SCÈNE III. — Entrent DEUX GENTILSHOMMES
Florence. — Une rue.
PREMIER GENTILHOMME. — N'est-ce pas le marquis de Cibo qui passe là? il me semble qu’il donne le bras à sa femme. (Le marquis et la marquise passent.)
DEUXIÈME GENTILHOMME. — Il paraît que ce bon marquis n’est pas d’une nature vindicative. Qui ne sait pas à Florence que sa femme a été la maîtresse du feu duc?
PREMIER GENTILHOMME. — Ils paraissent bien raccommodés. J’ai cru les voir se serrer la main.
DEUXIÈME GENTILHOMME. — La perle des maris, en vérité! Avaler ainsi une couleuvre aussi longue que l’Arno, cela s’appelle avoir l’estomac bon.
PREMIER GENTILHOMME. — Je sais que cela fait parler, — cependant je ne te conseillerais pas d’aller lui en parler à lui-même; il est de la première force à toutes les armes, et. les faiseurs de calembours! craignent l’odeur de son jardin.
DEUXIÈME GENTILHOMME. — Si c’est un original, il ny a rien à dire. (J/s sortent.)