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vice de la cavalerie et prouve par suite en notre sens que les six cents cavaliers dont il nous est parlé pour l’époque antérieure à cette innovation ne constituaient pas seuls la population équestre de la ville ; le texte n’établit donc en aucune façon qu’il n’y ait eu que 600, puis 1.200 equites à Rome sous Tarquin,mais bien qu'avant lui il n’y en avait que 600 qui fussent enrôlés et qu’il en appela 1.200 sous les armes. Ensuite rien n'implique que ce nombre soit resté invariable une fois la campagne finie ; le fût-il resté, rien n'oblige à croire que Servius l’eût pris pour base lors de sa réforme, puisque les textes ne nous parlent que de Paugmentation des centuries sans donner aucun chiffre pour les hommes ; et surtout rien n’autorise à penser que, quels que fussent les besoins de la République, l’accroissement de la population et celui des forces militaires, l’effectif des cavaliers en campagne et bien moins encore celui des chevaliers inscrits soient restés constants”.
On cite également à l’encontre de notre théorie un discours de Caton ?, sur le sens duquel des divergences considérables se sont d’ailleurs fait jour? et dans lequel il demande que jamais « minus duobus millibus ducentis st ærum equestrium ». Ces deux derniers mots sont généralement traduits comme si le texte portait equitum et l’on tient pour certain que Caton proposait qu'il n'y eût ja-
4. Le même raisonnement s'applique au texte de Cicéron, de Republ., II, 20, qui nous donne des renseignements analogues sur la même époque et les mêmes faits.
2. Cité par Priscien, de arte grammatica, 1. VIL S 8, éd. Krehl, t. I, p. 317. Voir Belot, Chevaliers romains, t. I, p. 388 ; et Mommsen, Staatsrecht, TI, 1, p. 259, trad. VI, 1, p. 293-294.
3. Voir Belot, loc. cit.; spécialement H. Meyer (Oratorum romanorum fragmenta, réédité par Fr. Dubner, frag. 81, p. 190) pense qu'il s’agit d’élever à 2.200 as la solde des chevaliers. Nous croyons avec Belot qu'il y a là une erreur sur le sens d’æs equestre. La solde se nommait æs militare pour les cavaliers comme pour les fantassins (Voir Gaius, LV, 27).
mais moins de deux mille deux cents chevaliers; d’où grande controverse, les uns soutenant qu'il n'y en avait eu jusque-là que dix-huit cents, et les autres qu'il y en avait régulièrement deux mille quatre cents, mais que les guerres les avaient décimés'. Nous croyons que Caton donnait ici aux mots æs equestre leur sens normal et ordinaire ?, c'est-à-dire qu’il entendait parler de la somme donnée à un chevalier pour acquérir l’equus publicus. Caton demandait, si l’on veut nous permettre cette expression moderne, l'inscription au budget d’une somme suffisante pour au’ily eût toujours au moins 2.200 chevaliers pourvus de l’equus publicus et par suite en campagne ou prêts à y entrer. Cela suppose-t-il que le nombre des chevaliers fût limité jusqu'alors à un chiffre inférieur ou même à un chif-
fre quelconque ? Cela prouve-t-il même qu’il y eût en fait moins de deux mille deux cents equites? Nous ne le croyons pas. D'abord Caton demande, non pas l'élévation d’un maximum préexistant, mais l'établissement d’un minimum. Ensuite est-ce d’un minimum de chevaliers qu'il s’agit ? Non pas, mais bien d’un minimum de chevaux fournis par le Trésor. En dehors des equites ainsi pourvus, il pouvait y en avoir d’autres. Nous allons plus loin, il devait en avoir d’autres : la phrase de Caton l’implique nécessairement d'après nous ; et en effet les chevaliers étaient choisis d’après des règles que nous connaissons imparfaitement, mais qui n’en élaient pas moins strictes : si leur nombre était devenu insuffisant, il n’y avait qu’un moyen de l’augmenter, c'élait de modifier ces règles en facilitant l’accession du rang équestre ; or rien ne nous permet de suppo-