II. — MARGUERITE, DIANA
diana. Tu n'y es pas!
marguerite. Oh! pardon... j'ignorais...
diaxa. Au reste, ma visite n'était pas pour toi, mais pour ton mari.
marguerite. Il est à la résidence.
diana. Je le sais... et je viens l'attendre ici.
marguerite. 11 a travaillé toute la nuit avec le prince.
diaxa. Oui... et leur travail a déjà porté ses fruits... La ville tout entière est en tumulte. Il s'agit de choses vraiment sérieuses, de conspirations, de complots... Les écoles devaient se révolter demain, dit-on, à l'occasion de l'anniversaire de la bataille de Leipsick, le 18 octobie. Tout était prêt ;
et, comme elles comptaient sur les anciens soldats de la landwerth, on a ordonné un désarmement général .
Marguerite. Hélas!... comment tout cela finirat-il?
diana. Bien, il faut l'espérer. Dis-moi, tu as vu Frantz hier?..,
marguerite. Moi ! oui... un instant... je crois.
diana. Le reverras-tu aujourd'hui?
marguerite. Pourquoi cette question, Diana?
diana. Mais elle est bien simple et bien naturelle, ce me semble... Frantz est notre ami... le tien surtout, maintenant.
marguerite. Oui -, mais... mais je ne le vois pas... Je le rencontre, comme cela, par hasard.
diana. J'en suis fâchée... j'aurais voulu, par un intermédiaire, lui faire parvenir un avis, que je ne puis lui donner moi-même. C'est peut-être une trahison de ma part... mais, peu importe.
marguerite. Une trahison ? mon Dieu, qu'y a-t-il donc?... tu m'effrayes...
diana. C'est inutile... si tu ne dois pas le voir...
marguerite. Mais enfin... Je le verrai peut-êlre : on peut lui écrire...
diana. Il n'est pas chez lui.
marguerite. Comment le sais-tu?
diana. On s'est présenté ce matin pour l'arrêter.
marguerite. L'arrêter!...
diana. Oui ; il paraît qu'il est compromis dans toutes ces conspirations. Il fait partie d'une société secrète... tu sais bien...
MARGUERITE. Ah !...
diana. Et je voulais lui faire dire de ne pas rentrer chez lui, de quitter la ville...
marguerite. Je m'en charge. C'est-à-dire, si je le vois, moi • je ne sais où je pourrai le voir... Silence! on vient par cette galerie. C'est Léo, sans doute. Oui, le voilà... enfin !