‹ Lorenzo, ou, Le ConscritChapitre 56 sur 56 · LA GROTTE S\CRÉE · texte numérisé non relu

LA GROTTE S\CRÉE

Dieu dtins l'oraison et la contemplation des choses célestes . »

— Je n'ai jamais pu comprendre, interrompit Séverin, qu'un homme doive s'engloutir dans le creux d'un rocher, comme un animal sauvage dans sa tanière, pour plaire à Dieu; car Dieu a fait l' homme un animnl sociable, et lui a donné l'instinct et le goût de la société de ses semblables. De nos jours, celte vie solitaire et éloignée du commerce des hommes nous révolterait; car l'homme, étant membre de la famille humaine, doit travailler activement a l'intcrôt commun : que s'il se retire et s'éloigne de son sein, il est déserteur, et, au lieu d'être loué, il mérite d'être châtié. Heureusement pour nous que le monachisme n'est plus de mode aujourd'hui, et que la vie active a remplacé la vie oisive et érémilique.

— Ohé! mon ami, répondit Don Giovanni, ce verre de

malaga vous donne si vivement sur les nerfs, qu'il vous

semble qu'il n'y ait point d'autre bien dans le monde que

de se dévouer continuellement aux travaux extérieurs. Si

nous n'avions que des os et des muscles, des jambes et des

bras, je me rangerais à votre opinion; mais l'homme, mon

cher Séverin, a une âme spirituelle, souveraine, faite h

l'image de Dieu ; elle a aussi ses ofiérations, plus nobles et

plus élevées que la machine des pieds et des mains ; car si

le mérite était en raison de la force déployée, Pierre lo

charpentier, Marc le forgeron, Tite le tailleur de pierre,

l'emporteraient de beaucoup sur les hommes d'etal, du

barreau, de la chaire et de toutes hs autres professions qui

réclament plus l'exercice de l'esprit et du jugement que

celui des bras et des jambes.

— Au moins, ces artisans dont vous parlez, objecta Séverin, travaillent dans l'intérêt dos humains; mais Benoît, enseveli dans celte grotte, que faisait-il pour le biea du monde?

— Ce qu'il faisait? Il se sanctifiait, c'est-à-dire qu'il

LORE.NZO. 33*

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iravaillail à devenir un glorificateur éternel de Dieu, seule (In pour laquelle l'homme est né et vit en pèlerin sur la terre ; il admirait, il louait, il bénissait le Créateur de toutes choses, son cœur brûlait d'amour pour Jésus-Christ, s?igespe éternelle, qui, voyant précisément les hommes tourner toutes leurs pensées vers la terre, a voulu les élever vers les grandeurs du ciel et revêtir notre misérable corps d un cachet divin en se revêtant lui-même de la forme humaine dans laquelle il a soufïert et il est mort, en triomphant de la mort et de l'enfer. Que faisait Benoît dans sa grotte? Celte ame sublime n'était pas emprisonnée dans les étroites limites de celte caverne, mais elle s'élevait dans l'empirée, se transportait au-dessus des étoiles et volait jusqu'au trône de Dieu ; elle le suppliait ardemment pour les hommes qui vivaient dans les ténèbres et dans l'ombre de la mort, appelait la lumière suprême sur leur intelligence, et le feu céleste sur leurs cœurs, afin qu'ils connussent la souveraine vérité et aimassent le souverain amour, et qu'en l'aimant ils se consumassent en lui et pour lui.

« Que faisait, dites-vous, Benoît dans cette grotte pour le bien du monde? 11 faisait plus que les plus célèbres conquérants et législateurs de toute l'antiquité. Du fond de celte grotte est sorli le rayon qui a éclairé tout 1 Occident, en portant le nom du Christ à tant de nations barbares: qui a répandu avec la lumière de l'Evangile cette civilisation dont nous sommes si fiers; qui, pendant plus de millleans, a donné à l'Église de Dieu tant de saints, au Vatican tant de pontifes, aux églises particulières tant (i'é\êques, aux chaires tant de docteurs, aux arts tant de maîtres, à l'agriculture tant de progrès. De cette grotte est sorti l'esprit qui a animé le moine saint Augustin avec ses comp;igiions à la conversion de l'Angleterre, saint "Wilfrid de la Stise, saint Adam de l'Ecosse, saint Ghilian

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delà Franconie, saint Wliigbert de ia Wesfphalie, saint Ludgar de la Frise, saint Svilbert de b Hollande, saint Marcel de la Transylvanie, saint Etienne de la Suisse, saint Rumbert du Danemarcket de laNorwége, saint Gérard de la Hongrie et de la Bohême, saint Adalbert de la Prusse, saint Brunon de la Russie, saint Boniface de la Bavière, saint Ascagne de la Liburnie et de rillyrie, et une infinité d'autres héros, leurs utiles et généreux compagnons, qui ont évangélisé du sixième au douzième siècle toute celte vaste Europe, qui maintenant, ingrate et oublieuse de tant de bienfaits, traite avec mépris ces moines qui ont t'ait revivre ou qui ont planté les premiers les célestes doctrines de l'Evangile dans ces contrées inondées par des peuples grossiers, ignorants, féroces, qui, étouffant sous leur barbarie l'ancienne civilisation romaine, avaient converti l'Europe en une immense forêt peuplée de bêtes sauvages.

» Voilà, mon cher Séverin, ce que faisait Benoît enseveli vivant dans cette grotte visitée depuis par tant de rois et d'empereurs, qui en entrant dans celte sainte et vénérable obscurité, sentent leur cœur s'émouvoir et leur ame se transporter d'admiration en contemplation des merveilles qui sont sorties du sein de ce rocher pour le bien du monde entier. Dites-moi, y a-t-il un palais qui resplendisse de tant d'éclat et de grandeur? Cyrus, Alexandre, César ont dompté une foub de nations par les armes, en tuant, en brûlant, en pillant, en répandant partout la terreur, le sang et la mort : Benoît, avec la sagesse, la charité, la douceur du Christ, a conquis des royaumes et des empires en répandant partout l'amour, la paix et le bonheur. Les conquérants du monde euxmêmes, jetant leurs armes homicides, sont venus se réfugier dans le saint asile des monastères de Benoît ; les rois, déposant leurs couronnes, ont cherché a l'ombre des

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cloîtres ce repos de l'ame qu'ils ne trouvaient pas dons leurs palais et sur leurs trônes : les grands seigneurs aspiraient à la liberté des enfants de Dieu au milieu des doux liens de l'obùissanoe.

» C'est dans ces monastères, mon pauvre ami, où vous trouvez que règne l'oisiveté, que se sont conservés et reproduit-; les parchemins qui contenaient Tanlique sagesse de la Grèce et du Lalium, sans lesquels celte Europe, si fière de son savoir, ne saurait ni lire ni écrire son nom, et vivrait grossière et ignorante comme ses fiers conquérants qui mettaient le droit dans la force, la grandeur dans lu violence, la noblesse dans l'asservissement des vassaux.»

— Et notez, ajouta Don Francesco, qu'il paraît que le génie des arts a reparu en Occident avec les moines, car il est de tradition certaine que la touchante peinture do la Madone exécutée à fresque sur une légère couche d'enduit appliquée contre un pan de rocher qui fait saillie dans la caverne où le jeune solitaire instruisait les bergers, remonte au temps de saint Benoît, qui priait devant C43tte image. On reconnaît qu'elle est de celte époque, à son caractère général et à l'atlilude particulière de l'Enfant- Jésus qui, du sein de sa mère, donne sa béuédiclion, tandis que Marie lève ses mains suppliantes pour montrer qu'elle est femme mortelle et que son Fils est Dieu toutpuissant. El cela nous rappelle qu'elle était représentée do cette manière pour que les idolâtres récemment convertis à la foi par saint Benoît '^ e l'adorassent point; et c'est ainsi qu'elle a toujours été représentée dans les premiers ficelés de l'Eglise sur les murs des catacombes.

— J'ai lu plusieurs fois, dit Philippe, et j'ai ouï dire par des témoins oculaires que le Sacro-Speco, comme le grand monastère de Sainte-Scolaslique construit un peu au-dessus de l'ancien lac, sont remplis de tant de belles choses en Ut d'art, que c'est merveille de les voir.

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— CJa est très-vrai , répondit Don Franresco. D :ibord qui se serait jamais ligure trouver sur ces sommets roides et escarpés une église et un monastère, entourés de cellules, de jardins suspendus, de galeries, de terrasses qui semblent s'être élevés comme par enchantement sur ces hauteurs effrayantes ? Et cependant, en traversant le bois de chênes, on arrive à une gorge de rochers dans laquelle est taillé un étroit escalier ; on monte et on se trouve sur le plaln d'une roche écailleuse qui s'avance en manière de bastion et se détache des autres blocs qui flanquent le Sacro-Speco. Du haut de celio plate-forme, vous plongez jusqu'au fond de la vallée, ot en levant les yeux vous voyez se dresser parmi les rochers, ces énormes piliers qui se rencontrent à leur partio supérieure et soutiennent le monastère qui de là semble accroché à ces horribles blocs. L'œil reste stupéfait, et l'étonnement s'accroît encore quand, en entrant dans la cour, on voit au-dessus de sa tête ces effrayantes masses de pierre nues et croulantes. 11 y a, entre autres, un immense quartier de rocher, qui se trouve détaché de tous côtés, et qui est si singulièrement retenu que l'on tremble à chaque instant de le voir s'écrouler sur le monastère. 11 paraît n'avoir d'autre soutien que la pointe d'une roche, et l'on a peine à concevoir qu'il puisse sans miracle rester immobile et suspendu depuis tant de siècles. L'abbé Casaretto a fait placer au milieu de la cour une statue du saint Patriarche qui lève la main en signe de commandement, comme pour dire a ce rocher : « Arrête, respecta mes enfants. »

— Je crois me souvenir, dit Don Giovanni, que saint Grégoire dans ses Dialogues parle de ce grand rocher qni menace le monastère et qui reste suspendu et immobib par ordre de saint Benoît.

— Les protestants, reprit Don Francesco, qm vic:i-

L\ GI'.OTTK SACRLE.

n?nl visiter le Sacro-Speco ne peuvent nier ce prodige perpétuel qu'ils ont sous les yeux, et ils en sont fort étonnés et émerveillés. Mais pour en revenir au génie des arts, il a fullu tant d'industrie, d'artifice et de talent pour construire au milieu de ces pierres informes et sur celle pente brusque et inégale les arcs-boulanls, les petits ponts qui montent et descendent de roches en roches jusqu'au Sacro-Speco et aux autres cavernes, que le spectateur en éprouve une forte de douce admiration qui tient à l'enrhanlemeiit Où reposent ces murs et ces arcades ? quelles pierres d'attente les rattachent aux vives saillies et aux profondes hrisures de ceti rocs de granit? De quel côté ouvrir un passage b la lumière? Comment tailler dans le silex ces escaliers qui tournent ou s'enfoncent avec les baillies ou les cavités des rochers ?

« Quand on se trouve sur la plate-forme que j'ai décrite précédemment et qui domine la forêt de chênes, on entre, par un passage qui tient lieu de parvis, dans l'intérieur de l'église dont l'abside tout entière repose sur le plain de celte roche. A côté de l'épUre, on passe dans quelques chapelles enfoncées sous un grand rocher. De là, on passe à la sacristie dont le trésor est précieux par les riches objets d'argent et d'or qui s'y conservent, présents magnifiques dont une partie remonle jusqu'au sixième siècle. Au sortir de la sacristie on entre dans la petite cour intérieure qui s'allonge et s'élève d'étage en étage jusqu'à la roche détachée sous laquelle l'Abbé a son ermitage. C est une espèce do caverne enfoncée enlre deux rochers qui lui servent de parois et partagée en deux parties : une cellule et une petite chapelle où l'Abbé dît la messe.

» Du côté de lévangile on descend, par une suite de marches tournantes, jusqu'au Sacro-Sfieco, où se trouve, derrière l'autel, une fort belle statue du jeune Benoît. Il tient les miims jointes sur la poitrine, ses yeux sont levés

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et tournés vers une croix rouge qui est figurée sur une saillie de la grotte. Il paraît ravi en extase, sa figure rayonne d'un air de paradis, et ses yeux brillent de tant d'amour qu'il semble ne plus appartenir à la terre. On éprouve en le regardant une émotion si douce, un attr;:it si vif pour la vertu, que la vue de celle imtige bénie remue plus vivement le cœur que le sermcni le plus pathétique du plus éloquent orateur.

» En sortant du Sacro-Speco, on entre dans un vestibule qui conduit d'un côle au chœur des moines, re->-tauré par l'abbé Casaretto avec un goût exquis, selon l'ancien style gothique qui domine dans toutes ces merveilleuses constructions. De l'autre côté s'ouvre la Sfula-Santa, escalier resserré entre mur et roches, et par lequel on descend dans la vaste grotte où saint Benoît évangélisait les bergers. Auprès de celle grotte la roche se défonce et se relève ensuite en formant une espèce de terre-plein, autrefois couvert de buissons, de ronces et d'orties. C'est là que le saint jeune homme, fortement tenté un jour par le démon de la luxure et ne pouvant le chasser par la [)rière, se roula nu au milieu des épines et se délivra ainsi des poursuites du malin e^prit qui s'enfuit, laissant le jeune anachorète le corps tout déchiré et couvert de sang. Mais ces ronces et ces buissons, en souvenir d'un si grand acte de pureté, furent entés par saint François d'Assise, et convertis en beaux rosiers toujours verts, toujours charges de belles fleurs épanouies dont les pétales sont souvent marqués d'une espèce de trace de sécheresse en forme de serpentin. Ces feuilles sont recueillies et conservées par les fidèles pour obtenir de Dieu le don de la vertu ar.gélique. J'aurais beau vous parler jusqu'à demain que jo ne pourrais vous faire connaître la moitié des belles choses qui se rattachent à ce lieu. Je vous dirai cependant que 1 église, les parvis, les cryptes, sont oinûs de fond eu

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comble d'admirables peintures de l'école de GioUo, do Giottino et de Ghirlandaio. Ces maîtres ont su répandre sur ces murailles tant de vie et de chaleur qu'en les voyant on se sent l'ame enivrée d'une douceur inexprimable.

» Mais si vous voyiez au pied do ces rochers, vers lo milieu de la montagne voisine de l'ancien lac, le somptueux monastère de Sainte-Scholastique, avec les grottes profondes de Saini-IIonorat, ses cloîtres majestueux, ses constructions hardies, ses longues galeries, son vaste vaste temple, ses vieux édifices du ix® et du x" siècle, vous ouvririez de grands youx et vous diriez avec Don Giovanni, que tandis que lEurope nageait dans une mer de ténèbres, du sein de ces rochers surgissait la vive lumière des arts et des sciences ; tandis que dans le monde on ne voyait que rusticité et grossièreté, lîi se réfugiait avec la charité, la noblesse et la courtoisie.

» Au milieu même de ce siècle qu'on peut appeler l'âgo de fer des temps barbares, sortait du fond de cette sombre gorge l'illustre basilique qui, en l'an 981, fut consacrée par Benoît VII, et un demi-siècle après, on vit s'élever la grande tour et s'achever sur de superbes colonnes de marbre ces arcades qui embellissent tout le contour intérieur du fond du monastère et pénètrent l'ame d'un saint recueillement quand on passe sous ces voûtes désertes et silencieuses.

»Si vous entrez ensuite dans la bibliothèque de Sainte- Scholastique, vous y trouverez les premiers monuments de la typographie en Italie, car les moines vous montrent la curieuse édition du premier livre imprimé chez nous par deux Allemands, Conrad Suveynheym et Arnold Pannart qui, en 1465, publièrent le Laclantius Firmianus i>c /)jvinis Instiluimiibus, et ensuite la Cité de Dieu, de saint Augu^tin. en 4 457, et d'autres ouvrages en partie commencés au monastère même de Sainle-Scholastique et

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teriTiinés dans la maison Massini à Rome. Cette collection d'éditions anciennes est nombreuse et en bon état, ce qui montre avec quel amour les savants moines de cet illustre monastère ont conservé ces rares et précieux volumes. 11 faut dire la même cliose des archives où se conservent tant de précieux manuscrits qui attirent de toutes les contrées de l'Europe les érudils qui viennent les visiter cl les consulter.

» J"ai raison de vous dire que personne ne croirait trouver au milieu de ces âpres montag^nes tant de magnificence, tant de merveilles, tant de précieux cïbjets d'art rassemblés par ces hommes magnanimes qui, à la piété la plus vive, ont toujours allié la science et l'amour des plus nobles règles. Quand je vois les hommes savants et lettrés d'outre-mont rester dans l'admiration et dans la stupeur en présence des augustes monuments de l'industrie et du la grandeur monastique, je voudrais aussi que tous ces si'.ges de notre pays qui accusent de fainéantise les solitaires, vinssent une fois à Suhiac, pour voir si le beau génie de nos hommes illustres d'aujourd'hui serait en état de concevoir et d'exécuter de si grandes et de si belles entreprises. Ces gens-là sont habiles à détruire, mais ooa a édifier. »

— Dites-moi, mon cher Don Francesco, interrompit Don Giovanni, au Sacro-Speco y a-t-il beaucoup de moines, et quelle vie y mènent-ils?

— Le plus grand nombre, répondit Don Francesco, se réunissent dans le grand monastère de Sainle-Scholastique, et les hauteurs du Sacro-Speco ne sont habitées que par ceux qui veulent vivre en solitaires et en ermites dans la pénitence et le silence. Et je vous dirai que le k^ilence y est si sévère et si rigoureux que dans l'ermitage il n'est pas permis de dire un mot, même pour cause de maladie ou pour une nécessité quelconque : s'ils ont be-

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soin do parler, ils sortent de la cellule et entrent dans une salle qui se trouve en léte du corridor, et là ils exposent brièvement à l'Abbé ce qu'ils ont à lui dire, demandent sa bénédiction, et rentrent dans leur cellule, lis reçoivent, par un tour, la nourriture et tout ce qui leur est nécessaire, leur temps se passe à prier, k étudier, a travailler à quelque ouvrage manuol, à Timitalion des anciens Pères du désert. S'ils rencontrent par hasard d'autres ermites, ils .=e couvrent de leur capuchon, baissent la tête et passent outre en silence. Leurs aliments sont maigres, les malades même ne peuvent mcngor aucune espèce de viande : quo s-i le médecin leur en ordonne, ils sont transportés 'a Sainte-Scholastique ; mais dans l'ermitage on ne peut ni parler ni user d'aliments gras. Us ont un chœur très-loni^. et ils chantent sur un ton si lent et si grave, que tous les Kiots sont articulés très-distinclement, et, en les entendant psalmodier, on éprouve un sentiment de componction et de recueillement. Ils vont au chœur vers une heure après :ninuit, et il n'est pas à croire la sainte horreur qu'éveille au fond de l'ame le son de la clof.he, dont chaque cou[) vibre lentement entre les rochers do cet étroit vallon, et se prolonge sourdement dans les anfractuosités lointaines qui creusent les flancs de la montagne.

» Les pèlerins qui, à la clarté de la lune, gravissent ces hauteurs pour se trouver, avant l'aube, au Sacro-Speco, en entendant le son de cette cloclie, pressent le pas et précipitent leur marche, parce que cette voix solennelle «t comme la voix de Dieu qui gronde au-dessus do i'ablme. Il est arrivé quelqueFois que des voleurs ou des assassins, réfugiés dans ces forêts écartées pour se soustraire aux recherches do la justice, éveillés en sursaut par le son de celte cloche, se sont rais à courir dans l'ombre, comme si la trompette du jugement dernier les appelait devant le tribunal du Juge redoutable, et touchés d'ua

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salutaire repentir, sont descendus précipitamment dans la vallée et sont montés de là au Sacro-Speco pour tomber aux pieds du pénitencier et se réconcilier avec Dieu. Dans ce lieu, tout proclame, à haute voix, la gloire et la majesté du Très-Haut; un cri de Hosanna sort des gouffres profonds des deux anciens lacs, des précipices surmontés de ponts élevés, des rochers nus du Sacro-Speco, des ermitages qui couronnent ces hauteurs, des forêts qui en couvrent les flancs, des ruines même des édilices de Néron, qui regardent muettes et jalouses, la grotte honoréo de saint Benoît, et rappellent la vaine puissance des tyrans du monde. Sortez de cette enceinte : toute la voin consulaire de Tivoli à Subiac, en vous étalant les merveilleux débris des somptueuses villas romaines, vou3 rappelle, à chaque pas, le néant des délices et des grandeurs humaines. »

Don Francesco interrompit un instant sa narration, et Don Giovanni regarda à sa montre.

— Mes amis, dit-il, je suis forcé de vous laisser, car voici l'heure d'une instruction de la Doctrine chrétienne. J'ai dans ma paroisse quelquesécoles de maîtresses pieuses qui se dévouent avec un zèle incroyable à l'instruction des filles.du peuple, et je puis vous dire que mes jeunes paroissiennes savent si bien leur catéchisme que, sur quelque point que vous les interrogiez, non-seulement elles vous récitent le Bellarmin par cœur, mais elles vous donnent encore les explications les plus claires et les plus complètes que vous puissiez désirer. Aussi ces bonnes maîtresses me servent de bras droit, et j'en suis persuadé que, grâce à elles, aucune de mes jeunes filles ne se marie sans être très-instruite de la loi de Dieu. En outre, elles sont constamment surveillées par les maîtresses, qui les suivent partout de l'œil chez elles et au dehors.

« Elles ont, dans leurs rangs, des espèces d'Hercules

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m jupon, des gaillardes robustes et bien taillées, de vrni^ Amazones, qui, le soir, font la ronde dans les boutiques des couturières, des lingères, des modistes, des corsetières, des brodeuses, et ramassent, l'une cinq, l'autre six des plus gentilles et des plus aimables pour les reconduire chez elles. Si elles rencontrent, comme il arrive souvent, quelque milan qui voltige autour d'elles, elles se retournent sur lui, et gare s'il approche! Elles ont de certaines griffes aiguës, serrent de certains poignets solides, et laissent tomber certains soufflets sonores qui font granrl bruit dans la rue. Le plus joli est qu'elles viennent ensuite le dimanche se confesser et vous disent : « Mon père, savez-vous? Il m'a échappé un coup de poing , mais bien serré et tombé d'aplomb sur le bec d'un oiseau qui voulait gratter l'oreille à Nina. Et puis, mon père, j'ai failli tordre le cou à un autre animal qui voulait donner un croc en jambe à Jemma la corsetière, et je l'ai si bien serré à la gorge que mon joli cœur a fait : — hou, — comme un homme qui a le hoquet. Voyez, mon père, comme je suis méchante I » Et moi, de lui répondre : « Ma fille, ce sont d(^s coups de poing bénis, de saintes tenailles, des griffes miraculeuses; frappez fort et ferme, et que le Seigneur vous bénisse! »

En parlant ainsi, l'Archiprûtre sortit avec ses amis et se rendit au catéchisme oîi s'étaient réunies beaucoup de dames avec les sœurs de Sainte-Dorothée, qui présidaient à la Doctrine chrétienne de sa paroisse ; de sorte que Don Giovanni, outre le catéchisme public des dimanches et fêtes présidé par les Dorothées, avait encore l'aide de ces maîtresses pieuses qui instruisaient leurs élèves. Ces dames ne s'ocnupaieut pas seulement da catéchisme des filles de la paroisse, mais elles assistaient d'une m.anière admirable l'Archiprôtre dans toutes les entreprises que lui suggérait son grand zèle, et principalement dans cell»

lA GKOTTE SACRÉE. lOÏ

de préserver des griffes du diable les pauvres jeunes filles de la classe du peuple qui, la nuit, vivent de raccroc cl tombent dans certains pièges qui les prennent au pied et les piquent cruellement au talon. Il en a de très-ardentes à cette chasse, et quand il leur en tombe quelqu'une dans les mains, elles vous rongent si légèrement les mailles du piège que les malheureuses se trouvent en sûreté sans presque s'en apercevoir. Mais par-dessus tout il a un*bon vieillard dont le flair est si fin qu'il ferait lever la caille blottie sous terre. Il s'en va par les carrefours, les abords des casernes, les remparts, les fossés des fortifications, oh se rassemblent les joueurs, les libertins, les coupeurs de bourses ; et, s'il trouve quelque jeune donzelle qui se promène par là, il l'amorce avec quelques petites friandises dont il a toujours les poches pleines et vous la mène gentiment à Don Giovanni. Ensuite il la reprend par la main pour qu'elle ne s'envole pas, et vous la conduit à quelquo seigneur riche et pieux, en disant : « Signor mio, je vous apporte une tourterelle des bols dont nous ferons une colombe familière si vous nous aidez. Dieu ! signor marquis, voyez comme elle est bellotie, quels beaux cheveux blonds elle a, et deux yeux au front... que Dieu nous préserve! Trois ou quatre écus par mois, qu'est-ce que cela pour vous? Croyez-moi, signor marquis, la mort vient, le jugement suit, et l'aumône nous rend le juge propice. Eh ! iignor marquis, les péchés de la jeunesse s'escomptent par l'aumône de la vieillesse. » Ce brave homme, avec ses petits sermons, attrape de bons écus et met ses ouailles à l'abri avec le soin de Don Giovanni qui les loge pour lo mieux.

Le bon Archiprêtre a encore dans sa manche une couplo de médecins payés par la commune et qui, aussitôt que le malade empire, l'en avertissent immédiatement. Il va le \i.iter lui-môme en premier lieu, et puis il envoie les cha-

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pelains. Comme il arrive que, dans les grandes villes, les personnes riches appellent les médecins de leur confiance, Don Giovanni fait si bien et se remue tant que, par b moyen des valets ou de la femme de chambre ou du cuisinier, il parvient à connaître l'élat du malade et trouve mille ruses saintes pour lui faire visite. Si, par malheur, il le trouve en grave danger, il se dispute avec les médecins et leur donne une verte semonce, en criant que la plupart des riches se damnent par la faute des médecins qui, a cause qu'ils sont impies, ou indolents, ou présomptueux, n'ont pas soin d'avenir le malade qu'il doit penser avant tout à son ame ; d'où il arrive que l'on appelle le prôl.'o quand il est presque temps d'appeler le fossoyeur.

Il y avait encore dans les environs du théâtre de bonne:; femmes qui, au moment du carnaval, louaient des chan;bres, aux danseuses, aux figurantes, aux cantatrices, et il leur recommandait de les servir et de les traiter avec toutes ics attentions et les délicatesses possibles. Aussi il arrivait que les jeunes artistes s'affectionnaient à leurs maîtresses d'hôtel et se prenaient d'amitié pour elles, de sorte qu'après le théâtre, quand elles leur servaient à souper, elles avaient l'occasion de s'insinuer dans ces amcs fatiguées du tourbillon de cette vie mondaine et étourdissante. Oh! que do belles âmes se trouvent quelquefois dans ces poitrines ! que de cœurs affectueux qui cherchent l'amour et trouvent la brutalité ; qui désirent la paix et trouvent la guerre ; qui inspirent à la noblesse et à l'élévation de 1 esprit et trouvent la bassesse et la fange! Combien voudraient s'arracher aux chaînes qui les tiennent dans l'esclavage! Souvent en voyant autour d'elles ces dames cordiales, franches, aimantes, elles pleuraient d'un plaisir nouveau; elles écoutaient avidement parler de Dieu avec la douce simplicité de la femme pieuse, et plus d'une fois elles soupiraient cprôs ce repos et ce calme de l'ame fidèle. Si, comme il

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arrivait quelquefois, elles étaient prises à l'improviste de quelque maladie, Don Giovanni, qui en était averti, les visitait, les encourageait, les amenait à faire leur confession; et d'ordinaire elles s'abandonnent avec une confiance pleine et filiale entre les mains du prêtre. 11 eu est de même de? danseurs, des chanteurs, des artistes eu général ; quand ils tombent malades, ils accueillent volontiers le prêtre, ils écoutent avec plaisir parler de Dieu, et se montrent touchés des actes de la charité chrétienne ; car le plus souvent ils n'ont pas goûté les fruits de la piété, et ils ont vécu continuellement au milieu des hommes faux, fourbes, avares, déloyaux et pleins de l'amour d'euxmêmes. Et le croiriez-vous? quand ils sont guéris, ils viennent à la paroisse allumer une chandelle devant la -Madone et faire célébrer une messe; tant il est vrai quo i'ame pécheresse, quand l'intelligence n'est pas pervertie par l'impiété, une fois [rappelée a elle-même, comprend Dieu et le goûte.

Don Giovanni, pour purger sa paroisse de certaines immondices qui d'habitude se ramassent dans les rues plus écartées, avait ses petits moyens ingénieux qui lui réussissaient à merveille. Toutes ces petites ruelles sont généralement remplies de femmes du peuple qui restent la plus grande partie de la journée a travailler devant leur porte avec le fuseau, le dévidoir ou la tournelte. Dans leur jeunesse, elles ont été à l'école de maîtresses pieuses, et restent bonnes et excellentes femmes, mais hardies et babillardes comme sont en général les femmes du peuple. Don Giovanni en faisait ses sentinelles et leur donnait la charge d'entretenir leur rue en bonne odeur. Aussi si quelque femme peu odorante allait s'établir dans leur quartier, oh! elle choisissait bien! Elle ne pouvait ni entrer, ni sortir de chez elle, sans que toutes ces commères se missent à battre la crécelle. La même chose arrivait

iOl LA CnOTTE SACRÉP.

à celui qui allait frapper à sa porte; on lui faisait un tel vacarme derrière le dos, une telle niche, qu'il en avait assez d'une fois et n'y revenait plus; aussi la jeune vertu était forcée d'aller se loger ailleurs. Don Giovanni, en apprenant le succès de ce petit manège, souriait ot récompensait largement ses bonnes commères en disant qu'elles valaient dix commissaires de police. Et que pouvait-il dire?

Cependant, s'il ne voulait pas de cette mauvaise graine dans sa paroisse, il était Irès-compalissant envers les pauvres filles qui se jettent dans le mal par indigence, et il disait hautement que si les curés étaient tous enflammés de la charité évangélique, il y aurait beaucoup moins de ces malheureuses dans les villes catholiques. Aussi, en visitant les maisons de ses pauvres, il prenait un soir, excessif des jeunes fill.cs qui paraissaient le plus dans le besoin, il ne les laissait jamais manquer de travail, les recommandait aux bons marchands, aux dames pieuses, aux personnes charitables; il leur donnait quelque robe, les portait à la vertu, leur recommandait de ne pas manquer au catéchisme les jours de fête, et leur procurait souvent lui-même un bon garçon de mari.

D'un autre côté, les malheureuses qui par leurs déréf,lements commellaient quelque grave délit et allaient en [irison. étaient l'objet de sa sollicitude la plus inquiète, et il s'efTorrait par mille moyens d'adoucir la peine qu'elles avaient encourue. En voyant que dans les prisons elles vivaient oisives, sales, échevclées, déguenillées, toujours en querelle l'une avec l'autre, comme une nichée de couleuvres qui se mordent et se déchirent, Don Giovanni fit tous ses efforts pour obtenir ces admirables sœurs de la Belgique qui, par amour pour Dieu, se font prisonnières ol se dévouent corps et ame au bien des pauvres condamnées. Oh! quel héroïsme, quelle charité céleste, do

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s'enfermer dans la prison avec ces maiheureii?es coupables de vol, d'infanlicide, de sortilèges et de mille autres crimes; de vivre avec elles, de se séquestrer, par amour pour Dieu, de la société du monde civil et lioniiête, et de passer des jours tristes et amers derrière les barreaux, au milieu des chaînes de fer et au fond des tours et des bastions !

Don Giovanni, visitant les prisons peu de mois après l'arrivée de ces saintes religieuses, ne revenait point de son étonnement et de sa stupeur en voyant cet enfer converti en un lieu de paix et de sérénité. 11 trouva ces malheureuses dans leur costume de prisonnières, tranquillement assises sur leurs escabeaux , rangées comme des écolièrcs lune auprès de l'autre , et leur visage tourné vers leur maîtresse. Chacune tenait sur ses genoux le tambour avec les épingles qui servent à faire la jolie dentelle de Flandre, ou d'autres petits ouvrages à l'aiguille et au crochet. Le bon prêtre regardait avec admiration ces mains souillées par le vol ou l'homicide, exécuter ces travaux avec une précision et une finesse incroyables. Elles avaient la ligure calme et ouverte, l'œil reposé, et plus rien de ce regard farouche d'autrefois: elles n'étaient point tondues, mais leurs cheveux étaient bien tressés et bien arrangés; toutes étaient propres et soignées; en un mot, on voyait la femme rendue à sa dignité.

Don Giovanni ne pouvait s'empêcher de pleurer à ce spectacle nouveau et devant ce prodige de la grâce. 11 leur faisait un sermon affectueux qu'elles écoulaient avec amour; ces femmes étaient réellement revenues à une vie nouvelle, grâce à ces affectueuses mères. 11 avait fait la même chose pour les hommes en appelant ces religieux flamands qui se consacrent au secours des prisonniers, et vivent continuellement, en donnant l'exemple de l'abnéga-

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lion et de la charité la plus sublime, au milieu des horreurs des prisons*.

Don Giovanni songeant encore a appeler les religieiiscs qui ont pour but le soin des servantes. Dans les grandes ^illes, la plupart ariivent delà campagne, simples, naïves et bonnes tilles, mais la licence qui règne aujourd'hui les gûte et les rend volages et voleuses. Dieu, dans sa bonté, a inspiré à ces religieuses la sainte pensée de prévenir ce mal en subvenant aux besoins de ces filles. Quand elles arrivent à la ville, sans asile et sans connaissance, les ^œurs les recueillent, les placent dans de bonnes familles où elles ne rencontrent point de tentations et de mauvais exemples; et quand elles viennent à être congédiées de la maison où elles sont en service, et que, nayant pas do parents, elles seraient exposées à mille dangers pour leur honneur et leur ame dans les auberges publiques, les i>œurs les accueillent avec alTection, leur cherchent une autre place auprès de bons maîtres, ou les renvoient en lionne compagnie à leur village. Ed attendant, elles les gardent auprès d'elles, leur enseignent la doctrine chrétienne, les envoient à confesse et leur donnent de sages avis. Don Giovanni sut qu'à Rome déjà, ces religieuses, iippelées par de zélés prélats, s'occupent activement do cette noble et salutaire entreprise et réussissent fort bien ; aussi rinfatigable pasteur résolut de les appeler pour le bien de sa paroisse et de toute la ville.

Bref, qui voudrait énumérer une à une toutes les industries de Don Giovanni à l'avantage spirituel et temporel de ses paroissiens, et dire tous les bienfaits dont il est l'auteur

1 Ces suintes religieuses flamandes furent appelées à Rome par la S. P. Pie IX, et elles opèrent un très-grand bien parmi les condamnées des Termini et des Carceri Nove, de même que les religieux aux Therm:s d'.iiucuui, uus Thernus de Dioulélisn et aux autres jirisuas.

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OU l'instigateur, ne finirait point au bout de l'année. Mais que nos aimables et courtois lecteurs veuillent bien so contenter de ce petit aperçu, et avoir en même temps un peu de compassion pour ma pauvre tête qui, depuis sept ans qu'elle s'alambique pour les entretenir agréablement et utilement, me crie qu'elle est fatiguée ; et c'est vraiment pitié de la vcfir se traîner et battre la breloque. Or que lui faut-il? Un peu de relâche et de répit pour se remettre en forces, afin qu'elle puisse reprendre le travail avec plus de vigueur, et elle vous promet quil ne lui faudra pas un siècle pour vous revenir toute rajeunie.

Rajeunie! chut, elle touche à la soixantaine : mais gardez-le pour vous, et faites semblant de ne pas le sa\oir; car, pour vous être agréable, elle s'efforcera de faire des miracles. Et alors ce vieux jeune homme vous racontera quelque autre belle histoire, pleine de fraîcheur et de vie, qui vous dédommagera am^ilement des ennuyeux bavardages du vieux radoteur. En attendant, il vous souhaite une bonne année et beaucoup de bonheur.

n.V UE DON GIOVANM,

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