XIII. — LE MARÉCHAL, LE CHEVALIER, DIEGO vêtu
d'un habit de général.
le chevalier. C'est cela ; un peu plus de cambrure aristocratique dans la taille : la main gauche à la garde de l'épée ; saluons gravement, et ne répondons qu'en portugais ou en espagnol.
Diego. Me courber devant ces vils courtisans!
le chevalier. Monsieur le maréchal, permettez que je vous présente l'illustre étranger pour lequel je vous ai demandé une lettre d'invitation.
le maréchal (s'inclinant). Monsieur...
le chevalier. Le seigneur don Diego Ramirez de la Plata...
le maréchal. Seigneur...
le chevalier. Ancien conseiller d'État du gouvernement provisoire de Tampico...
le maréchal. Ah! ah!...
le chevalier. Ex- ambassadeur du grand Bolivar, à différents souverains et empereurs.
le maréchal. Monseigneur...
le chevalier. Ex-grand chambellan...
Diego (bas.) Assez!.... tu m'humilies avec toutes ces grandeurs.
le maréchal. Votre Seigneurie veut sans doute être présentée à Son Altesse.
le chevalier (bas). Réponds en espagnol, il ne le sait pas.
diégo. Yo que soij contrabandista!
le chevalier (bas au maréchal). Il ne connaît pas un mot de notre langue : j'ai eu toutes les peines du monde à le décider.
le maréchal. Alors vous permettez... Il faut que je surveille, que je sois partout.
le chevalier. Comment donc... Allez, allez, monsieur le grand maréchal. (À Diego.) Salue donc.