ACTE IV. SCNa XL
. LORENZO. — Seigneur, n’en doutez pas. (17 le frappe de nouveau. — Entre Scoronconcolo.)
SCORONCONCOLO. — Est-ce fait ?
LORENZO. — Regarde, il m’a mordu au doigt. Je garderai jusqu’à la mort cette bague sanglante, inestimable diamant.
SCORONCONCOLO. — Ah! mon Dieu! c’est le duc de Flo-
rence!
LORENZO, s’asseyant sur la fenêtre. — Que la nuit est belle! que l’air du ciel est pur! Respire, respire, cœur navré de joie!
SCORONCONCOLO. — Viens, maître, nous en avons trop fait; sauvons-nous.
LORENZO. — Que le vent du soir est doux et embaumé! comme les fleurs des prairies s’entr’ouvrent ! O nature magnifique! Ô éternel repos!
SCORONCONCOLO. — Le vent va glacer sur votre visage la sueur qui en découle. Venez, seigneur.
LORENZO. — Ah! Dieu de bonté! quel moment!
SCORONCONCOLO, à part. — Son âme se dilate singulièrement. Quant à moi, je prendrai les devants. (17 veut sortir.)
LORENZO, — Attends, tire ces rideaux. Maintenant, donnemoi la clef de cette chambre.
SCORONCONCOLO. — Pourvu que les voisins n’aient rien entendu!
LORENZO. — Ne te souviens- pes qu’ils sont habitués à notre tapage? Viens, partons’. (J/s sortent.)
1. Doigt. Authentique, et attesté de plusieurs côtés: 2. Partons. Lorenzo voulut en réalité
.… tuer tout l'entourage du duc. Il en résulta une altercation avec Scoronconcolo que Musset a
supprimée avec très juste raison.