‹ LorenzaccioChapitre 12 sur 60 · SCÈNE 1 1 1 l · texte numérisé non relu

SCÈNE 1 1 1 l

Tibère, Livie, Ruffo, Li cido.

TiBÈnE. — Me rassasierai-je jamais, mon âme, de vous veoir, vous parler et vous toucher?

Livie. — Si vous ne vous en rassasiez, ce sera vostre faulle, pour ce que je suis vostre, et tousjours le seray.

Ruffo. — \e dis point cela, car tu es mienne, et non tienne; alors qu’octroyé m’aura les deniers, sienne tu seras.

Tibère. — O l’assassin que voylà !

Ruffo. — L’assassin, c’est vous, car. ne me donnant aucunement mes deniers, me faites mourir, puisque c’est là mon avoir et mon commerce, sans lequel vyvre ne sçauroys.

Tibère. — Je te donneray, si lu as patience, ce que lu veux, mais laisse-moy un peu en paix.

Ruffo. — Vlors tu seras sienne; mais entre temps, nousrentrerons chez nous : viens, Livie.

Livie. — Tibère, à vous je me recommande.

Lucido. — Voyez s'il connoitle inestier, cest esgorgeur.

Tibère. — Ilo. ne sois donc pas si hardy 1

Ruffo. — Je voudrois voir qui m’empeschera que j’use de mou bien à ma lantasye.

Tibère. — Je te veux payer devant (pie tu partes.

Ruffo. — Eli. qui vous en retient?

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