SCÈNE III i Tibère, Livie, Ruffo, Lucido
TiBÈRE. — Me rassasierai-je jamais, mon âme, de vous veoir, vous parler et vous toucher?
Livie. — Si vous ne vous en rassasiez, ce sera vostre faulte. pour ce que je suis vostre. et tousjours le seray.
Ruffo. — Ne dis point cela, car tu es mienne, et non tienne: alors qu'octroyé m'aura les deniers, sienne tu seras.
Tibère. — 0 l'assassin que voylà !
Ruffo. — L'assassin, c'est vous. car. ne me donnant aucunement mes deniers, me faites mourir, puisque c'est là mon avoir et mon commerce, sans lequel vyvre ne sçauroys.
Tibère. — Je te donneray. si tu as patience, ce que tu veux, mais laisse-moy un peu en paix.
Ruffo. — Uors tu seras sienne; mais entre temps, nousrentrerons chez nous : viens. Livie.
Livie. — - Tibère, à vous je me recommande.
Lucido. — Voyez s'il connoitle mestier. cest esgorgeur.
Tibère. — Ho. ne sois donc pas si hardy !
Ruffo. — Je voudrois voir qui m'empeschera que j'use de mon bien à ma fantasye.
Tibère. — Je te veux payer devant que tu partes.
Ruffo. — Eh. qui vous en retient:'