111

de la bouche même de M. de Fréjus l’assurance positive que Torcy ne serait jamais employé. Il parvint aussi à empêcher le cabinet français de permettre au duc d’Ormond* de résider momentanément en France, et il put môme détourner M. de Fréjus de recevoir la visite de l’évêque Atterbury ^

Tout cela était encore peu de chose ; l’objet principal de la mission de Walpole présentait de bien autres difficultés, il s’agissait de contre-miner les intrigues du parti espagnol, dirigées sous main par Philippe V, et qui ne tendaient à rien moins qu’à biffer d’un seul trait les stipulations du traité d’Utrecht relatives à la succession éventuelle à la couronne de France. Le roi d’Espagne, affectant de regarder comme nulle sa renoncia-

1. James Butler, deuxième duc d’Ormond, né à Dublin le 29 avril 1665, mort en 1747.

2. François Atterbury, évêque de Rochester, né en 1662. Après avoir été chapelain du roi Guillaume et de la reine Anne, il entra avec le duc d’Ormond dans un complot dont le but était la restauration du Prétendant. La conspiration fut découverte : le duc d’Ormond parvint à s’échapper et fut proscrit. Atterbury fut Jugé et condamné au bamiissement par la Chambre haute en 1722 ; il SC retira alors à Paris, où il mourut en 1732.

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