VI. — Les mêmes, excepté DIANA
marguerite. Oui... Oh! mon Dieu, mon Dieu, Léo, que dis-tu là?
léo. Venez ici tous deux : ne pleure pas, Marguerite, où j'irai, tu iras; je sais que tu m'aimes, et je t'ai prise pour la bonne comme pour la mauvaise fortune.
MARGUERITE. Oui ! Oui !
LÉO. Maintenant, écoutez-moi. Un père de famille, ruiné par moi, est en prison pour moi. Moi, je suis ici, libre, heureux et tranquille ; je puis jeter cette lettre au feu, nourrir cet homme qui Ta apportée, et qui n'en demande probablement pas davantage ; et, aux yeux du monde, j'aurai fait à peu près ce que je dois faire-, seulement pour moi, je serai un misérable et un lâche, et je me mépriserai. Votre avis, mon père?
le professeur. Le mot de Régulus : A Carthage ! . . .
léo» Ton avis, Marguerite?
marguerite. Je te suivrai partout, et, partout où je serai avec toi, je serai heureuse.
léo. Tu es une digne femme et un noble cœur! vous, mon père, c'est convenu, vous êtes un vieux Romain. Maintenant, quant à l'argent...
le professeur. Tu peux vendre tout, pourvu que tu me laisses mes livres...
léo. Il n'est pas besoin de cela, mon père : gar-
dons-nous de grandir notre sacrifice à la mesure de notre fierté; vingt mille florins à payer, c'est la moitié à peu près de notre petite fortune... et avec le reste... Pardon, mademoiselle de Valdeck, si nous nous occupons devant vous...
le professeur. Elle est sortie.
Marguerite. Et quand partirons-nous ?
léo. Le plus tôt possible, Marguerite 5 il y a là-bas un homme qui tient la place que je dois tenir, et qui n?a peut-être pas comme moi un père, une femme, dévoués à sa fortune. Je monte près du chevalier, pour connaître tous les détails que cette lettre ne m'explique pas.
le professeur. Je vous suis, j'ai besoin de tout savoir aussi.