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SCÈNE VIII

Florence. — La grande place; des tribunes publiques sont remplies de monde.

DES GENS DU PEUPLE, courant de tous côtés. — Les boules! les boules! Il est duc, duc; les boules ! il est duc.

LES SOLDATS. — Gare, canaille!

LE CARDINAL CIBO, sur une estrade, à Côme de Médicis. —

Seigneur, vous êtes duc de Florence. Avant de recevoir de mes mains la couronne que le pape et César m’ont chargé de vous confier, il m’est ordonné de vous faire jurer quatre choses.

COME. — Lesquelles, cardinal ?

LE CARDINAL. — Faire la justice sans restriction; ne

jamais rien tenter contre l’autorité de Charles Quint; venger la mort d'Alexandre, et bien traiter le seigneur Jules et la signora Julia!, ses enfants naturels.

COME. — Comment faut-il que je prononce ce serment ? LE CARDINAL. — Sur l'Évangile. (17 lui présente l'Évangile.)

COME. — Je le jure à Dieu et à vous, cardinal. Maintenant donnez-moi la main. (J/s s’avancent vers le peuple. On entend Côme parler dans l'éloignement.)

« Très nobles et très puissants seigneurs”,

« Le remerciement que je veux faire à Vos très lustres et très gracieuses Seigneuries, pour le bienfait si haut que je leur dois, n’est pas autre que l’engagement qui m'est bien doux, à moi si jeune comme je suis, d’avoir toujours devant les yeux, en même temps que la crainte de Dieu, l’honnêéteté et la justice, et le dessein de n’offenser personne, ni

dans les biens ni dans l'honneur, et, quant au gouvernement

des affaires, de ne jamais m’écarter du conseil et du j jugement des très prudentes et très judicieuses Seigneuries ARE je m'offre en tout et recommande bien dévotement. »

1. Alexandre avait trois enfants en bas âge, un fils et deux filles; 2. C'est la traduction littérale de la harangue transmise par Varchi.

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