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ACTE 11. SCÈNE IV

LE DUC. — Voilà qui est bon. Fotice fini ? Allez, messieurs; la paix soit avec vous.

VENTURI. — Altessel... vous me comblez de joie. je ne puis exprimer.

LE DUC, à ses gardes. — Qu'on laisse passer ces deux personnes.

BINDO, sortant, bas à Venturi. — C’est un tour infâme. VENTURI, de même. — Qu'est-ce que vous ferez?

BINDO, de même. — Que diable veux-tu que je fasse? di suis nommé.

VENTURI, de même. — Cela est terrible! (Z/s sortent.) LE DUC. — La Cibo est à moi.

LORENZO. — J'en suis fâché.

LE DUC. — Pourquoi ?

LORENZO. — Parce que cela fera tort aux autres.

LE DUC. — Ma foi, non, elle m'ennuie déjà. Dis-moi donc, mignon, quelle est donc cette belle femme qui arrange ses fleurs sur cette fenêtre? Voilà longtemps que je la vois sans cesse en passant.

LORENZO. — Où donc?

LE DUC. — Là-bas, en face, dans le palais.

LORENZO. — Oh! ce n’est rien.

LE DUC. — Rien? Appelles-tu rien ces bras-là! Quelle Vénus! entrailles du diable!

LORENZO. — C’est une voisine.

LE DUC. — Je veux parler à cette voisine-là. Eh, parbleu! si je ne me trompe, c’est Catherine Ginori.

LORENZO. — Non.

LE DUC. — Je la reconnais très bien; c’est ta tante. Peste! j'avais oublié cette figure-là. Amène-la donc souper.

LORENZO. — Cela serait très difficile. C’est une vertu.

LE DUC. — Allons donc! Est-ce qu’il y en a pour nous autres ?

LORENZO. — Je lui demanderai, si vous voulez; mais je vous avertis que c’est une pédante; elle parle latin.

LE DUC..— Viens donc par ici; nous la verrons mieux de cette galerie.

LORENZO, — Une autre fois, mignon; — à l’heure qu’il est, je n’ai pas de temps à perdre : — il faut que j’aille chez le Strozzi.

LE DUC. — Quoi! chez ce vieux fou?

LORENZO, — Oui, chez ce vieux misérable, chez cet infâme. Il paraît qu’il ne peut se guérir de cette singulière lubie d’ouvrir sa bourse à toutes ces viles créatures qu’on nomme bannis, et que ces meurt-de-faim se réunissent chez lui tous les jours, avant de mettre leurs souliers et de prendre leurs bâtons. Maintenant mon projet est d’aller au plus vite manger le diner de ce vieux gibier de potence et de lui renouveler l’assurance de ma cordiale amitié. J'aurai ce soir quelque bonne histoire à vous conter, quelque charmante petite fredaine qui pourra faire lever de bonne heure demain matin quelques-unes de toutes ces canailles.

LE DUC. — Que je suis heureux de t’avoir, mignon! J'avoue que je ne comprends pas comment ils te reçoivent.

LORENZO. — Bon! si vous saviez comme cela est aisé de mentir impudemment au nez d’un butor!! Cela prouve bien que vous n’avez jamais essayé. À propos, ne m’avezvous pas dit que vous vouliez donner votre portrait?, je ne sais plus à qui? J’ai un peintre à vous amener; c’est un protégé.

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