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et il y a « moult grant triumphe » . Lorenzino n'est pas de ceux qui s'enferment, à Florence, dans les remparts édifiés par Michel-Ange, pierres sacrées que l'on contemple encore, le long de San Miniato, comme les reliques de l'honneur et de la vertu morte. Mais, en plein siège, le 4 mai 1530, Jean-François Zeffi continue à plaider pour son fameux procès devant la Seigneurie, et il ohtient sentence.
Pendant que Florence agonise, Lorenzino devient le mignon du pape, à Bologne. Le mauvais prêtre, que Raphaël a figuré derrière Léon X. est devenu plus sinistre encore ; défiguré par une barbe et une tonsure de capucin, louche, éraillé, sali par les hontes publiques, ce Borgia bourgeois, ce forçat tiare penche vers la décrépitude. Il va mourir de l'estomac dans quatre ans. Ainsi qu'il arrive dans les organismes vieillis, cet homme, que Bembo flagorne, fait retour aux passions de ses premières années ; or, chacun sait qu'il fut le premier compagnon du cardinal Jean, et que ce cardinal Jean, pour devenir Léon X, dut aller au conclave en litière, comme ferait une femme blessée en couches.
Clément VII se venge de Florence ; mais, dans les intervalles de sa sordide politique, il se pavane au milieu de ses jeunes parents. L'écume des intrigants florentins a émigré vers Bologne ; à Florence la Maigre, on gagne un honneur immortel ; à Bologne la Grasse, on gagne les prébendes et les ducats. Bologne regorge. L'Italie n'a guère de moment plus vil ; Florence elle seule est debout. Rome est un « corps mort ». La cour pontificale est un « poulailler ». Dans ce poulailler, près du coq Clément VII, Lorenzino cherche à briller.
« 0 feu de Dieu, criait saint Bernardin de Sienne
— titi —
prêchant contre la sodomie, comment ne descends-lu pas du ciel, pour brûler tous ces pays-ci? Toute notre patrie se peut appeler la mère de ce péché, car nulle part au monde il n'en est d'aussi souillé par lui. O Italie, attends la vengeance ! » Mais ni saints, ni Savonarole, n'ont prévalu. Et le « péché », que pouvaient excuser, entre François de Médicis et Lorenzino, l'entraînement de leurs treize ans, l'adolescence, la beauté, cet instinct des amitiés excessives qui se sentent incomplètes si elles ne vont pas jusqu'à la possession sexuelle, ce péché universel de l'Italie n'est plus qu'une honte sordide, passion de galérien et de réprouvé, lorsqu'il existe entre ce pape de cinquantedeux ans et les seize ans de Lorenzino, qao Clemens abutebatur, comme dit le vieux manuscrit, m dont Clément abusait ».